Le tourisme, la pollution et l’écotourisme

Les impacts négatifs de l’industrie du tourisme se manifestent quand le niveau de l’impact environnemental des touristes est supérieur à la capacité de l’environnement à s’y adapter. Le tourisme de masse incontrôlé représente une vraie menace pour les différentes zones naturelles du monde qui se retrouvent en surexploitation et souffrent de pollution.  La pollution issue du tourisme met une énorme pression sur les zones touchées avec des dégradations environnementales telles que l’érosion des terres, les rejets d’eaux usées dans les mers et les rivières, la destruction des habitats naturels des animaux, la pollution par une gestion négligée des déchets et la pollution de l’air. Avec une montée de la sensibilité des populations aux enjeux environnementaux, l’écotourisme devrait se trouver une place de choix dans les années à venir.

Les Maldives : île paradisiaque et calamité environnementale

Elle s’appelle l’île Thilafushi. Elle est seulement l’un des nombreux exemples de l’impact du tourisme sur l’environnement. Elle est située à l’ouest de Malé, la capitale des Maldives  à seulement une demi-heure en bateau. Il y a encore quelques années, cette île était aussi belle que les autres îles formant l’archipel des Maldives, une destination haut de gamme et fortement prisée par les touristes. Aujourd’hui, elle est une immense poubelle fumante à ciel ouvert où s’amassent des tonnes de déchets issus du tourisme mais aussi de toutes les îles avoisinantes.

Tourisme et Pollution – Thilafushi Island

Les déchets qui augmentent depuis 1993 sont en permanence brulés par des hommes qui y travaillent dans des conditions déplorables et les fumées sont rejetées dans l’atmosphère sans aucun traitement. Les vagues sont aussi en contact avec les flancs pollués au plomb et au mercure de l’île. Cette pollution peut très facilement impacter la chaine alimentaire des habitants qui subsistent grâce à la pêche. Le gouvernement des Maldives a effectué une étude qui démontre que  chaque touriste génère plus de 5 kg de déchet quotidiennement, contre 2 kg pour les habitants de Malé. Le million de touristes annuels représente trois fois le nombre de résidents de l’archipel. Après calcul, l’industrie du tourisme en est effectivement pour quelque chose dans la catastrophique évolution de l’environnement insulaire.

L’écotourisme, le tourisme durable et responsable

Il ne faut pas confondre l’écotourisme avec d’autres pratiques de tourisme responsable et citoyennes qui ne sont pas moins importantes. L’écotourisme est le tourisme qui limite au maximum l’impact sur l’environnement des visiteurs. Le tourisme éco-responsable met les visiteurs à contribution. Le tourisme doit être bien encadré. Le danger que représentent des visites touristiques en Arctique ou en Antarctique par exemple doit être évalué pour les touristes et pour les animaux dont l’ours polaire qui est en voie d’extinction. Selon Mikhaïl Babenko, qui travaille pour le WWF Global Arctic programme, le bruit des moteurs de bateaux et des sources humaines ont une influence négative sur la vie marine.

De Sotchi à Rio, 2014 connaitra un flux migratoire significatif en termes de tourisme sportif. L’accueil des compétitions sportives est une lourde responsabilité pour les pays concernés car ils se retrouvent à gérer une masse humaine qu’il est statistiquement impossible à estimer avec précision. Le comportement des visiteurs est aussi variable car ils se retrouvent dans un environnement différent.  Les débordements plus que probables peuvent lourdement impacter l’environnement. La préparation de ces jeux a aussi un impact sur l’environnement qu’il faut mesurer et limiter au maximum.

L’éco-tourisme est un modèle alternatif du tourisme traditionnel qui consiste à donner une expérience plus « verte ». Le tourisme  responsable inclut des actions de sensibilisation des visiteurs aux enjeux pour la protection de la faune, de la flore et de la population locale d’un pays ou d’une région. Cette évolution du tourisme cache un potentiel significatif et divers pays commencent à se positionner en matière d’écotourisme et de tourisme responsable. Par exemple au Bhoutan, le gouvernement a décidé de prioriser le respect de la nature et des traditions comme un dogme national. Le Bhoutan se positionne sur l’écotourisme de luxe. Et pour cause, chaque touriste reverse quotidiennement 250 $ de taxe qui sert à la préservation du pays, enclavé entre l’Inde et la Chine, à l’est de l’Himalaya. En France, les projets éco touristiques  se développent davantage à un niveau local que national.  La Loire-Atlantique soutient notamment des projets innovants tels qu’ un téléski nautique qui fonctionne à l’électricité, mise en valeur des loups par le parc animalier du sentier des daims, à Frossay, des chambres d’hôtes intégrées à la nature entre autres.

En 2013, selon les statistiques de l’administration chinoise du Tourisme (CNTA), les chiffres du tourisme en Chine étaient en net recul avec une chute de 10%. Tout comme le tourisme affecte l’environnement, la pollution fait aussi effet boomerang sur l’industrie du tourisme qui doit trouver le juste milieu afin de limiter son impact environnemental.

Deux ans après Fukushima : une gestion désastreuse de la centrale accidentée

blues-tea-cha.blogspot.com

Ces derniers mois ont été marqués par une information négative, en continue, liée à Tepco (Tokyo Electric Power Company), l’exploitant gérant la centrale accidentée de Fukushima.

Dès lors une question s’est posée  de savoir si l’exploitant était bel et bien à la hauteur de la tâche qui lui incombait de démanteler au mieux la centrale accidentée, de décontaminer les eaux contaminées, de faire face et d’agir en conséquence aux fuites de ces eaux de plus en plus nombreuses.

On ne peut s’empêcher de soulever qu’en vue de tous ces récents évènements, dont on fera part par la suite, le gestionnaire semble être soit dépassé par l’ampleur du travail, soit incompétent au regard des résultats attendus suite à une telle catastrophe.

Car les enjeux et les conséquences de la catastrophe sont nombreux et lourds : selon actualites-news-environnement.com, « le défi de Tepco consiste à déterminer quoi faire de l’eau contaminée qui s’accumule à la centrale à un rythme de 400 tonnes par jour –soit suffisamment pour remplir une piscine olympique en une semaine » et « le plan compliqué de nettoyage de la centrale de Fukushima pourrait prendre 30 ans voire plus ».

