Entreprendre l’écologie : où est passée l’Azerbaïdjan ?

Bien connue pour son indépendance énergétique rendue possible grâce à l’exploration et l’exploitation de ses champs pétrolifères situés au large de la capitale Bakou, l’Azerbaïdjan semble vouloir poursuivre son développement vers une économie plus verte. Ce pays sud-caucasien, qui s’est d’abord concentré sur son développement économique après son indépendance en 1991, s’attaque depuis les années 2000 aux questions environnementales qui le concernent. Néanmoins cet élan écologique national connaît un ralentissement depuis deux ans alors que l’Etat azérie continue de soutenir des projets environnementaux sur l’ensemble de son territoire.

L’écologie pas une nouveauté politique

Les autorités azéries ont lancé un programme environnemental en 2003 visant à promouvoir le développement durable socio-économique du pays et la restauration et l’expansion de ses forêts. Ce programme a ensuite été suivi par l’adoption de trois programmes d’Etat sur l’environnement. Il faut noter qu’il existe peu de pays ayant fait partie de l’Union Soviétique qui manifestent une volonté politique orientée vers la protection et/ou la dépollution de l’environnement. Mais la principale décision en matière d’environnement de l’Azerbaïdjan s’est opérée en 2006 lorsque le gouvernement a décidé de mettre en place un « plan pour l’amélioration de la situation écologique ». Qui dernier s’est étalé de 2006 à 2010.

L’aboutissement de toutes ces mesures a été récompensé en 2012 par l’obtention de l’Azerbaïdjan de la 2ème position des pays présentant les meilleurs indicateurs d’éco-développement, d’après le classement de l’indice de performance environnementale (IPE) de l’Université de Yale. Ce classement prend en compte 132 entités souveraines et met en avant la santé et l’état de l’écosystème, ainsi que les efforts et progrès qui sont réalisés par les pays dans le domaine du développement durable. Malgré cette publicité méritée, l’engouement et la volonté politique du pays pour lutter contre la pollution semble s’être enrayée.

Relancer la machine écologique azérie

Après une période très engagée dans la lutte contre la dégradation de ces espaces naturels l’Azerbaïdjan donne moins de signe clair en faveur de la transition écologique. Pourtant, ce pays est très attaché à la diversité naturelle qui le compose. Il possède plus de 120 zones protégées. Autre signal préoccupant, le pays ne milite pas en faveur d’une transition énergétique nationale ni pour la lutte mondiale contre le réchauffement climatique. Pourtant, le pays est pionnier en matière de lutte contre la pollution, cette dernière ayant frappé de plein fouet la biodiversité azérie sous l’ère soviétique.

Ce pays pourrait-il devenir un modèle pour les pays en développement qui souhaitent s’engager sur le chemin d’une transition vers une économie verte ? Rien n’est moins sûr. Cependant, l’Azerbaïdjan souhaite tendre vers une utilisation rationnelle de ses ressources naturelles. L’Etat aspire également à s’attaquer au problème de dégradation des sols, à la baisse de ses réserves forestières et à la réglementation jugée inadéquate de l’industrie et du logement. Les enjeux pour se pays sont également sanitaires compte tenu de pollution des sols et du déclin inquiétant des réserves de poissons que le ministère de l’écologie et des ressources naturelles tente de juguler. Il n’apparaît pas totalement déraisonnable de penser que le pays pourrait profiter de l’élan politique et social créé par la conférence internationale sur le climat de Lima, qui vient juste de s’achever, pour proposer des mesures écologiques plus ambitieuses.

Les technologies mobiles au service de la nature

Ces nouvelles technologies pourraient permettre de résoudre certains problèmes environnementaux  dont la traçabilité des bois précieux.

Dresser la carte numérique des territoires, de la faune et de la flore propre à chaque milieu, c’est aujourd’hui l’objectif que ce sont fixés des entreprises telles que la société britannique Hevelta. Cette dernière a mise en place un appareil, similaire à un GPS, devant permettre de combiner des informations sur le terrain, telles que la situation géographique d’un arbre à bois précieux.

Helveta, par ce dispositif, suit la trace de certaines matières premières, tels que le bois ou le café. Le cheminement est le suivant : des codes-barres et des puces à radio-identifications (RFID) sont implantés dans l’écorce d’arbres précieux, permettant de suivre le parcours du bois. Une fois les observations collectées, celles-ci sont mises en lien avec des informations obtenues par satellite, constituant une chaîne électroniquecomplète de surveillance.

