Chine : incendie d’usine passé inaperçu à cause de la pollution

Des voitures roulent au ralenti dans un épais brouillard dû à la pollution à Hefei, dans la province d’Anhui, au centre de la Chine – AFP (courrierinternational.com)

Aujourd’hui, lemonde.fr a informé que l’incendie d’une usine, dans l’Est de la Chine, était passé inaperçu pendant plus de trois heures tellement le brouillard de pollution qui l’entourait était épais. En conséquence, les pompiers sont intervenus avec un retard considérable.

Les ravages de la pollution atmosphérique

L’incendie, qui s’est déclaré dans une fabrique de meubles de la province du Zhejiang, a donc fait plus de ravages que prévu compte tenu de sa confusion avec la pollution environnante. Selon l’agence d’information Chine nouvelle, citée par lemonde.fr, « à cause de l’épais brouillard chargeant l’air à ce moment-là, presque trois heures se sont déroulées avant que les résidents voisins se rendent compte de la fumée et des flammes ». Incroyable.

Mais notons que la pollution atmosphérique n’était pas exclusivement due à l’activité de l’usine en question. De plus, elle était tellement chargée en particules nocives qu’elle a aussi affectée les transports routiers, causé l’annulation de vols dans les aéroports et une ruée sur les masques filtrants. La pollution de l’air était si dense qu’elle a fait chuter la visibilité à 100 mètres par endroit. Ambiance !

Débat sur le rythme de développement de la Chine

Le caractère inédit de la mauvaise qualité de l’air a provoqué un débat à travers toute la Chine sur les effets pervers de son développement effréné. Certains médias officiels ont émis de fortes critiques et « exigé des autorités davantage de transparence ». Une occasion aussi pour les experts de réaffirmer que « si la Chine souhaite lutter efficacement contre la pollution atmosphérique qui étouffe ses villes, il lui faut prendre des mesures audacieuses et coûteuses pour restreindre sa dépendance au charbon et promouvoir des alternatives à la circulation automobile ».

Dans ce sens, le professeur John Cai, de la Chine Europe International Business School de Shanghai, martèle qu’ « il est nécessaire que le gouvernement prenne des mesures à long terme en centralisant les réseaux de chauffage, afin que des foyers ne brûlent pas du charbon dans les zones rurales ». Espérons qu’il soit entendu.

Lemonde.fr rappel un fait majeur : selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la Chine consomme la moitié de la consommation mondiale de charbon. Le pays tire en effet du charbon « plus de 70% de son énergie ». La tendance est d’ailleurs à la hausse, en raison de la demande d’électricité qui ne cesse d’augmenter. Autre rappel choc : « ces dernières années il s’est construit en moyenne une centrale au charbon par semaine en Chine ».

Si Paris s’étouffe, la Chine s’asphyxie.

 

Source : lemonde.fr

Un rapport du CAE redoute pour l’avenir de la voiture électrique

source: lev-news.com

Rien ne laisse présager un avenir commercial radieux à la voiture électrique d’après le dernier rapport de Jean Syrosa, dont les premières conclusions ont été dévoilées fin mars. Le chercheur du Conseil d’Analyse Economique (CAE) parie plutôt sur les véhicules hybrides (mêlant carburant et électricité) avant d’espérer voir se développer un marché de masse des voitures électriques. Le tout électrique est handicapé par des batteries encore trop chères et à l’autonomie perfectible.

 

Une liste non exhaustive de défauts

Le rapport du CAE est sceptique et liste les obstacles à la commercialisation générale du modèle électrique.

Les variables les plus importantes sont évidemment le prix et l’autonomie.  Pourquoi payer une voiture bien plus chère – « le  coût de revient kilométrique d’un véhicule électrique apparaît le plus souvent entre 20 % et 100 % plus élevé qu’un véhicule conventionnel à usage équivalent » – quand son autonomie est bien plus limitée ?

Un exemple est celui du projet de Rolls-Royce Phantom électrique. Le projet de voiture électrique de luxe semble tomber à l’eau, faute de clients.

Le surcoût des batteries (achetées ou louées) est très difficilement compensé par les économies sur l’essence, même en tenant compte de l’aide actuelle de l’Etat, de 5 000 euros en France, d’autant que les points de recharges sont quasi-inexistants car ils sont très chers à mettre en place.

S’ajoutent à ces obstacles, la question de l’approvisionnement des batteries en lithium, tenu par trois pays (Japon, Corée, Chine), le soupçon sur leur inflammabilité, l’obstacle de la recharge, qui manque toujours de points d’accès publics et privés et qui exige entre cinq et huit heures en temps normal…

 

Des milliers investis pour peu ?

Le rapport est cependant plus positif quant à un éventuel essor des deux-roues ou trois roues électriques. Les auteurs du rapport n’entrevoient l’électrique que dans le cadre des véhicules hybrides.

Finalement, la voiture électrique semble plus un investissement de niche comme pour les  flottes d’entreprises et l’auto-partage. Même si pour Autolib’ proposé à Paris par Delanoë, Jean Syrosa calcule une rentabilité de service qu’avec 200 000 abonnements et 7 h d’utilisation journalière de chaque véhicule…

Le CAE questionne aussi le bénéfice environnemental des véhicules électriques : il est difficile de dresser un bilan net de la conception au recyclage des batteries. L’utilisation et l’origine de l’électricité peut les amener à « un bilan désastreux ».

Au final, « pour les pouvoirs publics, l’atteinte d’objectifs généraux de réduction des émissions passe d’abord par l’incessante amélioration des performances des véhicules thermiques » affirment les auteurs du rapport.

 

Qu’est-ce que propose le CAE ?

Il faut cessez de croire au mythe de la voiture « décarbonée » : les émissions de CO2 d’un véhicule électrique en France seraient de 41g de CO2/km, soit bien en-dessous des 130 grammes actuellement émis par un véhicule thermique dans le pays. Mais au Japon ou en Corée ce taux grimperait à 130g, et irait même jusqu’à 200g pour un véhicule chinois, décrit Jean Syrota.

Le rapport propose d’« imposer les systèmes de stop and start sur toutes les voitures », c’est-à-dire un système coupant automatiquement le moteur quand il est à l’arrêt. Les auteurs ajoutent qu’il faudrait « réduire le stationnement résidentiel en augmentant son tarif », « imposer une norme pour les bornes de recharge électriques », et de « renforcer l’incitation à l’achat de véhicules peu polluants ».