Et depuis la catastrophe, les conséquences ne manquent pas, comme les relaient de nombreuses sources, comme celles selon lesquelles le gestionnaire croulerait depuis deux ans sous les procès, lesquels se comptent par centaines, comme celles des demandes d’indemnisation des victimes de l’accident, lesquelles s’accroissent avec le temps et se compteraient même en dizaines de milliards d’euros.

A propos de l’accident

En chiffres, il est intéressant d’évoquer que jusqu’à présent, « 30 milliards d’euros ont été payés par l’Etat japonais pour aider Tepco » face à cette situation et que « 17 réacteurs du groupe Tepco sont à l’arrêt depuis l’accident survenu le 11 mars 2011 ».

Radioactivité et pollution nucléaire

Deux ans après la catastrophe, les fuites d’eau radioactives vers l’océan, provenant du refroidissement des réacteurs ravagés, semblent se poursuivre. Des fuites similaires avaient déjà été détectées en 2012, et en avril dernier principalement, celles-ci avaient été nombreuses, poussant le gestionnaire Tepco à reconnaître que ces fuites étaient « graves » et à admettre être incapable d’en « expliquer la raison ».

De même, Tepco avait pêché en février, aux abords de la centrale, un poisson avec un taux de radioactivité de 740 000 becquerels de césium par kilogramme, soit 7 400 fois plus que la norme fixée par les autorités japonaises pour interdire tout aliment à la consommation. Le gestionnaire avait alors listé un grand nombre d’autres poissons contaminés, saisis depuis déjà plusieurs mois…

En juin : nouvelle contamination radioactive des eaux

La compagnie avait fait état en début de semaine de juin de « l’écoulement de césium radioactif dans l’eau du sol en direction de la centrale, après avoir assuré que la contamination était négligeable et qu’il n’y avait pas de crainte pour l’environnement ».

Malgré la construction de la compagnie de réservoirs dans les sous-sols de la centrale pour stocker l’eau contaminée, dans laquelle toute l’eau est conservée actuellement, l’eau contaminée arrive toujours à s’infiltrer, prouvant ainsi que les réservoirs utilisés ne sont pas fiables à 100%. Et, soulignons-le, la gestion des liquides de refroidissement n’est qu’une infime partie du travail de démantèlement que doit entreprendre Tepco…

Le gouvernement avait alors ordonné à l’opérateur d’accroître ses capacités de stockage d’eau et de construire un mur de terre gelée autour des quatre réacteurs pour empêcher l’écoulement d’eau de s’infiltrer dans la centrale. Mais serait-ce suffisant ?

Fin mai, la compagnie avait alors nouvellement installé des citernes en acier pour les utiliser à la place des réservoirs. Mais déjà le 5 juin, Tecpo a annoncé qu’une nouvelle fuite d’eau contaminée d’environ un litre avait été détectée dans l’une des citernes.

Enfin, le 10 juin dernier, la compagnie a annoncé avoir terminé, la veille, d’extraire les 24.000 tonnes d’eau concernées pour être enfermées dans des citernes. Mais ces citernes d’accueil viennent de prouver qu’elles ne sont pas non plus fiables à 100%… Cercle vicieux ? Ce problème n’est vraisemblablement pas réglé.

En attendant, la compagnie a promis la construction accélérée de nouvelles cuves qui seront posées au sol. Seront-elles enfin fiables ?

En mai : Tepco envisageait de rejeter en mer l’eau stockée dans la centrale

L’opérateur japonais avait déjà fait parler de lui à la mi-mai en déclarant envisager de rejeter en mer l’eau stockée dans la centrale, expliquant ne « plus savoir quoi faire des dizaines de milliers de tonnes d’eau contaminée stockée dans les réservoirs de la centrale accidentée » et avait alors déclaré espérer pouvoir rejeter ces eaux dans l’Océan Pacifique, une décision à laquelle les pêcheurs japonais se sont évidemment farouchement opposés.

La compagnie avait alors affirmé que « l’eau rejetée ne contiendrait que très peu d’éléments radioactifs grâce au mélange avec de l’eau de pluie »… Ah bon ?

Mars-avril : pannes d’électricité et courts-circuits dus à la présence de rats

Une série d’incidents de ce genre et de pannes de courant avaient été signalés également en mars et avril. Ces incidents ont constitué un nouveau revers pour l’opérateur, lequel cherche toujours à rassurer l’opinion et les pouvoirs publics de sa capacité à gérer le problème de l’eau contaminée. L’incident le plus médiatisé étant celui d’un court-circuit décelé, dont la raison avait été donnée à la présence de cadavres de rats…

Quelles solutions peut-on envisager face à cette situation ?

On peut se demander si tous les problèmes imputés à la compagnie sont dues à un manque d’investissement du gouvernement japonais (ou mondial ?), bien que les responsables de la compagnie continuent à déclarer qu’ils n’ont pas besoin d’aide extérieure. La solution reposerait-elle sur un investissement plus important du gouvernement japonais ? La centrale a-t-elle besoin d’une aide mondiale pour pallier à tous ses problèmes rencontrés ou arriverait-elle à maîtriser seule la situation bien que cela ne semble pas être le cas?

En vue de la gravité de la situation, il n’est pas préjudiciable de penser que le problème ne concerne que le Japon et la société fautive : en négligeant le risque de tsunami ainsi que les préparatifs pour pallier à un grave accident, la société a mérité le grand nombre de procès et d’indemnisations qu’elle récolte. Néanmoins, c’est la population japonaise, les pêcheurs (lesquels n’ont toujours pas repris leur activité depuis l’accident) et certainement la population mondiale qui se trouvent concernés par ce risque majeur qu’est le déversement d’eau contaminée en mer.

