Gaz à effet de serre à Paris : stop ou encore?

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La France pourrait être condamnée par la Cour européenne de justice pour non application des Plans de Protection de l’Atmosphère (PPA) en raison des dépassements des limites de microparticules PM10 dans plusieurs villes de l’Hexagone dont Paris. En clair, il y a trop de gaz à effet de serre dans l’air à Paris. Pour y remédier, la France bénéficie de délais afin de prendre des mesures et stabiliser son comportement en accord avec la directive sur la qualité de l’air. Delphine Batho, ministre de l’Ecologie, s’est prononcée sur le sujet sans pour autant donner un calendrier précis des mesures qui seront prises afin que la France redevienne un « bon élève » de l’Europe.

Causes des émissions des gaz à effet de serre à Paris

2013, déclarée année de l’air en Europe, rend la situation davantage alarmante vu le niveau de pollution à Paris malgré des règles existantes. De plus, les liens que l’OMS a établis entre la pollution atmosphérique et la santé humaine confirment la nécessité d’intensifier les politiques et les actions dans ce domaine. Après l’échec du dispositif de l’ancien gouvernement, zones d’actions prioritaires pour l’air (zapa), Delphine Batho parle désormais de repenser les moyens de transport existants, les politiques de mobilité et les moyens de chauffage domestique qui sont les principales sources d’émissions de dioxyde carbone dans l’air.

Réduire les émissions des gaz à effet de serre à Paris

Le transport routier est l’une des sources de pollution qui demande une gestion très encadrée car il implique une commutation de véhicules significative vers et hors de Paris quotidiennement. Le trafic urbain et son impact sur la qualité de l’air exigerait une mesure consistant à restreindre la circulation aux « véhicules les plus vertueux », d’où le retour de la pastille verte, mesure du gouvernement de Lionel Jospin, instaurée il y a 15 ans. Les taxes sur le diesel et l’essence pourraient être rééquilibrées selon Chantal Jouanno, sénatrice UDI, ancienne secrétaire d’État à l’Écologie. Afin de réduire la circulation automobile et routière, il y a une montée en puissance des solutions alternatives : la mise en service de nouvelles lignes de tramway et de métro pour inciter les individus à utiliser les transports en commun au détriment des véhicules particuliers, le covoiturage est mis en avant, le développement des véhicules électriques en ville avec l’autolib, les moyens de transports alternatifs de marchandises.

Par ailleurs, pourrait fortement et favorablement impacter le niveau des gaz à effet de serre, une politique volontariste en matière de rénovation thermique avec des diagnostic de performances énergétiques des logements ainsi que la construction de logements à haute performance énergétique, entre autres. Un exemple concret de l’implication des autorités de la ville de Paris est l’objectif d’effectuer la rénovation thermique de 200 écoles parisiennes d’ici 2014.

Mesures réelles des gaz à effet de serre à Paris

Afin d’identifier les sources géographiques et les concentrations en dioxyde de carbone (CO2), monoxyde de carbone (CO) et méthane (CH4) à Paris, la capitale a établi une collaboration avec Astrium, filiale spatiale du groupe aéronautique EADS qui déploiera un système de capteurs au sol et aérien autour de Paris. Le système est constitué de boitiers qui filtrent l’air et analyse sa composition à l’aide d’un laser. Les livrables se présenteront sous forme de « cartes de flux » qui recueillent les informations collectées sur l’année. Une première carte est attendue fin 2013. Cette démarche servira à mesurer l’impact des initiatives environnementales de l’Etat et s’inscrit dans l’initiative de la ville de Paris de réduire de 75% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050.

Sur le plan individuel, il est également possible de mesurer sa consommation d’énergie sur le site de la Nationalgeographic ou son empreinte carbone sur Coachcarbone proposé par l’Agence Parisienne du Climat (APC).

Néanmoins, les résolutions du gouvernement français semblent être davantage une réponse pour éviter les sanctions de l’Union Européenne face au non-respect de la France des normes qui maintiennent la qualité de l’air, qu’un engagement sincère. Quoi que rien interdit de l’espérer. Mais il est impératif que l’ampleur de l’enjeu sanitaire de la situation soit également une préoccupation pour l’état car le bien-être des citoyens doit cohabiter avec les intérêts financiers du pays. Ceci dit, les parisiens  pourraient aussi se conformer à des comportements plus éthiques à l’égard de l’environnement pour contribuer à l’objectif national.

Sources : lefigaro.fr, batiactu.com

L’énergie éolienne offshore a le vent en poupe

image via DNV KEMA

Des Etats-Unis au Japon, en passant par la Belgique, de nouveaux projets éoliens offshore sont prévus pour 2013. C’est officiel, l’énergie éolienne a le vent en poupe !

De plus en plus de parcs éoliens voient le jour en mer dans divers régions du monde et les gouvernements sont sensibilisés au développement de  cette alternative efficace pour lutter contre le réchauffement climatique, la pollution, et l’énergie nucléaire. Outre la réduction de l’impact environnemental de la production d’énergie, les énergies éoliennes constituent également d’autres opportunités sur le plan social et économique.

Etats-Unis : l’énergie éolienne offshore pour protéger les côtes du New Jersey

Situé sur la côte Est des Etats-Unis, le New Jersey compte parmi les villes qui ont été les plus touchées par le passage du cyclone « Sandy » début janvier 2013. La ville a enregistré des rafales dépassant les 185 km/h. Avec le soutien de plusieurs grands groupes comme Google et les fonds d’investissement Good Energies, un projet visant à construire un barrage (« wind-breaker ») de turbines éoliennes est prévu pour 2016 afin de limiter les rafales et de les optimiser en tant que source énergétique pour l’alimentation d’électricité durant les périodes d’ouragans.

Japon : l’énergie éolienne offshore pour sortir du nucléaire

Dans l’objectif de devenir intégralement auto-suffisant en énergies renouvelables à l’horizon de 2040, le Japon prévoit la construction du plus grand parc d’énergies éoliennes en mer en juillet 2013. Selon les ingénieurs affectés sur le projet, le projet serait viable même en cas de situations de catastrophes naturelles comme : des tsunamis, des tremblements de terre et des typhons. Les autorités japonaises avouent ne plus vouloir dépendre de l’énergie nucléaire pour alimenter la population en électricité après la catastrophe de Fukushima.

Belgique : une « île » pour stocker l’énergie éolienne offshore

Un des principaux inconvénients de la production d’électricité issue de l’énergie éolienne est qu’elle est intermittente et qu’elle ne peut pas être stockée. Afin de s’en accommoder, les autorités belges ont peut-être trouvé une solution : la construction d’une île artificielle au nord du pays, « une atoll énergétique ». Cette île en forme de « doughnut » géant, constituée de coraux servira à produire de l’électricité par un procédé simple basé sur une version inversée du principe des stations de transfert d’énergie par pompage en période d’intermittence. Il permettra de stocker la « surproduction » d’électricité des parcs éoliens situés non loin de l’île. En périodes creuses, les oiseaux marins pourront s’y réfugier. Le projet est en étude en France et au Danemark.