Ce papier ne fait pas l’unanimité. Beaucoup lui reproche de ne pas prendre en compte l’ensemble des innovations technologiques récentes. Le ton rabat-joie de l’analyse déconcerte les lobbies de l’électricité et les constructeurs. Les répercussions du rapor dépendront de l’influence des acteurs du véhicule électrique ) s’exprimer sur la scène publique et à réduire les obstacles de prix et d’autonomie de cette automobile…

Sources: Green Univers, OuestFrance-Auto, Latribune, enviro2b, 20minutes.fr

Les cinq Etats bordant la mer Caspienne décident d’œuvrer d’avantage pour la protection de l’environnement

La coopération environnementale unissant les cinq Etats bordant la mer Caspienne a pris de l’ampleur. Ceux-ci – la Russie, l’Iran, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan et le Turkménistan – viennent en effet de conclure, sous l’œil bienveillant du PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement), un nouvel accord qui vise la mise en place d’un dispositif de lutte contre la pollution aux hydrocarbures affectant l’écosystème local, particulièrement riche.

Ce dispositif comprend plusieurs volets. Le premier est préventif, et vise principalement à la surveillance du milieu marin. Le deuxième consiste en la mise en place d’une procédure d’urgence commune permettant de répondre au mieux aux situations de crise. Et le troisième institue une procédure d’étude d’impact commune afin d’évaluer les risques liés aux activités ayant trait à l’exploitation et au transport d’hydrocarbures. Sa mise en place était devenue essentielle pour la région, de plus en plus exposée aux risques de pollution dus à ces activités.

Ce nouvel accord est intervenu dans le cadre de la Conférence des parties de la Convention de Téhéran, conclue en 2003 par ces cinq Etats, et dont le secrétariat est assuré par le PNUE. Ce dernier s’en est alors félicité par la voix d’Achim Steiner, son directeur exécutif, qui a indiqué qu’ « améliorer les connaissances sur l’impact environnemental potentiel constitue le cœur de la coopération environnementale internationale et entretient les bonnes relations interétatiques ».

Sources : actualites-news-environnement.com, afriscoop.net.

Guyane et forages pétroliers : Shell dit vouloir protéger l’environnement

Maison du biologiste marin Tony Nalovic crédits: terraeco.net

Alors que les forages pétroliers en Guyane ont suscité une polémique – les permis ayant été suspendus, puis à nouveau autorisés – Patrick Roméo, dirigeant de Shell, a annoncé, au cours d’un entretien au Bulletin de l’industrie pétrolière (BIP) à paraître demain, que Shell voulait protéger l’environnement.

Précisément, le patron de Shell a déclaré que le groupe faisait « de la sécurité et de la protection de l’environnement ses priorités pour la campagne controversée de forages qu’il s’apprête à lancer au large de la Guyane ».

Il précise que la priorité est « le zéro accident et la protection maximale de l’environnement » tout en confirmant, n’en déplaise aux environnementalistes hostiles au forage, que celui-ci commencerait bien « cette semaine, comme l’avait indiqué ce week-end un responsable de Shell en Guyane ».

Le groupe affirme qu’elle « a fait tous les choix qui permettent de minimiser l’impact environnemental de ces opérations » : très bien, mais si l’objectif était qu’il n’y ait pas d’impact ? Comment passer d’une volonté affichée de « zéro impact » à un « impact minimum » ? N’y a-t-il pas là une contradiction ?

Sources : AFP

OMI : entrée en vigueur d’une nouvelle régulation sur la pollution marine dans l’Antarctique

Soucieuse de réduire la pollution dans l’océan Antarctique, l’Organisation maritime mondiale (OMI) a déclaré dans un communiqué que la nouvelle régulation permettant de lutter contre la pollution dégagée par les navires transitant dans la région de l’Antarctique entrait en vigueur, hier, le 1er août.

Des amendements à la Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL) détaillent la densité spécifique de pétrole brut qui ne devrait pas être utilisée par les navires sillonnant l’Antarctique. En dessous de cette densité fixée, le carburant est considéré comme de moindre qualité. Ainsi « les navires de commerce comme ceux de passagers auront besoin de changer de carburant lorsqu’ils transitent par la zone de l’Antarctique », explique l’OMI, lorsque ces cargos navigueront avec du carburant de qualité inférieure.

La Convention prévoit aussi une zone nord-américaine de contrôle des émissions (ECA), dans laquelle les émissions d’oxydes de soufre, d’oxydes d’azote et d’autres produits provenant des navires seront soumises à des contrôles plus sévères que les limites qui sont actuellement appliquées.

La pollution a un impact considérable sur les glaciers des pôles. La revue scientifique Nature Climate Change a révélé d’ailleurs récemment que les polluants piégés dans les glaces se volatilisaient dans l’air à cause du réchauffement climatique, alimentant l’effet de serre… L’entrée en vigueur de cette mesure marque donc une étape concrète pour réduire les émissions de gaz polluants nuisibles à l’environnement.

Soutenir l’effort de réduction des dettes publiques et protéger l’environnement, deux objectifs complémentaires

Comme chaque année depuis maintenant quatorze ans, plusieurs associations au premier rang desquelles Friends of the Earth, publient aux Etats-Unis un rapport consacré à l’identification des dépenses, subventions ou niches fiscales grevant le budget américain et dont la suppression serait bénéfique pour l’environnement. En cette période de crise des finances publiques, un tel travail mérite d’être mis en lumière et pourrait faire des émules.

Le magazine du développement durable nous en apprend plus sur ce sujet. Il précise ainsi que les associations engagées pour cette étude travaillent sur la base de documents comptables officiels, directement mis à disposition par l’administration fédérale américaine. Ce qui nous donne une idée du sérieux de la démarche. Suivant leurs conclusions, l’Etat fédéral américain pourrait réaliser une économie de plusieurs centaines de milliards de dollars sur une période de cinq ans.

Elles suggèrent notamment la suppression pure et simple des aides destinées aux énergies fossiles qui permettent aux industriels du secteur de bénéficier de certaines exemptions de taxe. Cette mesure permettrait de faire rentrer dans les caisses de l’Etat près de soixante milliards de dollars.

Elles estiment ensuite nécessaire de stopper l’effort de recherche coûteux entrepris en vue du développement d’une technologie de capture et de séquestration du carbone, qualifié de « quête sans fin pour faire du charbon une énergie propre », et qui plus est « potentiellement dangereuse ».