Smartphones, futurs capteurs de pollution ?

En parallèle de ces outils spécialisés, les smartphones se lancent eux aussi sur le terrain de l’environnement. Le Projet Noah demande notamment aux utilisateurs de smartphones de répertorier la faune et la flore de leur région, avant de transmettre ces informations aux scientifiques. De même, le site communautaire Urban Edibles appelle ces mêmes utilisateurs à recenser les sources locales d’aliments sauvages.

Le site Ecologist, imagine à ce sujet des futurs smartphones qui pourraient se connecter à des capteurs de pollution portables, évaluant la qualité de l’air rue par rue. Enfin, la Fondation nationale pour la science aux Etats-Unis, va mettre en place un réseau national d’observation écologique, déployé dans 24 états et d’un coût de 434 millions de dollars, donnant les moyens aux scientifiques de recueillir des informations telles que la prolifération d’espèces invasives. Le projet devrait être opérationnel à compter de 2013 mais une surveillance accrue de l’environnement permettra surement  de mettre en place une cartographie extrêmement précise des systèmes naturels entiers.

Code forestier : Dilma Roussef met son veto

Nous apprenions il y a moins d’un mois, la proposition de mettre en place un nouveau code forestier, acceptée par la chambre des députés brésilienne, dont les dispositions les plus controversées portent « sur l’amnistie des auteurs de coupes forestières illégales et l’autorisation pour les fermiers de s’installer dans les zones défrichées avant juillet 2008 ». La présidente Dilma Rousseff a posé son veto, le vendredi 25 mai, à cette loi très controversée au Brésil.

Photo: grandcanyon.free.fr

Veto… mais pas trop

Une nouvelle vague de déforestation vient peut-être d’être évité au Brésil –  selon une étude de l’Université de Brasilia, ce projet, approuvé par le Congrès, « pouvait augmenter de 47% la déforestation dans le pays d’ici à 2020 » – grâce à la décision de la présidente Dilma Rousseff de mettre plusieurs veto au projet de révision du code forestier, en place depuis 1965. Un veto partiel donc, qui est accueilli avec scepticisme par les défenseurs de l’écologie et de l’environnement, comme Greenpeace ou WWF, qui demandaient à la présidente de refuser l’ensemble du texte. La responsable du WWF pour le Brésil, Maria Cecilia Wey de Brito, déclare à ce propos que « la société brésilienne et du monde entier voient un pays qui continue à jouer avec l’avenir de ses forêts », le Brésil se voulant pourtant exemplaire en matière de préservation de l’environnement.

A moins d’un mois du sommet sur le développement durable Rio+20, le nouveau code représente une véritable « épine dans le pied » du Brésil, pays hôte de ce sommet, qui réunira plus de 100 chefs d’Etat et de gouvernement. L’exemplarité que le pays veut afficher en matière de préservation et de déforestation est fortement mis à mal, malgré les 12 vetos de Dilma Rousseff et 31 modifications du texte de loi « qui entreront dès lundi en vigueur mais devront ensuite être approuvés par le Congrès, ce qui laisse présager une nouvelle passe d’armes parlementaire ».

Le texte modifié

Izabella Teixeira, ministre brésilienne de l’environnement, explique que le gouvernement avait refusé d’amnistier les compagnies à l’origine de déboisement illégal en masse dans le passé. Il voulait préserver les petits propriétaires, obliger les fermiers à reboiser et ne pas réduire les zones protégées en Amazonie, qui avec ses 5 millions de km², couvre 60% de la surface du Brésil. L’Amazonie, c’est-à-dire la plus grande forêt tropicale au monde, est considérée comme le « poumon vert » de la planète. La ministre ajoute que le veto de la présidente Dilma Rousseff montre que le Brésil « est un pays qui veut protéger l’environnement tout en continuant à produire des aliments ».

Après modifications, le texte conserve l’obligation « de maintenir intacts jusqu’à 80% des forêts dans les grandes propriétés en Amazonie et 35% dans les zones de savane ». Toutefois, il tolère plus de « flexibilité pour les petites propriétés qui représentent le quart des terres agricoles du pays », dont la majeure partie de la production est destinée à l’alimentation. Ici se trouve tout le paradoxe du pays : géant agricole qualifié de « ferme du monde », où les terres cultivées représentent une superficie supérieure à quatre France ; et aussi « pays qui a réduit la déforestation de 27.000 km² en 2004 à un peu plus de 6.000 km² en 2011 ».