En attendant il ne nous reste plus qu’à espérer, face à ces nombreuses lacunes, qu’un nouveau séisme ne survienne pas prochainement et que la présence de rats ne vienne pas gêner le travail déjà colossal et laborieux de la compagnie, ce qui aggraverait très nettement la situation. Espérons également que la centrale prenne en considération la demande de l’Agence internationale de l’énergie atomique quant à l’amélioration de la fiabilité de ses équipements et que la décision finale du gouvernement japonais ne soit pas, en ce mois de juin, d’accepter le rejet des eaux de la centrale dans l’Océan Pacifique.

Sources :

http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL5N0EH1MT20130605

http://www.actualites-news-environnement.com/30700-pecheurs-eau-radioactive-Fukushima.html

Pollution des fleuves : Asie, Europe, Afrique, Amérique latine

terresacree.org

La pollution des fleuves dans le monde est aujourd’hui grandissante et alarmante : des poissons sont intoxiqués aux PCB, une substance chimique très toxique, contenue notamment dans les peintures, le plastique, l’encre et des effets néfastes sont à noter pour les animaux en voie de disparition comme les dauphins.

Les raisons de cette pollution sont multiples. Elle peut être due aux engrais et pesticides issus de l’agriculture, à l’activité industrielle – le mercure et le cyanure, utilisés notamment pour l’extraction de l’or font encourir un grand risque aux fleuves – aux déchets domestiques jetés par les hommes ou aux substances organiques ou chimiques.

Fin mars, orange.fr a proposé un diaporama énumérant des fleuves les plus touchés par la pollution dans le monde. En France, on note que la Seine est le fleuve le plus pollué du pays alors que le Rhône de son côté, est « pollué pour des décennies ». Le Gange, situé en Inde, est également un des plus pollués du monde.

Indonésie : plus grande pollution fluviale au monde

Le fleuve Citarum, situé à l’ouest de l’Ile de Java, en Indonésie, est actuellement le fleuve le plus sale au monde : « des immenses monticules de déchets et de sacs plastiques jonchent les rives et selon les habitants, une odeur nauséabonde se dégage jour et nuit ». Pas étonnant, quand on sait que « les 1500 usines textiles de la région déversent quotidiennement près de 300 tonnes de déchets ».

Chine : le « fleuve Bleu » vire au rouge

ecologie.blog.lemonde.fr

En Chine, la pollution des rivières est devenue un véritable fléau en 2013. Novethic.fr, « le média expert du développement durable », notait fin avril que « la Chine a soif d’eau potable ».

Le gouvernement chinois dressait déjà l’année dernière un bilan effrayant de la situation : « 40% des rivières sont gravement polluées et 20% le sont à un niveau tel que leur eau a été jugée trop toxique pour permettre le moindre contact ».

En guise d’exemple, le 6 septembre dernier, le fleuve Yangsté, le troisième plus grand fleuve du monde et le plus grand de Chine, autrefois appelé « le fleuve Bleu », virait au rouge. Les autorités avaient alors déclaré ne pas en connaître la cause.

Emily Stanley, professeur à l’université du Wisconsin, avait expliqué que si « les cours d’eau qui étaient devenus rouges très rapidement par le passé l’avaient été parce que des personnes avaient jeté du colorant dedans », ce cas-là ressemblait « à un phénomène de pollution », « à quelque chose d’industriel d’une manière ou d’une autre ».

Actuellement, le fleuve serait dans un état très critique à cause de nombreux produits toxiques qui y sont déversés « menaçant la vie aquatique ainsi que les populations vivant de ses eaux », notamment à cause  du cadmium, métal hautement toxique.

Italie : plus de croisière à Rome

Pour la première fois depuis 10 ans, les organisateurs de « Bateaux de Rome », équivalents aux bateaux mouches parisiens, ont décidé d’arrêter leur activité à cause d’une pollution de plus en plus forte du fleuve, a annoncé l’AFP, le 13 mai.

Le tourisme fluvial étant très prisé à Rome, pour la compagnie, il s’agit d’un geste de protestation fort. A cause de la saleté, les balades des touristes seraient devenues à la fois dangereuses et peu attractives.

La situation est impressionnante, le Tibre étant le troisième fleuve italien avec une longueur de plus de 400 km, derrière le Pô et l’Adige.

Selon sciencesetavenir.nouvelobs.com, « les hautes murailles, blanches à l’origine, qui endiguent le fleuve, sont devenues grises. » Les rives et les quais sont parsemés de déchets. A cela s’ajoutent « des ponts envahis de clochards » et les pontons sont arrachés.

Mauro Pica Villa, responsable de la compagnie « Bateaux de Rome », a déclaré à l’AFP que « comme tous les ans, les touristes et les romains s’attendaient à ce que l’on mette les bateaux à l’eau à partir de Pâques. Mais on ne l’a pas fait pour une question de respect envers eux : on a honte de l’état d’abandon du Tibre ».

Pica Villa a expliqué que « la dernière fois que le fleuve avait été nettoyé, c’était en 2008 ». Selon lui, on peut le remarquer notamment à cause des « sacs de plastique et autres ordures visibles chaque fois que le fleuve sort de son lit », ce qui, selon lui, « arrive plusieurs fois par an ».

Il a pointé que « souvent, nous ne savons pas à qui nous adresser car la mairie n’est pas responsable et les institutions qui s’occupent de la navigation maritime au sens propre du terme ont d’autres priorités ». Il dénonce ainsi une loi de 1906 qui qualifie les eaux du Tibre de « maritimes » et non « communales », une raison qui expliquerait entre autres le non-nettoyage du fleuve.

Et pourtant, il est bon de noter que la navigation sur les eaux du Tibre était auparavant un réel succès avec une moyenne de 40 000 tickets vendus par an.

Pica Villa a déploré « c’est vraiment dommage ! Le tour que l’on offrait était merveilleux : on racontait l’histoire de Rome à travers celle de ses ponts ».

C’est également dommage pour l’environnement ajouterait-on, quand on sait la multiplication grandissante des fleuves et rivières pollués dans le monde. Cet exemple montre, une nouvelle fois, que les institutions délaissent peu à peu la prise en charge de l’environnement, sous prétexte d’une loi qui date de plus d’un siècle, sans prendre en compte l’état des eaux  qui s’est fortement dégradé ces vingt dernières années.