Sources :

Renewableenergyworld.com

Earthtechling.com

Newscientist.com

 

Chine : incendie d’usine passé inaperçu à cause de la pollution

Des voitures roulent au ralenti dans un épais brouillard dû à la pollution à Hefei, dans la province d’Anhui, au centre de la Chine – AFP (courrierinternational.com)

Aujourd’hui, lemonde.fr a informé que l’incendie d’une usine, dans l’Est de la Chine, était passé inaperçu pendant plus de trois heures tellement le brouillard de pollution qui l’entourait était épais. En conséquence, les pompiers sont intervenus avec un retard considérable.

Les ravages de la pollution atmosphérique

L’incendie, qui s’est déclaré dans une fabrique de meubles de la province du Zhejiang, a donc fait plus de ravages que prévu compte tenu de sa confusion avec la pollution environnante. Selon l’agence d’information Chine nouvelle, citée par lemonde.fr, « à cause de l’épais brouillard chargeant l’air à ce moment-là, presque trois heures se sont déroulées avant que les résidents voisins se rendent compte de la fumée et des flammes ». Incroyable.

Mais notons que la pollution atmosphérique n’était pas exclusivement due à l’activité de l’usine en question. De plus, elle était tellement chargée en particules nocives qu’elle a aussi affectée les transports routiers, causé l’annulation de vols dans les aéroports et une ruée sur les masques filtrants. La pollution de l’air était si dense qu’elle a fait chuter la visibilité à 100 mètres par endroit. Ambiance !

Débat sur le rythme de développement de la Chine

Le caractère inédit de la mauvaise qualité de l’air a provoqué un débat à travers toute la Chine sur les effets pervers de son développement effréné. Certains médias officiels ont émis de fortes critiques et « exigé des autorités davantage de transparence ». Une occasion aussi pour les experts de réaffirmer que « si la Chine souhaite lutter efficacement contre la pollution atmosphérique qui étouffe ses villes, il lui faut prendre des mesures audacieuses et coûteuses pour restreindre sa dépendance au charbon et promouvoir des alternatives à la circulation automobile ».

Dans ce sens, le professeur John Cai, de la Chine Europe International Business School de Shanghai, martèle qu’ « il est nécessaire que le gouvernement prenne des mesures à long terme en centralisant les réseaux de chauffage, afin que des foyers ne brûlent pas du charbon dans les zones rurales ». Espérons qu’il soit entendu.

Lemonde.fr rappel un fait majeur : selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la Chine consomme la moitié de la consommation mondiale de charbon. Le pays tire en effet du charbon « plus de 70% de son énergie ». La tendance est d’ailleurs à la hausse, en raison de la demande d’électricité qui ne cesse d’augmenter. Autre rappel choc : « ces dernières années il s’est construit en moyenne une centrale au charbon par semaine en Chine ».

Si Paris s’étouffe, la Chine s’asphyxie.

 

Source : lemonde.fr

Droit de l’environnement : des Etats généraux prévus en mai

Aujourd’hui, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, a annoncé que seraient organisés en mai des Etats généraux dédiés au « droit de l’environnement », dans le cadre d’un grand chantier de modernisation de cette discipline.

Dans quel contexte auront lieu ces Etats généraux ?

Le ministre a indiqué, lors de la présentation du premier conseil des ministres de l’année du programme de travail du gouvernement pour le premier semestre, que le chantier de la modernisation du droit de l’environnement était « attendu par de nombreux acteurs industriels et décideurs publics locaux ».

Les sujets écologiques seront fréquemment  à l’agenda public dans les mois qui viennent avec le débat national sur la future politique énergétique, ouvert fin novembre pour plusieurs mois et avec l’objectif de parvenir à une loi de programmation dès l’automne 2013.

En matière de biodiversité, une loi-cadre est prévue, ainsi que la création d’une Agence de la biodiversité et l’élaboration d’une fiscalité plus écologique, sans oublier la réforme du code minier. Enfin, se poursuivra la discussion sur la proposition de loi sur les tarifs de l’énergie déposée par le député Brottes, rejetée par les sénateurs en octobre dernier. Cette proposition ambitionne notamment d’instaurer un bonus-malus sur la facture d’énergie des ménages. Rappelons que l’électricité vient d’augmenter de 2,5%, ce qui va peser sur le pouvoir d’achat de nombreuses familles.

Pour suivre les débats sur l’évolution du droit de l’environnement, consulter le blog de l’excellent avocat en droit de l’environnement, Arnaud Gossement.

Source : 20minutes.fr

Greenpeace : La mode et la pollution en Chine

Après son étude intitulée « Les dessous toxiques de la mode » publiée en octobre 2012, Greenpeace a publié « Toxic threads : Putting Pollution on parade » en Novembre 2012, qui démontre que la mode aurait un impact nocif sur l’environnement.  

Dans ce contexte, Greenpeace a organisé à Pékin, un défilé pour sensibiliser les consommateurs des produits toxiques composant les vêtements, qui dégradent l’environnement dans leur phase de production  en Chine.

Cette nouvelle étude de Greenpeace dénonce le déversement de déchets chimiques dans les rivières, lacs et réservoirs dans deux zones industrielles dans la province de Zhejiang en Chine : Binhai et Linjiang qui rassemblent un nombre considérable d’usines de textile. Cette zone est une véritable machine de production et d’approvisionnement pour de nombreuses grandes marques de vêtements. Néanmoins, les analyses de Greenpeace ont démontré la présence de produits nocifs pour la faune et la flore aquatiques des rivières ainsi que le danger que représentent ces produits pour l’agriculture avoisinante et les « fashion victims ». L’étude établit un lien direct entre ces trouvailles et les déversements des usines dans la nature sans pouvoir distinctement identifier les coupables. Le « Made in china » serait-il également une machine polluante et potentiellement dangereuse pour les consommateurs ?

« Made in China » : Polluant et dangereux ?

Certains produits identifiés sont cancérigènes et peuvent provoquer des perturbations endocriniennes chez l’homme. Les grandes cheminées des 9000 usines du comté de Haoxing retiennent également l’attention de Greenpeace. En enclenchant cette campagne « Detox » qui vise le secteur de la mode, Greenpeace frappe fort en mettant directement en cause plusieurs grandes marques de vêtements internationales qui se fournissent en Chine. L’industrie ayant un rôle important dans l’industrialisation et le développement dans cette région de la chine, Greenpeace lance un appel aux marques de veiller aux normes environnementales et sanitaires dans leurs chaînes de production et exige davantage de transparence sur les lieux de fabrication des produits et leurs contenus chimiques.