Enfin, elles militent pour un abandon du soutien au secteur de l’énergie nucléaire. Celui-ci bénéficie en effet d’aides multiples de la part de l’Etat américain, allant de subventions à la recherche & développement à des garanties de prêt, en passant par des exonérations fiscales. Elles évaluent sur ce point l’économie potentielle à cinquante milliards de dollars pour une période de cinq ans, de 2012 à 2016.

Amnesty International et Greenpeace demandent une enquête pénale sur le « Probo-Koala »

Greenpeace – burkina24.com

La nouvelle circule sur plusieurs plateformes online. Amnesty International et Greenpeace réclament l’ouverture d’une enquête pénale sur le déversement, il y a six ans, en plein Abidjan, en Côte d’Ivoire, d’un navire affrété par la société Trafigura, investie dans le négoce international. Cette catastrophe aurait « provoqué une quinzaine de décès » et « plus de 100 000 cas » de personnes à soigner.

Un rapport qui tombe à pic

Hier, les deux ONG ont rendu public un rapport conjoint, en marge d’une réunion à Genève du groupe de travail de la Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontaliers de déchets dangereux et de leur élimination.

Ce document, conclu après trois années de travail, vise à attirer l’attention des Etats sur le fait que malgré l’existence d’un « cadre juridique international » qui aurait dû permettre de poursuivre les responsables de la catastrophe, « il n’y a pas eu d’enquête couvrant l’ensemble des aspects de cette affaire », affirme Francis Perrin, porte-parole d’Amnesty International.

En décembre 2011, Trafigura a été condamné par la justice des Pays-Bas à payer 1 million d’euros d’amende pour exportation illégale de déchets dangereux, suite à une escale du Probo-Koala à Amsterdam. Le navire était reparti du Port d’Amsterdam pour la Côte d’Ivoire avec sa cargaison toxique de résidus pétroliers, l’affréteur ayant jugé « exorbitant » le prix demandé par les services portuaires.

Toutefois, le rapporte pointe que « le rôle joué par Trafigura dans le déversement des déchets toxiques à Abidjan n’a fait l’objet d’aucune action en justice pleine et entière ».

Trafigura a acheté une impunité judiciaire

En février 2007, Trafigura a signé un protocole d’accord avec la Côte d’Ivoire selon lequel elle échangeait 95 milliards de francs CFA (145 millions d’euros) contre une impunité judiciaire. Une partie seulement aurait été utilisée pour indemniser les victimes des matières toxiques.

En outre, en 2009, Trafigura et un cabinet d’avocats représentant 30 000 victimes ont conclu un accord à l’amiable par lequel la compagnie s’est engagée à leurs reverser 45 millions de dollars (35 millions d’euros), tout en refusant de reconnaître sa responsabilité.

Amnesty International et Greenpeace VERSUS Trafigura

Les deux ONG attendent du gouvernement ivoirien qu’il dénonce l’accord signé par son prédécesseur et aux instances de justice du Royaume-Uni d’ « examiner les possibilités d’engager des poursuites judiciaires contre Trafigura », puisqu’elle a son siège à Londres.

William Bourdon, avocat, argue que « la question que pose ce dossier, c’est jusqu’où les juges des pays du Nord peuvent ou doivent assumer une dimension extraterritoriale face à de grandes catastrophes écologiques qui surviennent dans des pays où les magistrats ne sont pas en capacité de juger ces affaires, et en l’absence de tribunal international compétent ». Son association, Sherpa, avait tenté de porter l’affaire devant les tribunaux français, sans succès.

Pour l’heure, Trafigura aurait simplement déclaré que le rapport des ONG « simplifie à l’excès des questions juridiques complexes » et qu’il est « tout simplement faux de suggérer que ces questions n’ont pas fait l’objet d’un examen judiciaire approprié ».

A suivre.

Source : lemonde.fr

 

Initiative bretonne rarissime pour l’environnement

Sept villages bretons ont décidé de prendre leur environnement rural en main. Décidés à en finir avec leurs excédents de lisier et à donner un coup de fouet à leur activité économique, à sept, ils ont décidé d’adopter un plan territoire 100% énergies renouvelables et locales d’ici 2030, une démarche rarissime en France.

«Très tôt, on a pris conscience que si on voulait continuer à vivre dans ce territoire rural, il fallait se prendre en main tout seul»

Jacky Aignel, vice-président énergie de la communauté de communes du Mené (Côtes-d’Armor), primée pôle d’excellence rurale en 2010, raconte que l’idée de développer une filière fondée sur les énergies renouvelables naît au début des années 2000 à partir des réflexions d’agriculteurs s’inquiétant de leur impact environnemental et d’élus soucieux du développement économique local. « A l’époque, on nous prenait pour des barjots » rappelle-t-il.

Premier objectif de la démarche: 2013, plus de 20% de l’énergie consommée d’origine renouvelable

Les responsables du projet cherchent la diversification du bouquet énergétique et aussi du tissu économique et social afin de maintenir l’activité agricole dans ce micro-territoire de 165 km2  de 6.500 habitants. Les villages voudraient s’émanciper du fioul dont les cours sont élevés et volatiles.

La première installation d’une huilerie de colza-carburant a été inaugurée en 2007 à Saint-Gouéno. Par un processus de pressage à froid, les graines de colza donnent une huile pouvant alimenter les moteurs diesel des tracteurs, ainsi que des tourteaux pour le bétail. « Ceux-ci sont utilisés localement par des éleveurs de vaches laitières, qui n’ont plus besoin d’importer des tourteaux de soja du Brésil », se félicite Laurent Gaudicheau, directeur de la communauté de communes. « Il est plus intéressant de vendre cette huile pour acheter du fioul mais, pour autant, si le pétrole continue à flamber, notre outil sera prêt… », assure-t-il.

On observe aussi un réseau de chaleur mis en place dans deux autres communes et bientôt généralisé à toute la communauté, une nouvelle usine de méthanisation Géotexia, inaugurée en juin dernier, irriguant une plantation de saules pour le bois de chauffage. Les éleveurs porcins, eux, se sont engagés à ne pas augmenter leur cheptel. On évoque aussi un projet participatif de parcs éoliens d’une puissance totale de 25 mégawatts et un ensemble de 35 nouveaux logements ne générant pas de dépenses d’énergie pour les habitants.