Niger : pollué par les teinturières

Récemment, arawanexpress.com, « l’info en continu sur le Mali & le Monde », a mis en  « Une » l’information selon laquelle « la pollution humaine menace le fleuve Niger », notamment en raison de teinturières situées aux alentours, qui déverseraient leurs déchets dans le fleuve. La rédactrice de l’article en question avance en effet que « des kilomètres de tissus teints à l’indigo avec des substances chimiques toxiques sont lavés tous les jours dans le fleuve ».

Amérique Latine : une piste avec la recherche moléculaire ?

En Amérique latine, la pollution au mercure empoisonne de nombreux fleuves. Ec.europa.eu informe que le projet Mercury, rassemblant des chercheurs argentins, brésiliens, péruviens, britanniques, suédois et espagnols « s’attaquent à ce problème » par la chimie par le biais de molécules.

Certains fleuves, rivières et océans sont-ils devenus des poubelles ? L’Homme n’a-t-il plus de place pour disposer ses déchets ? On le sait : l’Homme en est arrivé à saturer l’espace de déchets et  utilise actuellement les eaux comme déchetterie ; pendant ce temps, la nature disparaît de plus en plus et les animaux en voie de disparition paient les conséquences de l’Homme. Face à ces constats, il serait enfin temps pour l’Humanité de prendre conscience des préjudices qu’elle cause à la planète Terre.

Si les questions de la gestion des déchets chimiques et de la pollution aux métaux restent complexes, il ne semble pas compliqué d’ouvrir davantage de stations d’épurations pour régler la question des déchets ménagers. Cela ferait autant de déchets domestiques en moins dans les fleuves, à condition que l’Homme lui-même ne jette pas ses déchets n’importe où, mais ça, c’est une question d’éducation…

Sources : actu.orange.fr, awarenexpress.com, ec.europa.eu, europe1.fr

Greenpeace : La mode et la pollution en Chine

Après son étude intitulée « Les dessous toxiques de la mode » publiée en octobre 2012, Greenpeace a publié « Toxic threads : Putting Pollution on parade » en Novembre 2012, qui démontre que la mode aurait un impact nocif sur l’environnement.  

Dans ce contexte, Greenpeace a organisé à Pékin, un défilé pour sensibiliser les consommateurs des produits toxiques composant les vêtements, qui dégradent l’environnement dans leur phase de production  en Chine.

Cette nouvelle étude de Greenpeace dénonce le déversement de déchets chimiques dans les rivières, lacs et réservoirs dans deux zones industrielles dans la province de Zhejiang en Chine : Binhai et Linjiang qui rassemblent un nombre considérable d’usines de textile. Cette zone est une véritable machine de production et d’approvisionnement pour de nombreuses grandes marques de vêtements. Néanmoins, les analyses de Greenpeace ont démontré la présence de produits nocifs pour la faune et la flore aquatiques des rivières ainsi que le danger que représentent ces produits pour l’agriculture avoisinante et les « fashion victims ». L’étude établit un lien direct entre ces trouvailles et les déversements des usines dans la nature sans pouvoir distinctement identifier les coupables. Le « Made in china » serait-il également une machine polluante et potentiellement dangereuse pour les consommateurs ?

« Made in China » : Polluant et dangereux ?

Certains produits identifiés sont cancérigènes et peuvent provoquer des perturbations endocriniennes chez l’homme. Les grandes cheminées des 9000 usines du comté de Haoxing retiennent également l’attention de Greenpeace. En enclenchant cette campagne « Detox » qui vise le secteur de la mode, Greenpeace frappe fort en mettant directement en cause plusieurs grandes marques de vêtements internationales qui se fournissent en Chine. L’industrie ayant un rôle important dans l’industrialisation et le développement dans cette région de la chine, Greenpeace lance un appel aux marques de veiller aux normes environnementales et sanitaires dans leurs chaînes de production et exige davantage de transparence sur les lieux de fabrication des produits et leurs contenus chimiques.

Source : Greenpeace

Danger de mort pour le marsouin du Yangtsé

Photo: Wikimedia.org

La Chine a enregistré depuis le début de l’année  la mort de 16 marsouins d’eau douce ne vivant que dans le fleuve Yangtsé et dans deux lacs reliés à ce fleuve. Cette espèce de marsouin à la particularité d’être dépourvue d’aileron central… et d’être en voie d’extinction. La pollution de l’eau, la pêche intensive et l’augmentation du trafic fluvial sont les principales causes de la chute de la population des marsouins du Yangtsé, qui sont aujourd’hui en danger de mort.

Un constat alarmant

La population de marsouins est estimée à ce jour à environ 1000 individus, selon Zuo Zuoyan, expert à l’Académie des sciences de Chine, alors qu’elle était de 2700 en 1991.  Elle baisse en moyenne de 6,4% par an et a chuté de 80% en 30 ans. Menacé par la pollution industrielle, le cétacé d’eau douce est placé sur la liste rouge des animaux en voie de d’extinction de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), « ces morts récentes font monter le taux de mortalité du marsouin aptère à un niveau de 5 à 10 %, ce qui signifie que l’espèce sera éteinte dans quinze ans ». D’après Wang Ding, lui aussi chercheur à l’Académie des sciences de Chine, « les dix prochaines années seront une période critique pour la conservation de cette espèce ».

La plus proche espèce du marsouin du Yangtsé est jugée éteinte depuis plusieurs années. Une expédition scientifique, qui s’est tenue en 2006, a révélé que le dauphin de Chine, mammifère « qui existait depuis plus de 20 millions d’année », a définitivement disparu. Il a été victime d’une pollution dévastatrice de l’eau douce dans laquelle il vivait, de la pêche illégale et du trafic fluvial non réglementé.

Une atteinte à la biodiversité

Les marsouins sont très sensibles aux modifications de leur milieu, induites par le réchauffement climatique et la pollution industrielle. Le niveau de l’eau a baissé, la nourriture s’est raréfiée, par conséquent les animaux ont commencé à disparaître de certaines zones. Parmi les 16 individus retrouvés morts, 14 n’ont pas pu atteindre des eaux plus profondes et plus poissonneuses, moins atteintes par la pollution. Les 2 autres sont morts à cause de blessures perpétrées par les pêcheurs. La pêche intensive a développé depuis les années 90 une technique d’une rare violence : « les pêcheurs utilisent des décharges électriques qui tuent tout ce qui se trouve dans un rayon de 20 mètres ».