Source : Greenpeace

Bangladesh : les campagnes illuminées par de l’énergie solaire

L’énergie solaire apporte l’informatique aux réfugiés – UNHCR

Au Bangladesh, les campagnes sont désormais illuminées par de l’énergie solaire. Selon l’organisation internationale du travail, « 70% des familles rurales ne sont pas raccordées au réseau électrique national, soit parce que les lignes électriques ne desservent pas leurs villages, soit parce que le coût du raccordement est trop élevé pour elles ».

Avec l’aide de l’organisation internationale du travail et de l’Australie, soutenue par le gouvernement central, des villageois du Bangladesh ont désormais accès à une électricité d’origine renouvelable. Il s’agit d’une énergie produite grâce à l’énergie solaire. Elle est utilisée par les habitants de ces territoires ruraux comme une énergie alternative. L’effet d’aubaine réside dans les emplois verts nécessaires pour produire cette énergie solaire, de nouvelles compétences étant demandées dans les villages concernés.

L’initiative en vidéo 

Source : OIT

France – Brésil : le WWF appelle à lutter contre l’impact de l’exploitation aurifère illégale

Exploitation aurifère – Amazonie péruvienne

Il y a presque un an jour pour jour, nous écrivions sur le retard de la France en matière de traçabilité de l’or. Aujourd’hui, il nous semble « naturel » de relayer l’appel du WWF au Brésil et à la France pour lutter contre l’impact de l’exploitation aurifère illégale.

Contours géographiques de la problématique

L’association WWF, que l’on ne présente plus, établit un clair état des lieux du problème. Selon elle, « en relation directe avec la hausse du cours de l’or, territoires autochtones et forêts tropicales font face à de nouvelles ruées. Dans le bassin amazonien, 37% des parcs nationaux ont à gérer des problématiques minières. Sept pays amazoniens sont touchés, mais la situation est particulièrement préoccupante dans certains secteurs du Pérou amazonien (région de Madre de Dios) et sur le Plateau des Guyanes (Guyana, Surinam, Guyane française) ».

Origines techniques du problème

Le WWF informe que « les techniques d’exploitation aurifère non encadrées conduisent à l’envasement des rivières et à l’augmentation de la turbidité, à la destruction des sols et à la déforestation. Le mercure utilisé pour amalgamer l’or représente un tiers de la pollution mercurielle mondiale, provoquant des atteintes graves à la santé et à l’environnement ». D’après l’association, « en Amazonie, les rejets de mercure liés à l’exploitation aurifère illégale dépassent les 100 tonnes par an » !

WWF Guianas : un acteur incontournable

Selon la section guyannaise du WWF, WWF Guianas, qui a réalisé une étude sur le sujet, « dans le Nord-est de l’Amazonie, la déforestation due à l’exploitation aurifère représente plus de 65000 hectares. En 2008, 26 km de cours d’eau étaient perturbés par l’exploitation aurifère non régulée dans cette même région ».

En Guyane française, depuis le début de l’année, le Parc Amazonien estime que plus de 900 km de rivières ont été perturbées par l’exploitation illégale de l’or.

Passer à la vitesse supérieure

Alors que la présidente Dilma Roussel, vient vendre le Brésil à Paris, selon rfi.fr, le WWF saisit cette « opportunité unique pour le Brésil et la France d’aborder conjointement les enjeux sociaux relatifs à ce fléau et de restaurer l’intégrité des aires protégées ».

L’association rappelle que les deux pays s’étaient impliqués, dans les années 2000, dans la protection de la biodiversité amazonienne et des terres indigènes grâce à la création du Parc National des Monts Tumucumaque au Brésil et du Parc Amazonien en Guyane française, créant un massif forestier protégé continu de plus de 6 millions d’hectares.

Toutefois, ces aires protégées avaient été victimes de certains dommages, à la suite desquels le Brésil et la France avaient signé en décembre 2008 un accord bilatéral de coopération transfrontalière de lutte contre l’exploitation aurifère illégale.

Mais 4 ans plus tard, cet accord n’est toujours pas entré en vigueur, car seul le Parlement français l’a ratifié. Au Brésil, cette ratification est toujours ralentie, empêchant chaque Pays de bénéficier de l’appui de l’autre. En parallèle, sur le terrain, la situation des populations locales continue de se détériorer, et les derniers chiffres publiés en décembre 2011 montrent que 30% des Wayanas du Haut-Maroni présentent un taux d’imprégnation au mercure supérieur à la norme OMS.

Le WWF soutient donc « l’Appel pour l’Amazonie » qu’il a conjointement lancé avec la COICA : Coordination des Organisations Indigènes du Bassin Amazonien au cours du sommet de la Terre « Rio + 20 ». Via cet appel, les associations exhortent les pays amazoniens à stopper l’exploitation aurifère illégale dans les zones protégées et à combattre les problèmes socioéconomiques qui y sont liés.

Le WWF demande, dans ce cadre, « la ratification urgente et l’entrée en vigueur de l’accord de coopération bilatéral France-Brésil, en vue d’y préserver les aires protégées transfrontalières et les communautés locales ».

Source : WWF.fr

Doha : un suicide environnemental ?

COP18, Doha 2012, Qatar

Alors que la conférence de Doha sur le climat s’est achevée samedi sur un texte décevant, l’influent magazine online Slate Afrique titre aujourd’hui sur notre comportement suicidaire en matière de protection de l’environnement. Une lassitude semble s’exprimer sur le rapport que nous entretenons à l’environnement, comme si nous oubliions que nous sommes interdépendants.

Des associations timidement encourageantes

Susann Scherbarth, expert Climat aux Amis de la Terre, explique que l’UE doit être unie pour avancer et faire preuve de leadership dans les discussions, mais ce n’est pas ce qu’elle fait pour le moment à Doha. La Pologne bloque toute avancée. Mais l’UE ne peut pas continuer à se cacher derrière la Pologne ».

Les Amis de la Terre-UK ont condamné un pessimisme ambiant et diffusé des éléments d’encouragement notant que le changement est en marche et que de nombreuses associations s’activent sur le terrain. L’association se félicite de progrès réalisés, notamment concernant le « verdissement de grandes villes », une chute du prix des ENR, un développement de l’économie verte. L’association encourage le développement des économies d’énergie, dont le potentiel est de plus en plus reconnu et le meilleur moyen de réduire les émissions.

Kyle Ash, expert juridique de Greenpeace USA, écrivait le 4 décembre que l’issue de la conférence était plus qu’incertaine. Il a appelé les ministres à accentuer la teneur des négociations dont les plus gros sujets n’avaient pas encore été abordés. Pour lui, de forts engagements « post-Kyoto » étaient nécessaires, pour conduire à un accord contraignant en 2015. Il a également demandé qu’un arsenal législatif soit instauré aux États-Unis.