Le ministre de l’Agriculture Jorge Alberto Mendes Ribeiro, affirme après le veto présidentiel, que le Brésil « continuera à être « un des pays qui produit et exporte le plus au monde » tout en préservant l’environnement », et que le code forestier « ne sera pas celui des écologistes ni des ruralistes (le lobby agricole), ce sera le code de ceux qui ont du bon sens ».

Alors, que penser vraiment de ce veto de Dilma Rousseff ? Bon ou mauvais présage ?

Source : GoodPlanet.info

Des hommes qui redonnent vie aux forêts!

Aussi incroyable que cela puisse paraître, deux hommes, le photographe Sebastiao Salgado et Jadav Payeng , sur deux continents différents, avec des moyens colossaux pour l’un et dérisoires pour l’autre, ont redonner vie à des forêts éteintes ou quasi inexistantes. Une façon pour eux de montrer au monde qu’il est possible de « reconstruire la nature, de redonner vie à tout ce que l’on a détruit ». Ces actions poussent à réfléchir à la préservation de l’environnement, mais la population mondiale est-elle toutefois prête à accepter les concessions que cela implique?

Photo: fotopedia.com
Après la surexploitation… la luxuriance

C’est au Brésil, dans l’État de Minas Gerai, que le photographe Sebastiao Salgado et son épouse Leila, ont pris le pari fou de redonner vie à la forêt luxuriante Mata Atlantica, dévastée par le commerce intensif de bois et l’élevage de bétail. Ils commencent leur aventure en 1997, après avoir reçu en héritage une ferme familiale, jadis entourée par cette forêt.

Afin que ce projet puisse être réalisé, malgré les doutes de l’entourage de Sebastiao Salgado, notamment de son père, il fonde, avec Leila, l’Instituto Terra, et réussit peu à peu à transformer « cette terre déserte en un véritable parc national ». Avec son équipe, ils parviennent à développer une technologie pour la plantation de nouveaux arbres « sur une terre vieille, érodée, épuisée ». Il faudra plusieurs années à Sebastio Sagaldo, avant que les plants prennent. Toutefois, après avoir comptabilisé 60% de pertes des nouveaux plants la première année, le couple entouré de ses petites-mains, parvient à créer une pépinière « capable aujourd’hui de produire 1,2 millions de plants par an ».

Aujourd’hui, 15 ans après le lancement de ce projet, l’aventure du photographe ne s’arrête pas, notamment lorsqu’il est question de témoigner de la capacité de redonner vie à la planète, lors de conférences internationales. Il déclare, lors de la présentation de son projet, le 13 mars 2012, au Monaco Press Club, que plus d’1,9 millions d’arbres ont été replantés sur une surface de 800 hectares. Dans cette « nouvelle forêt », l’écosystème s’est naturellement reformé, la réintroduction de la faune s’est elle aussi faite naturellement, « comme un miracle, une résurrection », tels que des oiseaux, des insectes, des jaguars, et des caïmans, pourtant disparus de cette région depuis plus de 50 ans.

Un banc de sable aux couleurs de bambou

L’aventure de Jadav Payeng, originaire du Nord-est de l’Inde, dans un lieu que les habitants nomment Molai Kathani, « le bois de Molai », est un peu différente de celle de Sebastiao Salgado. En effet, Payeng a donné vie à une forêt sur un banc de sable de 550 hectares situé au milieu du fleuve Brahmapoutre (long de 2900 km).

Photo: fotopedia.com

Son projet prend forme en 1979 alors qu’il n’a que 16 ans, après avoir trouvé le banc de sable jonché de cadavres de reptiles, morts de chaud après une forte crue du fleuve. Payeng déclare dans le Courrier International, que cette découverte « fut le tournant de sa vie ». Malgré ses appels au secours, lancés en vain, auprès du Ministère des forêts, il décide d’arrêter ses études, de s’installer sur le banc de sable et de créer une forêt. Après quelques années d’arrosage quotidien et de taille des plants, il parvient à transformer le banc de sable en forêt de bambou, faisant ainsi mentir les propos du Ministère: «  Ils m’ont répondu que rien ne pousserait ici et m’ont dit d’essayer de planter des bambous. C’était dur mais je l’ai fait. » Puis Payeng fit pousser « de vrais arbres », qui permirent une réadaptation naturelle de la faune: plusieurs animaux en voie de disparition comme le rhinocéros à une corne ou le tigre du Bengale se sont installés dans la forêt de Payeng, tout comme des vautours, des oiseaux migrateurs, des daims et du bétail.