Les autorités scientifiques chinoises se posent également la question de savoir si la construction en masse de barrages hydrauliques sur le fleuve – on en dénombre 1300 – serait une cause supplémentaire de la disparition des marsouins. Les chercheurs de l’Académie des sciences de Chine ajoutent qu’une étude de 2008 « a fait état d’un nombre élevé de décès de marsouins à cause de leur exposition au mercure, aux insecticides et au PCB ».La biodiversité du fleuve Yangtsé et des lacs qui y sont reliés est fortement impactée par la pollution industrielle et une pratique de pêche radicale. Il est difficile de ne pas être touché par le sort subit par les marsouins d’eau douce. Cette inquiétude permettra-t-elle de les sauver ?

Source : Lemonde.fr

Défi écologique : la Méditerranée en bon état en 2020 ?

Un programme d’intervention a été lancé par l’Agence de l’Eau et la Direction Interrégionale de la mer Méditerranée (DIRM) pour la période 2013-2018, en faveur de la Méditerranée occidentale via un plan de 600 millions d’euros sur six ans. Six années consacrées à remettre la Grande Bleue en bon état et à sensibiliser le public face à ce défi écologique de grande ampleur.

Photo: fotopedia.com

A la conquête de la qualité écologique marine

Martin Guespereau, directeur de l’Agence de l’eau pour la région Rhône-Méditerranée et Corse souligne que ce programme tente de faire sortir des laboratoires de recherche – beaucoup trop éloignés du public – la qualité écologique « pour l’introduire dans les modes de gestion ». Il souligne qu’« on ne fait pas le bonheur de la Méditerranée sans les Méditerranéens ». Ce programme, dont le budget s’élève à 600 millions d’euros, démontre une réelle inquiétude et une prise de conscience des autorités face à la pollution que subit la mer Méditerranée. Il est « la cheville ouvrière d’un plan d’action mis en place avec la DIRM pour répondre à une directive cadre européenne de juin 2008, qui prévoit un retour au bon état écologique du milieu marin au plus tard en 2020 ». Afin de permettre que la préservation de la Méditerranée se déroule sur le long terme, Martin Guespereau indique que l’Agence de l’Eau compte injecter 100 millions d’euros par an.

Les deux organismes – Agence de l’eau et DIRM – ont d’abord du définir le niveau d’état de l’eau auquel le programme souhaite parvenir, notamment avec une évaluation de la qualité de l’eau, une analyse des chaînes alimentaires, la préservation des fonds et de l’habitat sous-marins, par rapport à un point zéro correspondant à la situation actuelle.

L’Agence de l’Eau souligne l’aspect positif de certains indicateurs définissant l’état réel de l’eau, comme l’amélioration des services émis par les stations d’épuration situées près ou sur le littoral (arrêt des rejets directement en mer notamment), « un recul de la pollution de l’eau par les phosphates et une recrudescence, semble-t-il, du thon rouge ». Malgré cela, l’Agence de l’Eau déplore le peu d’efforts mis en place en matière d’assainissement, les dégazages sauvages ou encore la présence de « nitrates » et/ou d’« espèces invasives (poissons, algues, crustacés, mollusques, etc.) — on en compte 31 sur les 328 recensées en Méditerranée — qui arrivent avec les eaux de ballast des navires ou lors du transfert de produits d’aquaculture ».

Dans les priorités du plan on trouve :

–          la préservation des petits fonds marins contenant les herbiers si riches en biodiversité, qui au-dessus de 20 mètres de profondeurs sont dévastés par le chalutage et les encrages ;

–          la réduction des « flux polluants, dont 80% sont d’origine terrestre, pointe Pierre-Yves Andrieu, directeur de la DIRM, et dont la stratégie de réduction absorbe 75% du budget du plan d’action » ;

–          la préservation de l’habitat marin, qui pâtit des terrains gagnés sur la mer par la bétonisation du littoral.

Toutefois, l’immersion, « à 30 mètres de profondeur au large des plages du Prado à Marseille » de 30 000 m3 de récif artificiel en été 2008,  « a engendré depuis une hausse de 30% de la biodiversité locale ».

Source : Romandie.com

Les crustacés d’eau douce, ces indicateurs de la qualité des eaux

Les crustacés d’eau douce sont menacés en France métropolitaine. C’est la conclusion d’un travail de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et du Muséum national d’Histoire naturelle. Or cela indique que la qualité des eaux n’est plus au rendez-vous…

Un état des lieux des crustacés d’eau douce a été dressé par l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle après trois ans de travail. Les 576 espèces résidant en France métropolitaine ont été étudiées et il s’avère que près de 28 % d’entre elles sont menacées.

Les écrevisses les plus fragiles

Les espèces les plus menacées sont les écrevisses : les aménagements des rivières dégradant leur environnement et la maladie mortelle, la peste des écrevisses, répandue par une écrevisse américaine introduite – qui en outre entre en compétition avec les espèces endémiques – impactent très fortement les populations d’écrevisses françaises.

En haut du triste podium, l’écrevisse à pattes blanches est ainsi classée comme espèce « vulnérable », l’écrevisse à pattes rouges « en danger » et l’écrevisse des torrents « en danger critique ». Les écrevisses sont très sensibles à la pollution chimique de l’eau et sont donc des indicateurs de la qualité de l’eau. Dans le Var par exemple, alors que le plan de lutte contre l’invasion du moustique-tigre bat son plein, l’utilisation de produits chimiques dans les plans d’eau afin de détruire des nymphes de moustiques est aussi source de mortalité pour le petit crustacé Chirocephalus spinicaudatus, classé « en danger critique » …

La solution en amont

La solution la plus évidente est de protéger les milieux de la pollution et des aménagements car la seule sensibilisation ne suffit pas. De telles actions seraient bénéfiques à toute biodiversité des milieux protégés : pensons à la zone interdite autour de la centrale de Tchernobyl, qui après 25 ans, est devenue, malgré la radioactivité,  florissante de biodiversité. Sans aller à une interdiction totale de l’activité humaine dans les zones concernées, de études d’impact poussées devraient être réalisées avant la réalisation de projets en abord des points d’eau, rivières ou fleuves, ou impactant la ressource hydrique.