Bellona a déploré la lenteur de la première semaine de négociations lors de laquelle les pays riches et les pays pauvres ont « clashé » sur la poursuite ou non du protocole de Kyoto. Jonas Helseth, directeur de Bellona Europe, affirme que le fait que le prochain COP18 se tienne dans la capitale polonaise peut faire pression sur le pays pour qu’il n’échoue pas, bien que l’on connaisse son manque d’ambition en matière de lutte contre le réchauffement. Il prend exemple que le Qatar qui, bien qu’il ait le niveau le plus élevé d’émission par personne, montre un vif intérêt au développement de technologies alternatives, illustrant son propos par le Sarah Forest Project.

Bellona rapporte dans le même temps que selon un rapport publié dans le journal Nature Climate Change, il est de moins en moins probable que le réchauffement climatique soit contenu en dessus de 2 °C, l’objectif pourtant affiché par les Nations Unies.

Le Sierra Club a diffusé un billet sur la magie d’une telle rencontre, où « se retrouvent des personnes dont la complexe réalité quotidienne diffère complètement mais dont les croyances, les passions et le désir d’une meilleure qualité de vie pour le présent et l’avenir sont exactement les mêmes ». L’association « appelle alors tous les décideurs à soutenir cette conférence et prévient qu’elle n’abandonnera rien au sujet de la santé de notre planète, si cruciale pour notre avenir ». Le Sierra Club espère que les manifestations qui ont actuellement lieu au Qatar ne sont que les premières d’autres manifestations au Moyen-Orient, appelées à prendre la tête des débats.

Émotion du représentant philippin

Politiquement correct de l’ONU

À quelques jours de la fin des négociations sur le réchauffement à Doha, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon a rappelé aux 190 pays présents la réalité de la « crise » climatique, les exhortant au « compromis » pour parvenir à un accord sur Kyoto 2 et l’aide financière au Sud, points âprement discutés.

Commentaire d’une eurodéputée écologiste française

Sur Terra Eco, l’eurodéputée écologiste Sandrine Bélier a comparé « les tractations sur le climat à un bien triste match de foot » : « le match nul des négociations ».

Neutralité peu engageante de la Commissaire européenne au climat

Connie Hedegaard, Commissaire européenne au climat, a évoqué sur le réseau social Twitter, le 9 décembre : « Un parcours pas facile. Un parcours pas joli. Un parcours pas très rapide. Mais nous avons pu franchir le pont. Maintenant nous devons aller plus vite ».

Conclusion

Les Hommes affichent une bonne volonté et des prises de conscience en surface mais peinent toujours à traduire leurs déclarations en actes, de façon concertée et globalement intelligente. Tous ne doivent pas encore être convaincus de l’interdépendance qui nous lie, aux autres et à l’environnement.

Qui mieux que Thuan TRINH XUAN pour la décrire : « savoir que nous sommes tous des poussières d’étoiles, que nous partageons tous la même histoire cosmique, que nous sommes les frères des animaux sauvages et les cousins des coquelicots des champs, que nous sommes tous connectés à travers l’espace et le temps, ne peut qu’induire une conscience aigüe de notre interdépendance ».

(Thuan TRINH XUAN est astrophysicien américain, professeur d’astronomie à l’université de Virginie, à Charlottesville, auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation sur l’univers et les questions philosophiques qui découlent des découvertes scientifiques. Il est également chercheur à l’Institut d’astrophysique de Paris.)

 

Ethiopie : la Chine finance un grand projet éolien

les premières éoliennes éthiopiennes crédits : piardoch sur Panoramio

Alors que l’Inde mise sur l’énergie solaire, de façon tout à fait compétitive, l’Ethiopie vient de lancer un grand projet éolien. C’est dans la ville d’Adama, qui signifie d’ailleurs « la Terre », en hébreu, que l’Ethiopie a décidé de mettre en place un projet d’énergie éolienne pour un coût estimé à « 117 millions de dollars ».

Quelle est la puissance du parc envisagé ?

Selon la presse locale, ce projet, dénommé « Parc éolien Adama 1 », est doté d’une capacité de production énergétique de 51 Mégawatts (MW). D’après une allocution du Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, lors d’une cérémonie organisée à l’occasion de l’inauguration du site, « le pays ambitionne de porter la production du parc à 10.000 MW à l’horizon 2015 et ce dans le cadre du Plan de croissance et de transformation (Growth and Transformation Plan- GTP) lancé par l’Ethiopie en 2010 avec pour objectif de développer des sources alternatives renouvelables comme l’éolien, le solaire ou la géothermie ».

Qui finance ce parc éolien ?

Selon ces mêmes journalistes, c’est la Chine qui a couvert le coût de réalisation du projet à hauteur de 85%. Le reste du parc est à la charge du gouvernement éthiopien.

Un projet sans impact environnemental ?

Alors que Fikadu Abraham, responsable du site, a mis en exergue la rentabilité du projet, d’un point de vue économique aussi bien qu’écologique, on peut s’interroger sur l’impact environnemental du parc éolien ainsi que son impact sur les localités avoisinantes.

Quoi qu’il en soit, le parc Adama 1 est désormais connecté au réseau électrique du pays. Certainement une bonne nouvelle pour ce pays dont une part conséquente de la population doit souffrir de précarité énergétique.

Pour information sur l’avenir des énergies dites « propres » en Ethiopie, « le potentiel hydroélectrique de l’Ethiopie est estimé à 45.000 MW et celui de l’énergie géothermique à 5.000 MW ».

Source : atlasinfo.fr

Russie : des tigres mieux protégés

couple de tigres de Sibérie

En Russie, les tigres seront désormais mieux protégés. Le commerce, le transport et la possession de ces espèces menacées seront dorénavant considérés comme des crimes, d’après une nouvelle législation proposée par le Kremlin, suite à des discussions avec l’ONG WWF.

La chasse au tigre en ligne de mire

La chasse au tigre est considérée par de nombreuses personnes comme le plus grand facteur de déclin de la population tigre au cours du siècle. Le monde a en effet perdu 97% de ses tigres sauvages, comprenant notamment 4 sous-espèces entières. Ces sous-espèces ont été complètement exterminées. D’après des estimations, il ne resterait que 3200 animaux à l’état sauvage à l’heure qu’il est. Ces individus, en liberté, seraient menacés.

Quel rôle pour la Russie ?

Jusqu’à maintenant, malheureusement, la Russie, où vivent bon nombre de ces tigres toujours en liberté, ne criminalisait que l’acte de tuer un tigre. Un certain nombre de braconniers, qui jusque-là avaient été arrêtés en possession d’animaux, entiers ou en morceaux, avaient échappé à toute punition clamant qu’ils avaient trouvé l’animal déjà mort.

La nouvelle législation russe apparaît donc primordiale pour que cesse l’impunité des attaques faites aux tigres. Comme en atteste Igor Chestin, responsable de WWF en Russie, et particulièrement investi dans les négociations avec le gouvernement à ce sujet, « cette nouvelle évolution représente un pas important vers la protection des tigres et d’autres espèces menacées par le commerce et le braconnage ».