Aujourd’hui, la forêt de Payeng est assurée d’avoir un long avenir devant elle, si l’on en croît les propos du conservateur assistant des Forêts, Gunin Saikia, concernant la contribution du Ministère au projet : « Payeng est incroyable. Ça fait trente ans qu’il est là-dessus. Dans n’importe quel autre pays, il serait un héros ».

Utopie et persévérance pourrait-elle réellement faire changer les mentalités d’une population mondiale mondialisée et matérialiste? Il est bon de croire que ce type de projet fou puisse avoir cette influence…

Sources: MonacoHebdo.mc, CourrierInternationnal.com

Anacardier : un arbre aux usages multiples

La journée nationale de l’arbre, tenue à Loul Sessène, dans la région de Fatick au centre du Sénégal, avait un parrain spécial pour l’occasion : l’anacardier ou anacardium occidental. Mis à l’honneur par un document officiel remis à la presse lors de la célébration, l’arbre, originaire d’Amérique du Sud à la cime évasée ne dépassant pas 12 mètres de haut, a l’avantage d’être adapté à diverses conditions agro-écologiques.

Résistance et adaptation

Largement cultivé en Afrique, aux Antilles, dans le Nord-est brésilien, en Asie du Sud-est et en Inde, l’anacardier produit des fruits ayant une coque âcre et toxique qui abrite une amende blanche, comestible : la noix d’acajou.

Ses feuilles sont simples et persistantes, alternes, ovales et coriaces. L’anacardier est résistant aux fortes chaleurs mais très sensible aux basses températures. On le trouve généralement à des altitudes assez basses (moins de 500 m).

Les exigences de l’arbre varient selon les usages que l’on en fait. A des fins de reboisements, il nécessite peu d’eau, pas d’engrais ni de soins spéciaux et peut pousser sur les terrains pauvres, cependant il a besoin de meilleures conditions pour lui faire qu’il produise des fruits.

La plantation d’anacardiers : une solution durable

Son système de plantation constitue une solution adaptée pour lutter contre la dégradation des sols et de l’environnement. En effet, la durée de son exploitation – environ 20 ans – permet de lutter en partie contre l’érosion côtière et à stabiliser localement l’écosystème, au même titre que les autres essences forestières (augmentation du couvert végétal, restauration de la fertilité des sols épuisés).

Ajouté à cette qualité environnementale, le bois d’anacardier est un bon combustible et son écorce peut être utilisée pour tanner les peaux et ses fruits pour l’alimentation. Aussi, nombre de médecines traditionnelles lui confèrent de véritables propriétés pharmacologiques.

L’industrie peut, elle aussi, être à même de revendiquer l’usage des fruits de l’arbre. Leur coque est composée de phénoliques naturels qui peuvent être utilisés dans la fabrication d’éléments de friction, pour l’automobile comme pour les revêtements spéciaux  ou les insecticides.

Ces divers usages ont poussé le secrétaire général du ministère de l’Environnement et de la Protection de la nature à déclarer que la noix d’acajou est ‘’une aubaine pour les exploitants, les transformateurs et les transitaires, entre autres’’. Il serait bon, ajoute le ministre d’Etat Djibo Leïty Kâ, que « Fatick devienne un bassin anacardier comme on a connu le bassin arachidier. »

L’anacardier illustre la volonté des autorités de concilier tant développement économique que protection de l’environnement. Ainsi, il pousse les différents acteurs à prendre compte des différentes dimensions liées à un même territoire.

L’association Plante un Souhait arpente les Etats-Unis

crédits : fotosearsh.fr

L’association « Plant a Wish » – Plante un Souhait – fondée à Hawaï, arpente les cinquante états américains. Son objectif ? Mobiliser les communautés locales afin de planter des arbres « indigènes » – autrement dit locaux – sur le territoire des Etats-Unis. Ceux-ci sont en effet assimilés à un héritage vivant. Ces opérations prennent la forme de petites cérémonies, au cours desquelles les participants sont invités à planter, non seulement une jeune pousse, mais également plusieurs souhaits, prières ou espoirs.

A terme, les fondateurs de cette association souhaitent réaliser un documentaire permettant de sensibiliser le public à la préservation des arbres au sein de leur milieu naturel. Ceux-ci, Sara Tekula et Joseph Imhoff, misent ainsi sur leur curriculum vitae pour mener à bien ce projet. Ils sont en effet tous deux journalistes, auteurs de différents documentaires, et dirigent une entreprise de production à Hawaï.