Indispensables crustacés

Bien que les écrevisses soient les fers de lance de la communication de l’UICN, puisque ce sont de relativement grosses espèces, il faut considérer que la plupart des crustacés menacés sont microscopiques et méconnus du grand public. Ce qu’il faut retenir, c’est que ces animaux jouent le même rôle que les insectes sur terre : ils « contribuent à filtrer l’eau et à contrôler la prolifération des algues ». Ils constituent aussi les premiers maillons de la chaîne alimentaire et les faire disparaître serait synonyme de désastre écologique, peut-être même plus que celle des grands animaux qui touchent pourtant plus le public ; n’oublions pas que toutes les espèces ont leur place dans les écosystèmes, que nous devons préserver, car nous, l’espèce humaine, avons conscience de nos actions et portons donc la responsabilité de l’avenir de la biodiversité.

Source : revue de presse UICN.

Les déchets du tsunami gangrènent l’univers marin des Etats-Unis

Depuis quelques semaines sur les côtes américaines et canadiennes, les promeneurs découvrent chaque jour plus de déchets. Des dizaines de milliers d’entre eux les ont déjà atteintes gangrénant l’univers marin des Etats-Unis. Ces Déchets, d’origine japonaise, sont des résidus charriés par les vents et les courants marins suite au tsunami du 11 mars 2011 qui a déferlé sur le Japon et, qui menacent aujourd’hui la biodiversité.

Photo: paperblog.fr

Prolifération d’espèces invasives

Les autorités concernées savent qu’elles vont bientôt, et durant un temps illimité, faire face à une situation inédite. Elles doivent mettre en place des mesures en internes et sensibiliser le public, pour procéder à un immense nettoyage des côtes polluées, voire de la mer. Tâche qui sera, comme chacun sait, pénible et sans fin, les déchets du tsunami, enfermés dans la mer intérieure du Japon, convergeant irrémédiablement vers l’Amérique du Nord.

En plus de détériorer le milieu naturel, ces déchets sont également ingérés par les espèces marines locales (oiseaux, poissons…), créant ainsi un énorme fléau et entraînant la mort de nombreux poissons. Cette pollution a donc des conséquences sur l’écosystème marin mais aussi sur les hommes, ces déchets favorisant la prolifération de certaines espèces invasives d’algues, de crabes et d’organismes marins divers.

Quelles conséquences pour la biodiversité ?

Cette pollution due aux déchets du tsunami se révèle très complexe et son impact « inquantifiable ». Selon le professeur John Chapman, spécialiste des espèces invasives à l’Oregon State University Hatfield Marine Science Center, « c’est un peu comme des flèches tirées dans le noir. Certaines d’entre elles pourraient atteindre leur cible », d’autant que James Carlton, professeur des sciences de la mer, estime que « environ 500 plantes et animaux invasifs étrangers » auraient déjà investi les eaux territoriales américaines, menaçant quelques 400 espèces en voie de disparition. Autant dire un vrai cauchemar pour l’écosystème dans sa globalité et la biodiversité locale.

Les déchets créés par le tsunami ne sont pas seulement du bois, du plastique ou des matériaux de construction. On trouve également parmi eux des barils « renfermant des produits chimiques » toxiques à redouter, des impacts sanitaires étant alors envisageables, selon Andrew Cohen, Directeur du Centre de recherche sur les bio-invasions de Richmond en Californie.

Quel avenir pour la biodiversité ?

Face à cet afflux désastreux de déchets et avant de vivre une situation environnementale sans précédent, « le seul moyen de défense, c’est la détection », déclare la chercheuse au NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) Mandy Lindeberg. Une raison supplémentaire de s’inquiéter en Amérique du Nord, les prévisions des climatologues qui annoncent pour l’avenir « une intensification et une multiplication des phénomènes climatiques extrêmes ».

A quoi s’entendre donc pour les années à venir ? Ce scénario catastrophe « d’un monde aquatique gangréné par des espèces exotiques invasives n’en semble pas moins relativement crédible à long terme ». Quel avenir pour la biodiversité marine ?

Source : ZeGreenWeb.com

Des robots-poissons détecteurs de pollution dans les ports

Dans le port de Gijón, en Espagne, un robot autonome qui prend la forme d’un poisson en plastique jaune, un nouveau détecteur de pollution marine, est expérimenté par une équipe de chercheurs. Pour Luc Speller, scientifique et directeur du projet européen SHOAL, qui associe universités, entreprises et les ports de Gijón, institutions qui ont uni leurs savoir-faire afin que le concept devienne une réalité, « avec ces poissons, nous pouvons trouver exactement qu’elle est la cause de la pollution et y mettre un terme immédiatement ».

Photo : fmschmitt.com

Des plongeurs aux robots

Dans le port de Gijón, ce sont actuellement des plongeurs qui surveillent la qualité de l’eau. C’est un long processus coûtant plus de 100 000 euros, qui demande le prélèvement de centaines d’échantillons d’eau à plusieurs endroits du port ; échantillons qui sont ensuite envoyés à des laboratoires pour analyse, les résultats revenant des semaines plus tard. C’est pour éviter ces délais d’attente que le robot SHOAL est développé.

Encore à l’état de prototype, ce poisson robotisé et parfaitement autonome, surveille en permanence l’eau du port, permettant aux scientifiques de travailler sur des réponses immédiates aux causes des pollutions, tels « un bateau qui fuit ou un déversement industriel ». Ceci assure aux chercheurs la possibilité de travailler à atténuer les effets de ces pollutions.