Fait notable, la Russie a donné son accord pour le ministre des ressources naturelles et de l’environnement russe prépare le projet de loi en étroite collaboration avec l’ONG.

WWF partenaire de TRAFFIC

Les deux ONG, WWF et TRAFFIC, mènent en ce moment une campagne visant à améliorer la protection des tigres ainsi que d’autres espèces en danger telles que les rhinocéros et les éléphants. Ces animaux sont particulièrement convoités par les consommateurs asiatiques qui raffoleraient de l’ivoire, des cornes de rhino et du tigre. Les associations attendent donc des pouvoirs publics des pays concernés qu’ils combattent le commerce illégal et régule la demande.

Source : WWF.panda.org

Jackson, nouvelle coqueluche de l’écosystème marin

Jackson est devenu l’éléphant de mer le plus célèbre de la planète. Avec 29 000 km parcourus en une année, ce jeune mâle a battu le record de distance détenu chez les mammifères par la baleine à bosse.

Ce marathonien est suivi par les chercheurs de la Wildlife Conservation Society (WCS), une organisation non gouvernementale internationale fondée en 1885 dont l’objectif est la préservation de l’environnement. Les chercheurs de la WCS, qui ont équipé le mammifère marin d’une puce électronique en décembre 2010, ont ainsi pu mesurer les distances parcourues par ce dernier.

Il s’avère que, lorsqu’il s’agit de manger, l’éléphant de mer est prêt à parcourir de très grandes distances. En une année, Jackson s’est éloigné de 1 750 km le long de la côte chilienne jusqu’à 650 km vers le large, navigant entre les fjords de cette zone proche de l’Antarctique. Après s’être sustenté de quelques kilogrammes de poisson et calamar, l’animal est revenu sur la plage du Pacifique où la WCS l’avait déniché. Il va y retrouver ses congénères, faire sa mue et peut-être se reproduire.

La WCS suit de près les déplacements des éléphants de mer car « ils sont des indicateurs potentiels de la santé des écosystèmes marins et permettent de montrer comment le changement climatique influe sur la répartition des espèces et de leurs proies dans les eaux patagoniennes ». Caleb MacClennen, directeur des programmes marins de l’organisation, précise dans un communiqué que le périple de Jackson « va aider à définir des zones protégées dans la région et assurer que les activités piscicoles soient gérées de façon à ne pas nuire aux espèces marines telles que l’éléphant de mer du Sud ».

Les méthodes d’actions de la WCS sont aussi bien basées sur la science que sur la réalisation de programmes de préservation. La Wildlife Conservation Society publie également un magazine bimestriel, le « Wildlife Conservation ».

 

Source : Le Parisien

ETALEMENT URBAIN ET CHANGEMENTS CLIMATIQUES : ETAT DES LIEUX ET PROPOSITIONS

Le Réseau Action Climat-France (RAC-F), qui est le représentant français du réseau mondial d’ONG concernées par les changements climatiques, le « CAN : Climate Action Network », a publié, le 19 août dernier, un rapport sur l’étalement urbain et les changements climatiques. Si l’artificialisation des sols et l’urbanisation sont souvent perçues comme une tendance à enrayer, cette publication aborde ce sujet sous l’angle climat-énergie, en dressant un état des lieux des impacts environnementaux, économiques et sociaux de l’étalement urbain et en faisant émerger de véritables pistes de progrès.

Impacts de l’étalement urbain

L’étalement urbain, dont le principal facteur est la prédilection pour l’habitat individuel et son corolaire, la construction de logements neufs et des infrastructures associées, est souvent dénoncé en raison de ses impacts environnementaux et sociaux.
Si le thème de la Semaine internationale de l’eau 2011 – L’eau dans le monde urbain – nous  rappelle que le phénomène d’urbanisation accentue le problème d’accès à l’eau, les conséquences de l’étalement urbain s’étendent également à la problématique des changements climatiques.

Ce développement périurbain majoritairement non maîtrisé et la spécialisation fonctionnelle et sociale de l’organisation spatiale,  induisent une faible densité démographique génératrice elle-même d’une augmentation de la mobilité locale et de la création de lourdes infrastructures de voies et de réseaux. Deux phénomènes à l’origine d’émissions de gaz à effets de serre. L’artificialisation des sols cultivables réduit significativement les espaces agricoles, dont les corollaires principaux sont la diminution des capacités de stockage du carbone dans les sols et la biomasse et la plus grande vulnérabilité de la biodiversité, de l’agriculture et plus généralement des territoires aux changements climatiques (inondations, sécheresses, tempêtes).

Préconisations du RAC-F

Les conséquences de cet étalement urbain ne sont pas soutenables.

Ce constat est partagé depuis plusieurs dizaines d’années et la lutte contre l’étalement urbain compte, depuis son inscription dans les lois Grenelle, parmi les objectifs des politiques publiques, au niveau national comme local. Cependant, la seule affirmation de cet objectif de suffira pas. Un véritable changement ne pourra s’opérer qu’au travers de la mise en place de politiques territoriales ambitieuses et efficaces et d’un cadre national cohérent.

En priorité, le RAC préconise de transférer la compétence d’élaboration des plans locaux d’urbanisme (PLU), actuellement aux mains des communes, à l’intercommunalité, qui dispose davantage du recul nécessaire et des moyens humains et financiers pour réaliser et mettre en œuvre une politique d’urbanisme capable de répondre aux enjeux du développement durable. Il s’agirait dans un premier temps d’inciter financièrement les communes à choisir le transfert de cette compétence, pour préparer d’ici quelques années à une obligation de ce transfert.

Parmi les autres solutions proposées, figurent entre autres :

  • l’intégration d’une véritable stratégie foncière dans le rapport de présentation du PLU
  • le renforcement de l’ingénierie territoriale en matière d’urbanisme et d’aménagement
  • la réforme de la fiscalité foncière et immobilière
  • l’instauration de la contribution climat-énergie qui consisterait à taxer la consommation d’énergie
  • la réforme du Prêt à taux zéro
  • le lancement d’un grand programme de rénovation des logements
  • la construction et la pérennisation des logements sociaux proches du centre
  • l’articulation des politiques d’urbanisme et de mobilité, etc.

L’aménagement durable des territoires dépendra non seulement des politiques développées à cet effet mais nécessitera aussi la révision des principes qui continuent de guider le développement urbain et une refonte de la gouvernance territoriale.

Brésil : une nouvelle espèce de grenouille !

la grenouille à trois doigts

Une nouvelle espèce de grenouille a été découverte au Brésil. Dotée de trois doigts seulement, cette petite grenouille jaune vit dans la forêt tropicale atlantique. Cette espèce a fait l’objet d’une étude dans la revue Herpertologica.