L’initiative est un choix clair afin de continuer à vivre dans ce territoire rural. Les agriculteurs ont mis en route une boucle vertueuse, se félicite Dominique Rocaboy, agriculteur et président de la structure. Aussi d’un problème environnemental, on peut arriver à faire une économie basée sur la filière énergétique durable, analyse Laurent Gaudicheau à propos de l’initiation d’une trentaine d’éleveurs porcins qui apporte plus de 75.000 tonnes de déchets, lisiers et boues issues de la filière agroalimentaire.

Sources: AFP, journaldelenvironnement, nouvelobs, romandie

L’Antarctique, le continent délaissé

En Antarctique, l'été austral dure 6 mois. Puis la nuit tombe et l'obscurité perdure 6 mois également.

Continent gelé, l’Antarctique a très longtemps été délaissé par l’homme. Son isolement en fait une terre de tous les espoirs, non pas pour s’y installer, les conditions y sont trop rudes, mais pour exploiter des ressources dont les réserves sont encore intactes.

Dérivant de plus en plus au sud, le continent Antarctique s’est retrouvé définitivement isolé des autres il y a 25 millions d’années lorsqu’il s’est séparé de l’Amérique du Sud. Presque centré sur le pôle Sud, ce continent subit des pressions climatiques très fortes : l’altitude moyenne du continent est de 3 000 mètres au dessus du niveau de la mer et les nuits australes durent six mois. Cette combinaison de facteurs induit des températures minimum en hiver de l’ordre de -80 °C.

Traité sur l’Antarctique

Découvert relativement tard et inhabité de façon permanente, l’Antarctique est protégé par un ensemble de traités ; le premier, le traité sur l’Antarctique, signé le 1er décembre 1959 par 12 pays, est aujourd’hui ratifié par 48 États. L’objectif du traité était d’interdire l’utilisation de cette partie du globe à des fins militaires. Il a été complété par une série de conventions et protocoles afin d’en protéger la faune et la flore ainsi que de considérer le continent comme réserve naturelle dont on ne peut pas exploiter les ressources minérales (Protocole de Madrid).

Le continent est protégé jusqu’en 2048 par ce traité, mais ce dernier peut être révisé et les interdictions d’exploitations pourraient être assouplies bien avant cette date. En effet, en tenant compte des modèles de dérives des continents et en se basant sur les minéraux exploités sur les continents autrefois adjacents aux terres antarctiques, il est probable que l’Antarctique soit riche en ressources minérales, dont 203 milliards de barils de pétrole, selon l’étude « Antatirca: assessing and protecting Australia’s national interests » du Lowy Institute. De plus, le réchauffement planétaire pourrait pousser à l’exploitation des calottes polaires qui contiennent 70 % des ressources en eau douce mondiale.

Ressources de la dernière chance

Les prétentions actuellement gelées sur les terres antarctiques, pourraient être source de nouvelles tensions pour l’appropriation et l’exploitation du continent dans le contexte actuel d’épuisement des ressources, au mépris de la biodiversité extrêmophile adaptée à ce milieu. Cependant, comme le souligne Michel Rocard, ambassadeur de France pour les pôles, dans une entretien donné à actu-environnement.com, l’exploitation des ressources polaires signifira, étant donné leur coût et leur mise en place difficile, que l’humanité n’aura pas résolu le problème intrinsèque de son « modèle énergétique » actuel, qui contribue, voire provoque, le réchauffement climatique.

Sources : mineralinfo.org, transpolair.free.fr, actu-environnement.com, lecerclepolaire.com

Nigéria : Shell appelé à verser 1 milliard de dollars par Amnesty International pour le delta du Niger

Photo de Jean Farr (Flickr) rnw.nl

Amnesty International, dans un nouveau rapport publié il y a une semaine (à lire ici), et à travers une vidéo disponible ici, peu relayés par les médias francophones, demande à Shell de s’engager à verser 1 milliard de dollars afin d’amorcer le nettoyage du Delta du Niger, « victime de deux fuites de pétrole dévastatrices en 2008 ». En août dernier, Shell avait reconnu sa responsabilité dans ces déversements de pétrole ayant fortement impacté les pêcheurs de Bodo, dans l’Ogoniland.

Alors que la communauté Bodo, qui compterait près de 69 000 membres, a lancé une procédure devant les tribunaux britanniques, Amnesty International et le Centre pour l’Environnement, les droits de l’Homme et le développement (CEHRD) appellent Shell à verser immédiatement l’argent en vue de réparer les dommages causés par l’oléoduc Trans-Niger.

Aster van Kregten, chercheuse d’Amnesty pour le Nigéria, affirme qu’ « il est temps que cette société qui vaut plusieurs milliards de dollars assume sa responsabilité, nettoie et passe à la caisse » ; « l’incapacité de Shell à stopper rapidement et à nettoyer les déversements de pétrole de Bodo a ruiné la vie de dizaines de milliers de personnes ».

Patrick Naagbanton, du CEHRD, explique qu’en raison de « l’impuissance des agences nigérianes », le rapport réclame la création d’un « organisme de contrôle indépendant et doté de ressources suffisantes ».

Shell indique dans un communiqué être « déjà en train d’appliquer beaucoup des recommandations du rapport », notamment par le versement de « dédommagements adéquats dont le montant est actuellement l’objet de procédures légales au Royaume-Uni ». L’entreprise argue que des actes de « sabotages et de vol de pétrole », par des siphonages sur l’oléoduc, pratique qui avait notamment été à l’origine d’un véritable charnier au Kenya à la mi-septembre, retardent le nettoyage de la région. Amnesty conteste cette « excuse » qu’elle estime non recevable.

L’Ogoniland est tellement pollué depuis des années que les Nations Unies se sont saisies de la problématique, en recommandant la « mise en place d’un fonds de restauration de l’environnement doté de 1 milliard de dollars, avec un financement additionnel ultérieur ».

Entreprises, institutions locales, ONG, Nations-Unies, institutions juridiques britanniques, des acteurs prennent donc position à différents niveaux…un « flou juridique » semble bien expliquer aussi la lenteur du processus de nettoyage de l’environnement ogoni.

Jacques Viers, responsable de la commission entreprise à Amnesty International France, plaide pour « une réglementation internationale obligeant les compagnies pétrolières à respecter les droits humains, partout où elles interviennent y compris à l’étranger ».