Prototype et performance

D’une longueur d’1,5 mètre, le poisson SHOAL est, de forme et de taille, comparable à un thon, toutefois sa coque en plastique jaune permet de ne pas le confondre avec ses « congénères » vivants. Il dispose d’une large gamme de capteurs chimiques embarqués, détectant le plomb, le cuivre et d’autres polluants industriels, il est également capable de mesurer la salinité de l’eau. Le poisson-robot est doté d’une « queue à double charnière capable de faire des virages serrés, ce qui ne serrait pas possible avec une hélice ». L’équipe scientifique affirme qu’il n’impacte pas la vie marine grâce à sa faible puissance sonore, due à une batterie – et non un moteur – dotée d’une autonomie de huit heures. La recharge se fait encore manuellement, mais l’objectif est que le poisson puisse s’auto-réalimenter.

A l’image des bancs de poissons naturels, les poissons SHOAL travaillent en groupe et peuvent couvrir 1km² d’eau, jusqu’à une profondeur de 30 mètres. Grâce à des ondes sonores basses fréquences, ils peuvent communiquer entre eux et avec des stations de réception disposées à plusieurs endroits du port. Grâce à ce système de communication, les poissons peuvent « créer une carte détaillée de l’évolution de la concentration de polluants » qui les entoure, ceci aidant les autorités portuaires « à localiser la source exacte du polluant ». Toutefois les poissons robotisés présentent un défaut : par l’utilisation des ondes à faible fréquence – qui pénètrent mieux l’eau – et non les traditionnelles ondes radio, la portée de leurs messages est fortement réduite, ils ne peuvent transmettre que « des messages courts et prédéfinis ».

Une commercialisation possible

Grâce au projet SHOAL, l’équipe de scientifiques a permis de démontrer la fiabilité en termes et détection des polluants et de communication, de leur poisson robotisé. Ils envisagent désormais de le vendre à d’autres ports d’Europe et dans le reste du monde. Pour le moment, le coût des prototypes s’élève à £20 000, l’équipe espérant qu’une production de masse fixe les tarifs plus bas.

Quant à Luc Speller, il envisage de faire plus que surveiller les niveaux de pollutions dans les ports, mais espère vivement voir se développer des initiatives en faveur de la surveillance de la qualité des mers et des océans grâce à des programmes de recherches. Kristi Morgensen, roboticienne à l’Université de Washington observe que « les planeurs sous-marins ont fait leur preuve dans la surveillance des eaux ouvertes », leur agilité ne leur permettant pas de se déplacer dans l’espace confiné des ports, ces robots pourraient suivre l’exemple des poissons SHOAL et représentent la voie à suivre. Elle déclare que « l’utilisation des robots sous-marins agiles pour les systèmes de surveillance de l’eau sera une chose dont la plupart des ports ne pourront plus se passer dans un avenir proche ».

Source : Civilisation2.org

Méditerranée : quand le plastique tue la biodiversité marine

Deux récentes études scientifiques, menées par les chercheurs de l’Expédition MED (Méditerranée en Danger),  ont révélé la présence de 290 milliards de micro-fragments de plastiques dans les eaux méditerranéennes. Micro-plastiques ayant la fâcheuse faculté de fixer les polluants persistants et de les transmettre à la chaîne alimentaire via le phytoplancton, tuant, de ce fait, la biodiversité marine et affectant les consommateurs.

Photo: envi2bio.com

Une mer de plastiques

Dans le cadre de MED, les chercheurs ont mené deux campagnes scientifiques, en 2010 et 2011, afin de surveiller la qualité de l’eau et de la vie marine en Méditerranée. Les  quelque 290 millions de micro-plastiques flottant découverts dans la partie méditerranéenne nord-occidentale apparaissent comme une menace pour la chaîne alimentaire, les déchets polluants étant ingérés par les poissons. Les chercheurs ont décelé environ 115 000 éléments ou fragments de micro-déchets par km² dans cette même zone, avec un maximum atteignant 892 000 éléments, selon l’analyse pratiquée sur les prélèvements. L’équipe de scientifiques, issus d’une dizaine de laboratoires universitaires européens, comme l’Ifremer, l’Observatoire de Villefranche-sur-Mer, et le CNRS, a publié ses résultats, en avril 2012, dans le périodique scientifique « Marine Pollution Bulletin ». Bruno Dumontet, responsable de l’expédition déclare que « les données confirment et valident les premières études liées à la campagne 2010 ».

Une véritable « soupe de plastique » composée de 60 à 80% de déchets véhiculant des espèces invasives, telles que des plantes exotiques mettant « en péril la biodiversité marine » – en plus des polluants persistants – à l’origine de la polymérisation de la mer Méditerranée, a été mise en lumière. Ces micro-plastiques de 0,3 à 5 mm de grandeur, de diverses compositions, tels que les filaments, le polystyrène, les films minces en plastique, issus de la fragmentation des emballages et de résidus industriels, comme des billes de polystyrène, peuplent cette faune très particulière. Roland Courteau, Sénateur de l’Aude, alarmé par la pollution en Méditerranée, pointe du doigt « la biodégradabilité des sacs plastiques » estimée à seulement 30% et propose dans un rapport gouvernemental 10 pistes pour sortir de cette situation d’ici 2030. A l’heure où le 7ème continent s’étend de plus en plus dans le Pacifique, les expéditions MED permettent de connaître les impacts des micro-plastiques  sur la biodiversité marine.

Dangereux impacts sur la chaîne alimentaire

L’expédition MED, menée d’août à septembre 2011, exploite des techniques poussées d’observation et de collecte du milieu marin. Pour affiner les relevés des outils de mesure traditionnels des courants, dans lesquels vivent les planctons, les scientifiques ont utilisé deux flotteurs équipés de balises Argos. En complément, 240 prélèvement du milieu ont été effectués, certains jusqu’à 100 mètres de fond, dont 80 étaient composés de micros plastiques, et 160 de myctophidés, ces petits poissons situés à la base de la chaîne alimentaire aquatique, qui se nourrissent exclusivement de zooplanctons.

Les analyses pratiquées sur les myctophidés ont révélé la présence de micro-débris de plastique dans l’estomac de ces derniers. Le point noir que soulèvent ici les scientifiques du MED est que les myctophidés sont la source principale de nourriture des poissons pélagiques, comme le thon, l’espadon ou encore l’anchois, que nous avons l’habitude de consommer. Pour le directeur de l’expédition, les impacts sur les organismes marins sont énormes, et les risques sanitaires réels. Il signale qu’ « un million d’oiseaux de mer et 100 000 mammifères marins “meurent de nos déchets chaque année“ ». Les risques pour l’humain sont également bien réels, puisque les micro-plastiques que nous ingérons peuvent être de type POP (polluants organiques persistants) et les polluants chimiques de type polyéthylène, polypropylène et polyphénols, qui affectent les organismes.