Une découverte datée mais désormais officielle

L’animal a été découvert il y a plus de cinq ans en réalité. C’est le biologiste Michel Garey, lui-même brésilien, qui a découvert la grenouille « au hasard d’une randonnée organisée pour son anniversaire » dans une réserve protégée de la forêt tropicale. Un beau cadeau !

Le chercheur explique aux journalistes que « c’était le 14 février 2007 » – jour de la St-Valentin – on était avec deux amis au sommet d’une colline de la réserve quand on a vu cette petite grenouille à trois doigts seulement ».

Mais c’est en juin 2012 que l’espèce a été officiellement reconnue comme « nouvelle » et a fait l’objet d’une publication dans la revue Herpertologica.

Le spécialiste a indiqué qu’ « à l’époque, je faisais une étude sur l’environnement et je me suis dit que cela pouvait attendre, puisque aucun expert en grenouilles n’aurait accès à la réserve ». « Depuis le début 2011, j’ai mis 18 mois à collecter sept de ces nouvelles grenouilles, à aller dans des musées et à les comparer avec d’autres espèces, à confirmer qu’elles étaient nouvelles et à rédiger mon article ».

Un nom : Brachycephalus tridactylus

C’est son nom, la grenouille à trois doigts a été baptisée Brachycephalus tridactylus. Sa spécificité est bien l’absence d’un quatrième doigt aux pattes arrières. Toute petite, son corps est « long d’un centimètre et demi au maximum ». Elle est « presque entièrement orange parsemé de petites taches rondes de couleur olivâtre ».

Où en est-on des amphibiens ?

Il serait difficile à l’heure actuelle de savoir combien de ces amphibiens peuplent la réserve de la forêt tropicale atlantique. Michel Garey avance que «  de nouveaux travaux de recherche devraient être menés dans le futur afin de répertorier et estimer l’importance de cette population ». Pour resituer l’environnement de la Brachycephalus tridactylus : elle fait partie des 43 espèces d’amphibiens (grenouilles, crapauds et salamandres) inventoriées dans cet espace de 2253 hectares. A plus grande échelle, 950 espèces d’amphibiens ont été décrites au Brésil et près de 6700 dans le monde entier.

A peine découverte, l’espèce est menacée

Un tiers des espèces d’amphibiens seraient menacées de disparaître, en raison de la pollution et l’apparition d’une maladie fongicide infectieuse liée au changement climatique.

Depuis 1980, près de 120 d’entre elles seraient déjà complètement disparues.

Sources : Maxisciences.com

Bilan du Plan véhicules décarbonés et nouveaux engagements

plan véhicules décarbonés

Le Ministre de l’Industrie, Eric Besson, a appelé, mardi 6 septembre, l’ensemble des acteurs impliqués dans le développement des véhicules électriques et hybrides (constructeurs, équipementiers, électriciens, fabricants de solutions de recharge, installateurs…) à se réunir autour d’une table-ronde sur les véhicules décarbonés.

L’occasion de faire le point sur le développement de la filière de cette de cette nouvelle génération de voitures.

Actions gouvernementales

Le ministre a rappelé les actions mises en œuvre par le Gouvernement depuis quatre ans pour faire émerger des véhicules décarbonés compétitifs. Il a notamment fait état de l’avancée du plan national pour le développement des véhicules électriques et hybrides rechargeables, lancé par le Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire en octobre 2009. L’objectif de 2 millions de véhicules décarbonés sur les routes à l’horizon 2020 est plutôt en bonne voie. « La mobilisation du Gouvernement en faveur du véhicule décarboné porte pleinement ses fruits. » Sur les 750 millions d’euros réservés au « véhicule du futur », 500 millions ont déjà donné lieu à des appels à manifestation d’intérêt (AMI). Ce plan s’appuie également sur l’appel d’offre de La Poste-Ugap (centrale d’achat public) de 50.000 véhicules électriques (la livraison de la première moitié est prévue pour fin octobre 2011) ou encore sur le bonus automobile, qui, depuis 2008, a déjà soutenu l’acquisition de 3,9 millions de nouveaux véhicules peu polluants par les consommateurs français.

Calendrier des constructeurs automobiles

Cette table-ronde a également permis aux constructeurs de présenter leur calendrier de commercialisation de leurs véhicules décarbonés.

« Les industriels français sont à l’heure dans leurs programmes véhicules du futur », a déclaré Eric Besson qui s’est réjoui de la sortie sur le marché des nouveaux véhicules des constructeurs Renault (Kangoo zéro émission), PSA (Citroën C-Zéro, Berlingo électrique, Peugeot Ion, 3 008 hybride) ou encore du Groupe Bolloré (Blue Car).

Une charte, dix engagements

Une charte en faveur du véhicule électrique et hybride a été signée par le ministre et l’ensemble des professionnels du secteur présents à cette table ronde. Celle-ci précise les nouveaux engagements des industriels, qui prendront effet à la commercialisation des offres de chacun.

Les industriels signataires de la charte prennent les dix engagements suivants  :

Proposer des offres de véhicules électriques et hybrides attractives pour les particuliers

Promouvoir les véhicules électriques et hybrides auprès des acquéreurs de flottes

Promouvoir les véhicules électriques et hybrides auprès des collectivités

Assurer le plus haut niveau de sécurité des véhicules

Offrir des systèmes de garanties adaptés

–      Mettre en place un service après-vente adapté

Fournir une information transparente sur les conditions d’usage des véhicules

–      Faciliter la recharge des véhicules

Faciliter l’accès à l’infrastructure publique

–      Optimiser l’impact environnemental

« La Charte signée aujourd’hui par l’ensemble des constructeurs, électriciens et équipementiers automobiles, permet de franchir une nouvelle étape dans la diffusion du véhicule du futur. Elle illustre la mobilisation unanime des industriels pour répondre aux préoccupations concrètes des utilisateurs », a indiqué Eric Besson.

 

Malgré les avancées notables, le marché de l’hybride et de l’électrique reste timide avec seulement 6.011 voitures hybrides et 955 électriques immatriculées sur les six premiers mois de l’année.

Sources : actu-environnement, gouvernement.fr, enerzine.com

Un rapport du CAE redoute pour l’avenir de la voiture électrique

source: lev-news.com

Rien ne laisse présager un avenir commercial radieux à la voiture électrique d’après le dernier rapport de Jean Syrosa, dont les premières conclusions ont été dévoilées fin mars. Le chercheur du Conseil d’Analyse Economique (CAE) parie plutôt sur les véhicules hybrides (mêlant carburant et électricité) avant d’espérer voir se développer un marché de masse des voitures électriques. Le tout électrique est handicapé par des batteries encore trop chères et à l’autonomie perfectible.

 

Une liste non exhaustive de défauts

Le rapport du CAE est sceptique et liste les obstacles à la commercialisation générale du modèle électrique.

Les variables les plus importantes sont évidemment le prix et l’autonomie.  Pourquoi payer une voiture bien plus chère – « le  coût de revient kilométrique d’un véhicule électrique apparaît le plus souvent entre 20 % et 100 % plus élevé qu’un véhicule conventionnel à usage équivalent » – quand son autonomie est bien plus limitée ?