Sources : 20minutes.fr, Rfi.fr, Jeuneafrique.com

Angola : nouveau membre de l’Agence internationale de l’énergie renouvelable

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L’Angola a annoncé hier que suite à l’approbation de sa candidature par le conseil d’administration de l’Agence internationale de l’énergie renouvelable (IRENA), transmise à l’Allemagne, pays dépositaire, le pays en deviendrait un membre à part entière.

La délégation angolaise auprès du conseil de l’agence, réuni à Abou Dhabi, aux Emirats Arabes Unis, depuis dimanche dernier, est conduite par Joao Baptista Borges, secrétaire d’Etat à l’énergie, Sandra Cristao, secrétaire d’Etat à la coopération internationale et par Kiala Pierre, directeur national des énergies renouvelables.

L’Angola, aujourd’hui « simple membre observateur », deviendra donc un membre effectif, « grâce à la ratification par son gouvernement de la charte de l’agence », selon le centre de documentation et d’information du ministère de l’Energie et Eaux. Ce nouveau statut permettra au pays de « bénéficier d’informations sur les énergies renouvelables » ainsi que « d’assistance technique pour la mise en œuvre de projets dans le domaine des énergies renouvelables ».

C’est avec satisfaction que nous prenons acte des signaux émis par le gouvernement angolais en matière de promotion des énergies nouvelles, alors que l’Angola figure, aux côtés du Nigéria, parmi les plus importants producteurs de pétrole d’Afrique, avec « une capacité de production d’environ 1,8 million à 2 millions de barils par jour ».

L’assemblée générale de l’IRENA se tiendra du 14 au 15 janvier 2012, à Abou Dhabi.

Sources : Afriquinfos.com, Portalangop.co.ao

Plastique biodégradable : nuisible à l’environnement ?

D’après une étude de l’Université de Caroline du Nord, financée par Procter & Gamble – industriel majeur de la production plastique – les plastiques biodégradables relâcheraient du méthane lorsqu’ils se décomposent ; or c’est un gaz qui contribue à l’effet de serre. Ils pourraient ne pas être vraiment favorables à l’environnement.

 

« Tout le monde présume que le biodégradable est préférable. Cette étude remet cela en question. »

Les plastiques biodégradables sont réalisés à partir de dérivés de végétaux, et n’ont besoin que de quelques années pour se décomposer. Tandis que les plastiques traditionnels sont fabriqués avec des dérivés de pétrole nécessitant des décennies, des siècles, voire des millénaires avant de disparaitre.

Mortan Barlaz, un des chercheurs qui a conduit l’étude, affirme que cette différence compose une partie du problème.

Certaines réglementations fédérales n’exigent pas que les décharges soient équipées d’un système de collecte de gaz afin de recueillir le méthane jusqu’à deux ans avant que le déchet ne soit brûlé. Cela va à l’encontre des lignes directrices de la Commission Fédérale du commerce qui exigent que tout produit estampillé compostable ou biodégradable se décompose sous « une raisonnable courte période de temps » après avoir été jeté. Ce qui signifie qu’un plastique à décomposition rapide dans une décharge sans système de collecte va libérer tout son méthane dans l’atmosphère avant même que le gaz soit recueilli.

 

« Concevoir des produits qui se dégradent plus lentement »

« Nous avons besoin de développer la collecte de méthane dans les décharges comme de concevoir des produits qui se dégradent plus lentement », conclut Barlaz, « et ce, si nous voulons maximiser le bénéfice environnemental des produits biodégradables dans ces décharges. »

James Levis, le principal rédacteur de l’étude est catégorique à ce sujet. Aussi afin de faire un véritable choix entre ces deux matériaux, nous devrions étudier le cycle de vie complet de ces matières  pour savoir laquelle est la mieux de l’autre et « aussi regarder les enjeux environnementaux afin de prendre un jugement définitif. »

Le but n’est pas de donner un avis favorable à l’une des deux branches de la production plastique, plutôt de prendre du recul sur les innovations écologiques afin d’adapter l’ensemble d’une filière à leur traitement et leur conditionnement.

 

Source; california watch

Arctique : des polluants piégés puis volatilisés par le réchauffement climatique

Prisonniers des glaces, les pesticides et d’autres polluants organiques persistants sont les « témoins indésirables de notre passé environnemental » venant « du froid ». C’est ici le constat des auteurs d’un récent article dans la revue scientifique Nature Climate Change. Pire, le réchauffement climatique conduit à la fonte des neiges et libère ces produits dans l’atmosphère, expliquent-ils.

 

Qu’est-il advenu des restrictions imposées à leur usage ?

La concentration dans l’air de la région arctique de plusieurs de ces substances toxiques avait pourtant diminué au cours des dernières décennies suite aux restrictions de production et d’utilisation. En effet, la Convention de Stockholm, entrée en vigueur en 2004, visait à réduire ou éliminer progressivement les rejets de douze polluants organiques persistants (POP), dont le DDT, l’hexachlorobenzène (HCB) et le polychlorobiphényle (PCB). Neuf autres substances ont été ajoutées en 2009.

Les polluants sont susceptibles d’être transportés sur de longues distances, aidés d’un vent fort et de l’effet des basses températures ; les substances ont pu s’accumuler sur le pôle. Mais le recul des banquises menacent les gains obtenus par ces mesures en les rendant volatiles, décrit Jianmin Ma de l’agence Environnement Canada, Toronto.

« Nos résultats indiquent qu’un large éventail de POP ont été relargués dans l’atmosphère de l’Arctique au cours des deux dernières décennies suite au changement climatique », résument les chercheurs.

 

D’inquiétants commentaires

Dans un commentaire accompagnant l’article scientifique, Jordi Dachs de l’Institut espagnol de diagnostic environnemental et d’étude de l’eau relève que des « milliers » de polluants organiques persistants pourraient se comporter de façon similaire. Ainsi relargués « les polluants générés par nos grands-parents » deviendraient des « témoins indésirables de notre passé environnemental » venant « du froid ».

Cela confirme « que le réchauffement de l’Arctique pourrait entraver les efforts destinés à réduire l’exposition de l’homme et de l’environnement à ces produits chimiques toxiques », concluent les auteurs de l’étude.

 

Sources:  goodplanet, 20minutes, radio-canada

 

Arctique : des polluants piégés puis volatilisés par le réchauffement

US Army : le virage énergétique

L’armée américaine n’a pas attendu les révélations de l’ancien général Steve Anderson (voir R&E) sur le surprenant montant dédié à la climatisation des soldats en Afghanistan pour revoir sa politique énergétique. Le Département de la Défense Américain vient de publier un document exceptionnel sur la stratégie future de consommation énergétique par l’armée américaine et sa volonté d’indépendance face au pétrole.