La « nécessité » de poursuivre les recherches

Suite aux résultats alarmants qu’ils ont obtenus, les scientifiques de l’expédition ont décidé « d’interpeller l’Union Européenne et ont lancé une pétition européenne visant à recueillir plus d’un million de signatures dans le cadre des initiatives citoyennes prévues par le Traité de Lisbonne ». Ils espèrent ainsi que la Commission européenne règlementera plus sévèrement « l’éco-conception des produits et de leurs emballages ».

Afin de prendre toute la mesure des dangers que recèle cette pollution et pour trouver des solutions pour limiter « cette catastrophe écologique en Méditerranée », les expéditions vont être poursuivies entre 2012 et 2014 dans l’ensemble du bassin méditerranéen, allant des côtes maghrébines, à la Lybie, en passant par les îles grecques. Les scientifiques insistent sur la « nécessité » de faire des études complémentaires pour évaluer les mécanismes de transfert des composés chimiques de plastiques aux zooplanctons, et mesurer l’impact des micro-plastiques sur l’environnement.

Source : Actu-Environnement.com

 

Nigéria : Shell appelé à verser 1 milliard de dollars par Amnesty International pour le delta du Niger

Photo de Jean Farr (Flickr) rnw.nl

Amnesty International, dans un nouveau rapport publié il y a une semaine (à lire ici), et à travers une vidéo disponible ici, peu relayés par les médias francophones, demande à Shell de s’engager à verser 1 milliard de dollars afin d’amorcer le nettoyage du Delta du Niger, « victime de deux fuites de pétrole dévastatrices en 2008 ». En août dernier, Shell avait reconnu sa responsabilité dans ces déversements de pétrole ayant fortement impacté les pêcheurs de Bodo, dans l’Ogoniland.

Alors que la communauté Bodo, qui compterait près de 69 000 membres, a lancé une procédure devant les tribunaux britanniques, Amnesty International et le Centre pour l’Environnement, les droits de l’Homme et le développement (CEHRD) appellent Shell à verser immédiatement l’argent en vue de réparer les dommages causés par l’oléoduc Trans-Niger.

Aster van Kregten, chercheuse d’Amnesty pour le Nigéria, affirme qu’ « il est temps que cette société qui vaut plusieurs milliards de dollars assume sa responsabilité, nettoie et passe à la caisse » ; « l’incapacité de Shell à stopper rapidement et à nettoyer les déversements de pétrole de Bodo a ruiné la vie de dizaines de milliers de personnes ».

Patrick Naagbanton, du CEHRD, explique qu’en raison de « l’impuissance des agences nigérianes », le rapport réclame la création d’un « organisme de contrôle indépendant et doté de ressources suffisantes ».

Shell indique dans un communiqué être « déjà en train d’appliquer beaucoup des recommandations du rapport », notamment par le versement de « dédommagements adéquats dont le montant est actuellement l’objet de procédures légales au Royaume-Uni ». L’entreprise argue que des actes de « sabotages et de vol de pétrole », par des siphonages sur l’oléoduc, pratique qui avait notamment été à l’origine d’un véritable charnier au Kenya à la mi-septembre, retardent le nettoyage de la région. Amnesty conteste cette « excuse » qu’elle estime non recevable.

L’Ogoniland est tellement pollué depuis des années que les Nations Unies se sont saisies de la problématique, en recommandant la « mise en place d’un fonds de restauration de l’environnement doté de 1 milliard de dollars, avec un financement additionnel ultérieur ».

Entreprises, institutions locales, ONG, Nations-Unies, institutions juridiques britanniques, des acteurs prennent donc position à différents niveaux…un « flou juridique » semble bien expliquer aussi la lenteur du processus de nettoyage de l’environnement ogoni.

Jacques Viers, responsable de la commission entreprise à Amnesty International France, plaide pour « une réglementation internationale obligeant les compagnies pétrolières à respecter les droits humains, partout où elles interviennent y compris à l’étranger ».

Sources : 20minutes.fr, Rfi.fr, Jeuneafrique.com

La Suisse n’atteindra pas ses engagements pris dans le cadre du protocole de Kyoto

source : fotosearch.fr

Alors que le Conseil fédéral suisse élabore actuellement une stratégie pour la préservation de la biodiversité, qui sera soumise au Parlement au début de l’année 2012, un rapport vient d’être publié sur l’état de l’environnement dans le pays. Il s’agit d’un rapport bisannuel réalisé conjointement par l’Office fédéral de l’environnement et l’Office fédéral de la statistique. Et celui-ci se révèle quelque peu alarmant.

Il souligne en effet que la Suisse n’a pas atteint ses objectifs en matière de changement climatique et de conservation de la biodiversité. Son engagement de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 8% entre 2008 et 2012, pris dans le cadre du protocole de Kyoto, ne pourra ainsi pas être rempli. Dans le même temps, l’extension des zones d’habitation et des surfaces d’infrastructures, comme l’agriculture intensive, ont fortement contribué à la disparition d’espèces animales et végétales, en favorisant le recul de leurs habitats. A ce jour, 13.500 espèces parmi celles qui composent la faune et la flore helvétique s’avèrent menacées par ces facteurs.

Mais ce rapport est aussi nuancé. Il souligne par exemple les progrès réalisés dans l’amélioration de la qualité de l’eau et de l’air. Ceux-ci se manifestent par un recul de la pollution aux métaux lourds, aux dioxines, aux biphényles polychlorés (PCB) et aux polluants organiques persistants (POP) notamment.

Enfin, il met en évidence l’impact de la consommation intérieure du pays, alimenté à 70% par des importations, sur l’environnement à l’étranger, relevant d’ailleurs que cette tendance à l’import est à la hausse.

Sources : Romandie.com, documentation de l’Office fédéral de l’environnement.