Un exemple est celui du projet de Rolls-Royce Phantom électrique. Le projet de voiture électrique de luxe semble tomber à l’eau, faute de clients.

Le surcoût des batteries (achetées ou louées) est très difficilement compensé par les économies sur l’essence, même en tenant compte de l’aide actuelle de l’Etat, de 5 000 euros en France, d’autant que les points de recharges sont quasi-inexistants car ils sont très chers à mettre en place.

S’ajoutent à ces obstacles, la question de l’approvisionnement des batteries en lithium, tenu par trois pays (Japon, Corée, Chine), le soupçon sur leur inflammabilité, l’obstacle de la recharge, qui manque toujours de points d’accès publics et privés et qui exige entre cinq et huit heures en temps normal…

 

Des milliers investis pour peu ?

Le rapport est cependant plus positif quant à un éventuel essor des deux-roues ou trois roues électriques. Les auteurs du rapport n’entrevoient l’électrique que dans le cadre des véhicules hybrides.

Finalement, la voiture électrique semble plus un investissement de niche comme pour les  flottes d’entreprises et l’auto-partage. Même si pour Autolib’ proposé à Paris par Delanoë, Jean Syrosa calcule une rentabilité de service qu’avec 200 000 abonnements et 7 h d’utilisation journalière de chaque véhicule…

Le CAE questionne aussi le bénéfice environnemental des véhicules électriques : il est difficile de dresser un bilan net de la conception au recyclage des batteries. L’utilisation et l’origine de l’électricité peut les amener à « un bilan désastreux ».

Au final, « pour les pouvoirs publics, l’atteinte d’objectifs généraux de réduction des émissions passe d’abord par l’incessante amélioration des performances des véhicules thermiques » affirment les auteurs du rapport.

 

Qu’est-ce que propose le CAE ?

Il faut cessez de croire au mythe de la voiture « décarbonée » : les émissions de CO2 d’un véhicule électrique en France seraient de 41g de CO2/km, soit bien en-dessous des 130 grammes actuellement émis par un véhicule thermique dans le pays. Mais au Japon ou en Corée ce taux grimperait à 130g, et irait même jusqu’à 200g pour un véhicule chinois, décrit Jean Syrota.

Le rapport propose d’« imposer les systèmes de stop and start sur toutes les voitures », c’est-à-dire un système coupant automatiquement le moteur quand il est à l’arrêt. Les auteurs ajoutent qu’il faudrait « réduire le stationnement résidentiel en augmentant son tarif », « imposer une norme pour les bornes de recharge électriques », et de « renforcer l’incitation à l’achat de véhicules peu polluants ».

Ce papier ne fait pas l’unanimité. Beaucoup lui reproche de ne pas prendre en compte l’ensemble des innovations technologiques récentes. Le ton rabat-joie de l’analyse déconcerte les lobbies de l’électricité et les constructeurs. Les répercussions du rapor dépendront de l’influence des acteurs du véhicule électrique ) s’exprimer sur la scène publique et à réduire les obstacles de prix et d’autonomie de cette automobile…

Sources: Green Univers, OuestFrance-Auto, Latribune, enviro2b, 20minutes.fr

Environnement : publication du World Risk Report 2012

Climate Himalaya

Avec la publication du World Risk Report 2012 (WRR), un nouveau message est adressé en faveur de la protection de l’environnement. L’Alliance allemande pour le développement Works (Alliance), Université des Nations-Unies pour l’environnement et la sécurité humaine (UNU-EHS) et The Nature Conservancy, qui a présenté le rapport, montrent que la dégradation de l’environnement est « un facteur important qui réduit la capacité des sociétés à faire face à des risques de catastrophe dans de nombreux pays à travers le monde ».

Des chiffres alarmants

Concernant la décennie 2002-2011, les chiffres sont bel et bien alarmants. Le nombre de catastrophes recensées s’élève à 4 130. Le nombre de décès affiché dépasse la barre du million. Quant aux pertes économiques, elles sont estimées à « au moins 1,195 trillions de dollars ».

Une classification selon le WorldRiskIndex

Le WorldRiskIndex, développé par l’Université des Nations-Unies pour l’environnement et la sécurité humaine, en coopération avec l’Alliance, permet de déterminer « le risque d’être victime d’une catastrophe naturelle » pour « 173 pays » du monde. On apprend par exemple que les Etats les plus « à risque » en cas de catastrophe sont « les Etats insulaires du Pacifique de Vanuatu et Tonga ». Les nations les moins exposées sont « Malte » et « le Qatar ».

Liens entre la dégradation de l’environnement et les risques

L’accent a été mis sur les liens qui existent entre la dégradation de l’environnement et les risques, notamment grâce à The Nature Conservancy, qui a été un partenaire incontournable dans le rapport de cette année. Le Dr Michael Beck, responsable scientifique marine à The Nature Conservancy, explique ainsi : « ce rapport illustre le rôle important que la nature peut jouer dans la réduction des risques pour les personnes et les biens contre les aléas touchant les littoraux comme les tempêtes, l’érosion et les inondations. Ainsi, les récifs coralliens ou les mangroves apparaissent comme des protections naturelles flexibles, rentables et durables et constituent une premières lignes de défense que d’autres éléments tels que la pêche, le tourisme, les digues ou les brise-lames ne fourniront jamais ».

Par exemple, 200 millions de personnes pourraient souffrir de coûts bien plus élevés lors de catastrophes si les récifs coralliens qui les protègent étaient dégradés. Démonstration en est faite par Michael Beck et Christine Shepard, co-auteurs du WRR. Les pays les plus vulnérables au regard de cette menace sont l’Indonésie et l’Inde (> 35 M d’habitants chacun), suivis par les Philippines (> 20M), Chine (> 15 M), Brésil, Vietnam, le Brésil et les Etats-Unis (tous> 7M). En outre, une vingtaine de pays ont une majorité de leur population vivant à de basses altitudes et près de récifs. Les Maldives, Palau, Saint-Kitts-et-Nevis, la Grenade, les Bermudes, les Bahamas, et à Bahreïn sont donc également visés.

Les autres « points chauds »

Le Dr Jörk Birkmann, de l’UNU-EHS, précise que « le WorldRiskIndex révèle les hotspots mondiaux pour des risques de catastrophe en Océanie, en Asie du Sud, le sud du Sahel et surtout en Amérique centrale et dans les Caraïbes. Ces lieux ont des niveaux de menace très élevé avec des population très vulnérables ».

Parions que l’ouragan Sandy fera moins de dégâts à New-York qu’aux Antilles, plus fragiles.

Sources : catnat.net, nature.org

Découverte d’un gène pour redonner du goût aux tomates

Des chercheurs semblent avoir découvert la raison du manque de saveur des tomates industrielles.