1,5 fois la consommation de pétrole de la Suisse

Le pentagone est le plus grand consommateur de pétrole du monde : elle consomme chaque jour 320.000 barils de pétrole ou 19 milliards de litres/an. Sa facture énergétique, toutes énergies confondues, a augmenté de 225% en moins de 15 ans et pourrait rapidement doubler si rien n’est entrepris.

En Afghanistan, l’énergie est devenue un enjeu stratégique prioritaire. Les transports de carburants sont les convois sont les plus vulnérables face aux tirs des talibans. Selon le Corps des Marines, sur les 3000 soldats morts au front, 80% d’entre eux étaient des militaires chargés de protéger les transports de carburant – il y a un mort tous les 24 convois.

Les équipements modernes qui assurent le lien entre les commandements armée et les troupes sont gourmands en énergie. Les chiffres sont édifiants : un Marine transporte sur lui… 33 batteries pesant 3,5 kg qui doivent être rechargées toutes les 72 heures par des génératrices à essence et si un militaire nécessitait 3,7 litres d’essence par jour en 1945, le même soldat américain en consomme aujourd’hui 65…

Inquiet de la hausse de la consommation énergétique de son armée, l’Etat major craint les crises pétrolières et l’explosion des factures induites. Ainsi le plus grand consommateur mondial tente de contourner ce problème stratégique en investissant dans les nouvelles technologies renouvelables.

La conversion aux biocarburants

La Navy est l’unité de l’armée la plus engagée vers une véritable réforme énergétique. Elle a décidé, d’ici à 2020, de diminuer sa consommation de carburant de 50% et d’implémenter un système de conversion de «déchets en carburants » (biogaz). Plusieurs vaisseaux vont devenir hybrides et être propulsés par l’électricité.

Les infrastructures américaines en dehors du territoire vont être converties aux biocarburants et promouvoir l’énergie positive – produire plus d’énergie qu’elles n’en consomment. Déjà de nombreuses bases sont équipées entièrement à l’énergie solaire et éolienne et l’installation de smart grids – «réseau électrique intelligent » – maximaliseront l’utilisation de l’électricité.

L’objectif de l’armée est de réduire sa consommation énergétique de 20% et d’atteindre 30% d’efficacité énergétique par la diminution des transports inutiles particulièrement dans l’US Air Force. L’économie est estimée à 400 millions de dollars.

Le revirement de situation du Pentagone trouve sa concrétisation par l’investissement massif dans les énergies renouvelables pendant longtemps marginal. La crainte de la pénurie de pétrole et l’explosion du budget énergétique deviennent aujourd’hui les facteurs moteurs du changement vers une politique énergétique plus responsable de son impact sur l’environnement.

L’espoir réside d’ailleurs dans les propos d’Amory Lovins, président du Rocky Mountain Institute, consultant indépendant et conseiller du Pentagone, pour qui le plan de l’armée américaine marque un tournant. Il déclare en effet que «la démarche du Pentagone aura des effets majeurs sur la consommation et l’utilisation de l’énergie aux Etats-Unis et dans le monde. […] La révolution énergique en sera accélérée.»

Source: 2000watts, le Temps

La climatisation des soldats américains en Afghanistan coûte plus cher que la Nasa !

Source: gizmodo.fr

 

D’après les révélations d’un général à la retraite Steve Anderson, responsable de la logistique en Irak sous le commandement du général Petraeus, les Etats-Unis dépensent 20 milliards de dollars par an uniquement pour climatiser les tentes et les préfabriqués en Irak et en Afghanistan – soit plus que le budget annuel de la Nasa.

Le coût de la guerre est élevé : l’importance du montant de l’approvisionnement des soldats en eau, en alimentation, en munitions et en carburant – venus du Pakistan, à 1000km des campements – est déjà connue. Le montant dépensé pour rafraichir les troupes l’est beaucoup moins ! Si l’Afghanistan est une terre très froide en hiver, elle est très chaude en été. Pour climatiser les tentes des soldats, cela coûte en carburant …et en vie humaine. En effet, d’après une étude de l’institut pour une politique environnementale de l’armée américaine (Aepi selon l’acronyme anglais), un soldat est tué tous les 24 convois de carburant lors des attaques d’insurgés.

Le ministère de la Défense est le plus gros consommateur d’essence du Pentagone. Selon l’ancien général, la solution serait de projeter la mousse de polyuréthane sur les tentes. Un devis d’un montant de 95 millions de dollars (67 millions d’euros) a été rédigé pour développer ce type d’isolation, qui permettrait d’économiser 1 milliard de dollars (700 millions d’euros).  Si la solution pourrait permettre au Ministère de réduire sa facture et de réduire l’impact de la climatisation sur l’effet de serre, la décision n’a pas encore été généralisée car elle exigerait la mobilisation de soldats pour être appliquée…

Source: journal de l’environnement, courrierinternational, goodplanet, gentside, grist.org

Pollution : Panique en mer Méditerranée

 

Source: Fotosearch

 

Mercredi matin, au nom de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, Roland Courteau, sénateur socialiste de l’Aude, a présenté un rapport sur l’état et les perspectives de la pollution de Méditerranée à l’horizon 2030.

Le milieu semi-fermé de la Méditerranée constitue une des causes de sa fragilité. Le taux de renouvellement est estimé à environ un siècle, car les conséquences du changement climatique et de la pollution sont plus aiguës qu’en mer davantage brassée. Le rapporteur s’inquiète de la pérennité de la Grande Bleue.

 

La mer victime des hommes

Les côtes de la mer Méditerranée dénombrent 85 villes de plus de 300.000 habitants. La pression démographique est énorme. D’autant que l’important flux de touristes ajoute aux pollutions connexes. Les équipements antipollution sont insuffisants : 44 % des villes de la rive sud ne sont pas reliées à une station d’épuration contre 11 % seulement sur la rive nord.

La mer recueille l’ensemble des pollutions charriées par les fleuves : les pesticides et autres produits phytosanitaires utilisés par l’ensemble de l’agriculture du bassin, et les pollutions des industries fluviales. 80 % de sources polluantes a comme origine les activités de l’homme sur les rives de la mer.

