Nord-Pas-de-Calais : une PME innovante soutenue par les Fondations Edmond de Rothschild

Gecco

C’est dans le Nord de la France que Julien Pilette a eu l’idée de créer son usine de recyclage d’huile de friture usagée. Son entreprise, Gecco, une PME basée à Seclin, mérite qu’on s’y attarde une seconde tant elle joue un rôle important dans la transition économique et environnementale que connaît notre société. Une entreprise innovante, actrice de l’économie circulaire, qui a réussi à obtenir le soutien des Fondations Edmond de Rothschild à travers le programme Scale up.

Comme de nombreuses personnes, l’entrepreneur a constaté que les huiles végétales pourraient permettre de limiter le recours au pétrole qui alimente les véhicules en carburant. Mais Julien Pilette s’est démarqué en passant du constat aux actes lorsqu’il a créé son entreprise en 2007.

Son projet s’accorde avec des valeurs humanistes, avec celles de l’économie sociale et solidaire notamment, car il permet des emplois d’insertion mais aussi parce que plus de « 1500 restaurants sont aujourd’hui collectés par les camions partenaires du transporteur social Main Forte, les huiles de palme, de tournesol ou le gras de bœuf étant récupérés gratuitement ».

Gecco est une très petite entreprise qui compte 7 salariés. Son chiffre d’affaire s’élève à 300 000 euros. Les prévisions sont bonnes : « à cinq ans, l’effectif devrait tripler, comme le volume de collecte ». Une levée de fonds de 600 000 euros a été amorcée en janvier « pour construire une unité pilote de valorisation énergétique avec une collectivité partenaire qui reste à trouver, si possible, bien sûr, dans la région ». Dans cinq ans, le chiffre d’affaires de Gecco devrait être multiplié par cinq.

Prometteuse, cette entreprise a reçu le soutien des Fondations Edmond de Rothschild via le programme Scale Up. Scale Up est « le premier programme dédié au changement d’échelle des entreprises sociales. Il est développé par l’incubateur Antropia de l’école de commerce ESSEC en partenariat avec les Fondations Edmond de Rothschild qui sélectionnent et accompagnent pendant un an des entreprises sociales ayant déjà prouvé leur viabilité économique, leur impact social, et qui souhaitent changer d’échelle ». A la mi-janvier, Ariane de Rothschild était présente à Seclin pour soutenir la PME.

Cette rencontre témoigne du rapprochement entre les entreprises sociales du secteur privé et le monde de la finance classique. Les Fondations Edmond de Rothschild, en catalysant le développement des entreprises lauréates telles que Gecco, donnent à voir la pertinence de l’entrepreneuriat social comme « solution efficace aux problématiques d’intérêt collectif, à grande échelle, sur les plans économique, social et environnemental ».

Sources : lavoixdunord.fr, edrfoundations.org, entrepreneuriat-social.essec.edu

Cameroun : du biocarburant à partir du lisier

Les éleveurs ruraux au Cameroun sont en passe de devenir un exemple à suivre en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. En effet, afin de pallier la pénurie d’électricité sévissant dans le pays, un programme gouvernemental a été mis en place afin d’aider les fermiers à transformer le fumier de leurs animaux en biocarburants. Cette initiative permet non seulement d’apporter aux professionnels une source de revenus supplémentaires, mais aussi d’apprendre à mieux appréhender les problématiques liées à l’environnement et au changement climatique.

« Nous ne nous rendions pas compte de la destruction causée à l’environnement par le fumier en décomposition. Maintenant, nous avons appris qu’il rejette des tonnes de méthane, qui est un gaz très dangereux », déclare Juliana Mengue, une fermière veuve de 46 ans vivant au Nord-ouest du Cameroun.

Il est aujourd’hui prouvé scientifiquement que le méthane provenant du fumier a un impact non négligeable sur le changement climatique. Les efforts pour infléchir son émission à travers le monde se concentrent principalement sur la transformation de ce gaz en biocarburant et sur le changement du régime alimentaire des animaux élevés afin qu’ils en produisent moins.

Jean Kuete, le ministre camerounais de l’agriculture, a déclaré que les efforts sur le biocarburant constituent une des composantes d’un ensemble d’initiatives gouvernementales concentrées sur l’amélioration des conditions de vie des fermiers et leurs communautés.

« La technologie de production d’énergie à base de biocarburant est assez peu coûteuse  et permet ainsi aux éleveurs de l’utiliser sans une assistance financière importante ».

Selon de nombreux éleveurs, ces nouvelles technologies ont apporté des changements significatifs à leurs conditions de vie ainsi qu’à celles de leurs communautés. Afin d’installer un digesteur de fumier dans sa ferme, l’éleveur doit s’acquitter de la somme de 15 000 francs CFA, soit un quart de son prix, le reste étant pris en charge par le ministère de l’Agriculture et le groupe Heifer International qui s’est associé au projet.

Pour produire leur biocarburant, les fermiers collectent le lisier de leur bétail qui sera ensuite mélangé avec de l’eau. Cette mixture est laissée en décomposition  et le méthane s’y échappant est alors stocké dans le digesteur qui a une capacité de 18 mètres cube. A la fin du processus de décomposition, le fumier est enlevé, séché, puis transporté dans les champs locaux pour être utilisé comme fertilisant.

Micheal Mbu, un autre pionnier de la biogestion qui élève des porcs, des chèvres et des vaches, affirme que la simplicité du procédé est à la portée de n’importe quel fermier et peut lui assurer une véritable source de revenus complémentaires.