Selon une étude parue dans la revue américaine Science, un gène pourrait redonner de la saveur aux tomates industrielles, qui après avoir subi une mutation génétique mûriraient uniformément mais au détriment du goût.

Le trait génétique contrôlant l’uniformité du mûrissement dans la totalité de la tomate a été sélectionné pendant 70 ans, ce qui revenait à sélectionner celles qui étaient vertes, avant de devenir uniformément rouges. Mais la transformation neutralisait une protéine donnant du goût aux tomates.

Ann Powell, biochimiste à l’université de Californie et principale auteure du rapport explique que : « cette découverte du gène responsable de la saveur dans des variétés de tomates sauvages et traditionnelles offre la possibilité de retrouver des caractéristiques qui ont été perdues sans le savoir ».

Les auteurs de l’étude ont découvert deux protéines (GLK1 et GLK2) contrôlant le développement des chloroplastes. Il s’agit de structures dans les cellules de la plante qui permettent la photosynthèse chez les végétaux, un processus convertissant l’énergie de la lumière du soleil en sucres et autres composants, favorisant la production de sucres et de lycopènes responsables du goût de la tomate.

« Désormais, nous savons que certaines des qualités de la tomate très importantes pour les gens existent dans d’autres variétés non-industrielles, ce qui donne aux producteurs la possibilité de faire des fruits plus désirables tant par la couleur que par la saveur », conclut Ann Powell.

L’Union européenne et le Libéria s’engagent pour la protection des forêts tropicales

crédits : fotosearch.fr

L’Union européenne et le Libéria viennent en effet de conclure le 9 mai un accord de partenariat volontaire, qui va dans le sens d’une gestion durable et responsable des ressources en bois de l’Etat africain, au sein duquel se concentrent plus de la moitié des forêts tropicales d’Afrique de l’Ouest. Celui-ci aura pour objectif, à l’horizon 2014, d’établir un système d’autorisation d’exportation du bois à destination des Etats membres, afin de garantir le caractère légal et contrôlé de sa coupe.

Mais cet accord peut aussi être perçu comme un mécanisme de prévention des conflits armés dans la région. Les revenus tirés de l’exploitation illégale du bois avaient en effet servi au financement des conflits armés qu’a connu le Libéria durant les années 1990.

L’Union européenne pour sa part n’en est pas à son coup d’essai. Ce même type d’accord a ainsi été conclu auparavant avec d’autres pays exportateurs de bois : la République Centrafricaine, le Cameroun, le Ghana, la République Démocratique du Congo et l’Indonésie. Une démarche plus que responsable puisqu’on estime qu’environ un tiers de la production mondiale de bois est produite illégalement.

PNUE : protéger les eaux en haute mer

Source: Antoine STANISIERE sur artactif.com

 

Si les eaux territoriales sont soumises à la protection des Etats, les eaux internationales ou hautes-mers sont sous la tutelle des autorités internationales. Un récent rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), intitulé « Perspectives Environnementales Mondiales », conclut que les trois quarts de cette zone sont exploités au-delà de leur capacité maximale par le secteur de la pêche maritime.

Une étude précédant ces conclusions – celui du congrès du Programme international sur l’Etat des Océans (Ipso) – dénonçait également la surpêche de cette zone, la pollution détruisant des habitats entiers, acidifiant les eaux et l’augmentation de température des océans.

Ce panel scientifique concluait qu’au cours du demi-milliard d’années écoulées, cinq extinctions de masses sont survenues après des calamités naturelles, au cours desquelles plus de 50% des espèces existantes ont disparu.

Le PNUE dénonce une faiblesse dans l’application des engagements pris dès le sommet de la Terre, à Rio au Brésil, en 1992. Les eaux de hautes mers sont protégées mais la pression de la pêche détériore la biodiversité sous-marine. La surpêche s’explique d’après Achim Steiner, vice secrétaire de l’ONU et directeur du PNUE, par les subventions des Etats à leur industrie maritime : « il y a deux fois plus de navires de pêche industrielle présents pour capturer du poisson que les océans ne peuvent en supporter ». A la fragmentation des juridictions nationales de préservation des océans, s’ajoute l’apparente surdité des gouvernements aux cris alarmants de leurs propres experts. Tous les pays exploitent mais aucun ne gèrent au final.

Une série de résolutions de l’Assemblée Générale des Nations Unies depuis 2004, a permis d’élaborer un régime de protection de la biodiversité dans les profondeurs marines. Mais les résultats restent limités. Il faut repenser la gouvernance des océans et le processus de mise en œuvre des engagements. A ce sujet,  les gouvernements se réuniront à New York à la fin du mois de juin, pour préparer le sommet de Juin 2012 de Rio, et se concentreront notamment sur la problématique des océans.

Il devient nécessaire d’adopter des mesures au niveau international pour la conception et la gestion des régions marines protégées dans les eaux internationales, décrit le rapport de la PNUE. L’agence onusienne estime que 110 milliards de dollars d’investissements sont nécessaires dans les prochaines années pour gérer la pêche et amener les fonds marins de « récupérer

Le monde ne peut plus se permettre de retarder la restauration de la santé et la richesse des océans. Le demi-milliard de personnes qui dépendent d’une industrie de pêche en bonne santé, et le milliard qui dépendent du poisson comme principale source de protéines, ne peuvent attendre la communauté internationale, encore 20 ans, pour agir.

Sources: mediaterre, actualites-news-environnement.com, romandie, lefigaro, radio-canada

Villes: des « puits de carbones »

Une étude publiée récemment dans le Journal of Applied Ecology a montré que les espaces verts peuvent apporter leur contribution au stockage de carbone et faire des villes des « puits de carbone urbain ».

A la suite d’une observation de la ville de Leicester dans les Middle Highlands, au centre de l’Angleterre, abritant 300 000 habitants sur 73 km2, les scientifiques ont mesuré la capacité à absorber le CO2 des parcs, jardins, zones industrielles abandonnées, golfs, berges et accotements des routes et ont trouvé que 231 000 tonnes de carbone ont été captées par ces espaces.

Les zones urbaines ne sont d’ordinaire jamais prises en compte comme source de photosynthèse. L’étude montre que leur contribution peut être significative.

Bien sûr les espaces verts dans les villes ne peuvent faire oublier l’impact néfaste de la pollution urbaine sur le réchauffement climatique. Aussi les « puits de carbone » ne seront certainement pas suffisants pour compenser les énormes émissions de carbone des activités humaines et du monde. Mais cela laisse à réfléchir. Alors qu’environ 4 % de la surface terrestre est urbanisée, et que la population mondiale s’élève à sept milliards aujourd’hui, pour croitre à près de 9,5 milliards d’individus d’ici à 2050, il va devenir essentiel de favoriser les dispositions des villes à absorber le carbone, en encourageant par exemple les jardiniers à planter des arbres plutôt que des pelouses ou des arbustes.