Les pollutions ne s’arrêtent pas aux abords de la Méditerranée. Les pollutions maritimes sont croissantes. La chaîne alimentaire par l’intermédiaire du phytoplancton est troublée par la présence de produits pharmaceutiques et par la polymérisation de la mer – il s’agit de  minuscules débris de plastiques qui fixent les polluants – ingérés par erreur par la faune marine.

 

Projet dans les cartons et aires protégées sur papier

Les projets de forage offshore seraient peut-être passés totalement inaperçus s’il n’y avait eu l’accident dramatique dans le golfe du Mexique le 20 avril 2010 de la plate-forme « Deepwater Horizon ». Or à ce jour, la Méditerranée compte 232 plates-formes d’exploitation d’hydrocarbures dont un tiers environ concerne du pétrole et d’autres projets dans les cartons attendent le dernier feu vert. Cet engouement s’explique en partie par les nouvelles techniques de forage qui permettent d’extraire du pétrole des grandes profondeurs et le cours de baril très élevé qui rentabilise les extractions pourtant très couteuses.

L’inquiétude du sénateur de l’Aude s’explique parce que pour beaucoup d’exploitants de plateformes de forage, « les préoccupations de sûreté environnementale ne sont pas dominantes » et « l’âge de la plupart des plates-formes suscite de réelles inquiétudes ».

 

 

La lutte contre la pollution est défaillante. Depuis 1976, des politiques de coopération existent, une gouvernance anti-pollution a été ébauchée au travers de la Convention de Barcelone et de son Plan d’action Méditerranée (PAM). Cependant les 21 pays côtiers et signataires des différents protocoles ne respectent pas leurs engagements, d’autant que l’Union pour la Méditerranée est paralysée par les enjeux politiques entre Israël et les pays arabes.

L’Union Européenne est quelques peu démunie lorsqu’il s’agit d’appliquer ses directives dans les Etats membres. Elle interdit depuis des décennies par exemple, le relargage de produits comme les polluants organiques persistant (PCB entre autre). Néanmoins, ils restent constants  dans l’environnement marin.

Roland Courteau propose de traiter les questions de fond via une agence de protection environnementale et d’inciter les Etats à la surveillance de l’état marin. D’après lui, cela dissociera du contexte politique, le traitement technique des dossiers. Il souhaite aussi amplifier les recherches sur la façon dont les stations d’épuration filtrent, ou non, ces pollutions selon les molécules concernées.

La santé de la Méditerranée va dépendre dans les prochains temps de la bonne volonté des Etats à appliquer les dispositions qu’ils ont signés dans différents protocoles européens ou de l’UPM. L’état de la mer est à l’urgence. Il n’est pas seulement grand temps d’agir, il est juste temps car « on est proche d’un point de non retour » s’insurge le sénateur socialiste…

Source: lexpress, lesechos, lefigaro

Voiture et palmarès : l’Ademe a rendu le verdict 2011

Source: Fotosearch

 

Le dixième palmarès des véhicules les moins émetteurs de CO2 – « car labelling » – de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a été publié ce 8 juin.

Dans la catégorie diesel, la Smart Fortwo arrive en tête, comme en 2009, avec 86g de CO2/km. Pour les véhicules « essence » ce sont les hybrides Toyota Auris et Toyota Prius qui se hissent au premier rang avec 89g de CO2/km. L’agence note que, comme l’an dernier, les lauréats du palmarès sont des voitures émettant moins de 90g de CO2/km, alors qu’en 2002 le véhicule le plus performant de la catégorie essence émettait encore 118g de CO2/km.

Du côté des voitures « essence » les plus émettrices en CO2, le groupe italien Lamborghini a été jugé avec sévérité ; son modèle super-sportif, la Murciélago, voiture – essence et diesel confondues – franchit la barre des 500 g de CO2/km en 2009. Le groupe Mercedes-Benz enregistre lui les plus fortes émissions de CO2 au niveau des voitures Diesel avec son modèle G280 (320 g/km).

 

La France, deuxième au classement

En 2010, la moyenne des émissions de CO2 des véhicules neufs vendus en France a été de 130 g/km, ce qui place la France en deuxième position juste après le Portugal (129 g/km). En 10 ans, la France a réduit de 25 g la moyenne de ses émissions sur les véhicules neufs. Quant à la moyenne européenne des émissions de CO2, elle a baissé de 45 g en 15 ans.

Cette performance est due en grande partie aux incitations et aides de l’Etat. D’après le rapport de l’Ademe, la prime à la casse, le dispositif bonus-malus, première mesure du Grenelle de l’environnement – qui a pris fin en décembre 2010 – et l’arrivée des véhicules hybrides ont joué un rôle important, en France, pour augmenter l’achat de voitures plus « vertes ».

 

Un constat positif qui doit être nuancé

En dressant ce palmarès, l’Ademe dresse un bilan positif des progrès automobiles en matière de pollution. En 2002, les meilleurs véhicules essences plafonnaient à 118 g d’émission CO2 par km. Aujourd’hui, les véhicules les plus vertueux ne dépassent pas les 90 g/km. Les innovations technologiques ont permis aux constructeurs de réduire les émissions des véhicules, certes, mais la planète n’est toujours pas préservée de leurs émissions de particules fines, d’oxydes d’azote et d’hydrocarbures imbrûlés.

Si Joëlle Colosio, du département « Air » de l’Ademe, relève que la sortie de crise engendre une aggravation des émissions des gaz à effet de serre et « renforce la nécessité d’agir, elle rappelle aussi les résultats de l’étude européenne Aphekom faisant le bilan de l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique. Publiée en mars dernier, cette étude fait le lien entre les émissions urbaines de particules fines et d’oxydes d’azote et la réduction de l’espérance de vie des citadins. La Commission européenne avait d’ailleurs assigné la France pour non-respect des valeurs-limites sur les particules et pour un dépassement sur les oxydes d’azote.

L’Ademe exprime son inquiétude face au constat selon lequel les voitures sont de plus en lourdes. Elle déclare qu’« il serait intéressant de voir quel serait le gain en CO2 avec des voitures moins lourdes ».

L’agence dénonce aussi la faible performance du domaine du diésel : en 2002 la voiture la plus performante émettait 81g de CO2/km contre 86g en 2010. Elle note néanmoins que six constructeurs automobiles, dont trois européens, ont d’ores et déjà atteint l’objectif fixé pour 2015 par Bruxelles d’une émission inférieure ou égale à 130g de CO2/km, à savoir Fiat (122g), Toyota (127g), Renault et PSA (129g chacun).