« J’ai connecté le méthane à dix cuiseuses avec deux pompes qui assurent une fourniture constante en essence. Avec ça, j’ai de l’énergie pour faire de la farine à pain et à pâtisserie. J’ai monté ma petite affaire qui emploi aujourd’hui cinq personnes ».

Eugène Ejolle Ehabe, membre du gouvernement en charge de la recherche et du développement pour l’agriculture, a déclaré dans un entretien que la production de biocarburant à partir de fumier et autres déchets pourrait, en étant appliquée à l’échelle nationale, endiguer les énormes pertes en bois et ainsi améliorer significativement le développement.

Il a noté que seulement un cinquième des ménages ruraux avait accès à l’électricité et seulement 40% des ménages urbains. Chaque année au Cameroun, des milliers d’arbres sont coupés, le bois restant la principale source d’énergie dans les milieux ruraux.

« La production de biocarburant pourrait réduire les émissions de gaz à effet de serre, la déforestation et ainsi aider à préserver les forêts et la fertilité des sols » a-t-il déclaré.

Sources :  trust.org   bonaberi

Pologne : bataille pour la biomasse

biomasse ile-de-france.gouv.fr

En Pologne, une bataille est lancée pour soutenir la biomasse. Face à un projet de loi réduisant le soutien public aux énergies vertes, CDF Suez menace de demander des compensations au gouvernement en cas d’application.

La biomasse

Dans le domaine énergétique, et plus particulièrement des bioénergies, le terme de biomasse désigne l’ensemble des matières organiques d’origine végétale, animale ou fongique qui peuvent devenir des sources d’énergie par combustion. Il peut donc s’agir, par exemple, de « bois énergie », de « méthanisation (biogaz) » ou après de nouvelles transformations chimiques comme les agrocarburants.

La Pologne VS GDF Suez

En Pologne, le gouvernement envisage de réduire les subventions pour la biomasse alors qu’il s’agit de la principale source d’énergie renouvelable du pays. Cette idée intervient aussi alors que le groupe français est en train de construire une centrale intégralement alimentée par ce mode, combinant bois énergie et combustion de résidus agricole.

Grzegorz Gorski, directeur général de la filiale polonaise de GDF, déplore que « les nouvelles règles proposées pour la biomasse, qui sont essentielles pour nous, sont revues en nette baisse par rapport à la législation sur l’énergie actuellement en application ». Il affirme que si la nouvelle loi est adoptée « nous demanderons un arbitrage et réclamerons à l’Etat plusieurs millions de zlotys ».

La Pologne privilégie le solaire et l’éolien offshore

Le développement des énergies renouvelables est un enjeu majeur pour la Pologne, qui tire toujours 90% de son énergie du charbon. Elle est contrainte par l’Union européenne de réduire ses émissions de gaz carbonique et de parvenir à 15% d’énergie d’origine renouvelable dans son mix énergétique.

C’est dans ce contexte que le ministère de l’Energie a proposé en juillet un projet de loi qui réduit le soutien public aux énergies renouvelables, en favorisant l’énergie solaire et l’éolien offshore au détriment de la biomasse et de l’éolien terrestre. Ce projet loi, loin de faire l’unanimité, a notamment été critiqué par le ministère du Trésor, par le lobby de l’éolien et par la compagnie d’électricité PGE. A suivre.

Fr.reuters.com

Un biocarburant à base de… graisse de poisson !

Photo: wikimedia.org

Conséquence de la hausse des prix des carburants à la pompe, le biocarburant à la cote auprès des consommateurs ! Après avoir testé les essences alternatives à base de betteraves ou de colza – aujourd’hui très mal accueillies, puisqu’elles sont dangereuses à la fois pour l’environnement et les populations – la graisse de canard ou encore l’huile de friture, un nouveau biocarburant à base de graisse de poisson fait son entrée sur le marché !

Lutte contre les émissions de gaz à effets de serre

Le groupe pétrolier national finlandais Nestlé Oil semble avoir trouvé la matière première idéale pour fabriquer un biocarburant totalement respectueux de l’environnement : le poisson panga, poisson d’élevage vivant principalement dans les eaux vietnamiennes et thaïlandaises, dont l’empreinte écologique s’avère être, selon les experts, une des meilleurs. Son introduction dans les années 2000 sur le marché européen a remporté un franc succès, notamment grâce à son prix compétitif et sa chair blanche dépourvue d’arrête (les plus pointilleux seront ravis de le déguster !). Il a notamment détrôné la part de marché de la perche du Nil, dont la réputation a été fortement mise à mal après la diffusion du documentaire polémique, Le cauchemar de Darwin en 2005.

En misant de plus en plus sur le biodiesel, Nestlé Oil annonce que l’utilisation des viscères du panga après transformation en huile, garantirait « une réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 84 % par rapport aux combustibles ordinaires, ce en prenant en compte l’ensemble du cycle de vie » du poisson, de sa transformation à son utilisation ! Ce résultat spectaculaire résultant, selon les experts, du « parfait bilan écologique » qu’il présente.  Matti Lehmus, vice-président en charge des Énergies renouvelables chez Nestlé Oil est très optimiste face à ce bilan plus qu’encourageant et déclare que « cela a du sens au niveau environnemental d’utiliser les sous-produits de diverses industries pour remplacer le pétrole par des produits propres et de qualité ».

Après le développement de son biodiesel NExBTL, obtenu à partir d’huile de palme de Malaisie, qui « a l’avantage de pouvoir être raffiné à partir de divers produits », Nestlé Oil compte sur les capacités de l’huile du poisson panga pour faire chuter considérablement les émissions de gaz à effets de serre et participer activement à l’amélioration du bilan environnemental mondial.

Source : TheGreenWeb.com