Autre souhait de l’Ademe, « que le la proportion des véhicules diesel diminue et notamment en ville ». « Avec l’obligation d’installer un catalyseur pour les oxydes d’azote et un filtre à particules dans un proche avenir, le prix des diesels devrait augmenter », espèrent les porte-parole du bras séculier du ministère de l’Ecologie.

 

A quand l’intégration des voitures à nouvelles technologies dans le palmarès ?

Si l’inconvénient, toujours irrésolu, de la voiture à hydrogène est la formation de CO2 pour la construction même de son moteur, la voiture du futur ne polluera pas car elle n’émet que de la vapeur ou de l’eau… L’intégration des ces voitures rendra peut-être le classement obsolète obligeant les constructeurs à faire appel à des systèmes moins polluants…

 

Vers le lancement de projets de stockage géologique du CO2 en France ?

crédits ifpenergiesnouvelles.fr

Le proverbe « tout vient à point à qui sait attendre » vient de trouver un écho particulier sur le dossier du stockage géologique du CO2 en France. Thématique discutée lors du Grenelle de l’environnement en 2007, elle avait alors été inscrite comme l’une des actions prioritaires à mener pour le gouvernement. Mais il aura fallu attendre le mois de mai 2011 pour qu’enfin soit lancé un appel à manifestations d’intérêt pour développer ce type de projet.

Un tel stockage peut s’opérer au sein de gisements pétroliers ou gaziers épuisés, de gisements de charbon inexploités, ou encore en aquifères profonds – formations géologiques perméables qui contiennent de l’eau salée impropre à la consommation – souvent très vastes et présentes dans toutes les régions du globe, comme dans les bassins parisiens et aquitains.

Mais comment piéger le CO2 et le transporter sur son lieu de stockage ?

Des techniques existent déjà. Il s’agit par exemple d’un transport par voie de gazoduc du CO2 à l’état dit « super critique », c’est-à-dire pressurisé et à une température de 31°C, utilisé par l’industrie pétrolière aux Etats-Unis. Il s’agit également d’un transport à l’état liquide, à une température de -40°C pour le CO2 toujours pressurisé. Mais ces techniques restent pour l’heure très coûteuses. Avant cette phase de transport, le CO2 pourrait par exemple être piégé lors du rejet de fumées de combustion.

L’objectif est ici de permettre au CO2, soit de se dissoudre dans l’eau, soit de réagir avec la roche afin de former des minéraux carbonatés. Cela permettrait à coup sur de réduire l’impact de nos industries sur l’environnement !

Les tarifs du gaz et de l’électricité doivent être réformés

 

"La fée électricité" - Raoul Dufy

Les tarifs du gaz et de l’électricité méritent d’être réformés. Ce processus est « socialement inéluctable », pour reprendre des termes employés par le professeur de l’IEP de Paris Stéphane Cossé, dans un article également cosigné par Christophe Droguère, expert dans le secteur de l’énergie, et Yann Wehrling, porte-parole du Modem, que vous pouvez lire ici.

Un mois jour pour jour après le tsunami japonais qui a conduit à la catastrophe de Fukushima, les experts de l’énergie et du climat s’interrogent toujours sur l’avenir énergétique de la planète. En France, outre le débat sur la filière nucléaire, les représentants du gouvernement et de l’opposition ne s’entendent pas sur l’application de la loi « Nome » – pour « Nouvelle Organisation des Marchés de l’Electricité ».

La question des tarifs de l’énergie est au coeur de ces débats. Dans un contexte marqué par la crise et une augmentation de « la précarité énergétique », est-il nécessaire d’augmenter les tarifs du gaz et de l’électricité ? (oui le gaz à augmenté le 1er, il ne s’agissait pas d’un poisson et oui, l’électricité doit à nouveau augmenter…)

L’idée véhiculée par les 3 experts précités, dans leur article paru aujourd’hui sur lemonde.fr, consiste à admettre que « les prix de l’électricité et du gaz vont être amenés à augmenter significativement les prochaines années », quelque soit notre « mix énergétique ». La tendance irait évidemment à une plus forte augmentation si le pays d’engage vers une sortie du nucléaire au profit d’un développement des énergies alternatives.

Certains élus, associations de défense des consommateurs, s’élèvent contre toute réforme des tarifs du gaz et de l’électricité au motif qu’elle serait inévitablement injuste et pèserait sur le portefeuille des ménages les plus précaires.

Là réside l’intérêt du « point de vue » développé par Cossé, Droguère et Wehrling. Ils proposent dans ce contexte de « reconsidérer en profondeur » le « système réglementé actuel qui traite de la même façon un ménage à fort pouvoir d’achat et les ménages les plus pauvres en précarité énergétique ». Pour les tarifs de l’électricité, ils suggèrent deux options :

  • « Étendre le tarif social du million de ménage actuel (bénéficiaire de la CMU) à 25% des ménages consommateurs d’électricité (environ 8 millions, soit les bénéficiaires d’allocations logement). Le tarif « bleu » serait lui supprimé pour les autres consommateurs et le prix librement fixé par les producteurs mis en concurrence (donc aux coût de revient effectifs des producteurs). Ces prix intégreraient une contribution de solidarité correspondant à la subvention au titre de « tarif social étendu ». »
  • « Maintenir un seul tarif, qui serait subventionné jusqu’à un certain volume, correspondant à une consommation énergétique minimale pour limiter les situations de précarité. Au-delà, le tarif serait fixé librement par les producteurs. A cela s’ajouterait un malus, payable par tous, en cas de consommation trop élevée aux heures de pointes (à ces heures, le coût marginal est plus élevé et les centrales les plus émettrices de CO2 sont mises en fonctionnement). Cette solution reviendrait à instaurer un service universel d’énergie minimal représentant un droit à l’énergie pour tous les citoyens. »

L’intérêt ici, quelle que soit l’option retenue, est que « les ménages les plus aisés et les plus consommateurs seraient ainsi incités à réduire leur consommation ou à engager des travaux d’économie d’énergie ».

Soyons donc lucide et admettons que « nous ne pouvons plus permettre que les plus aisés » des ménages français « bénéficient d’une énergie à des tarifs aussi avantageux ». Comme le soulignent Stéphane Cossé, Christophe Droguère et Yann Wehrling, il est temps d’envisager une réforme des tarifs de l’énergie basé sur « système juste et redistributif, incitatif pour les économies d’énergie, et encourageant les investissements au meilleur coût dans les moyens de production ».