Les tarifs du gaz et de l’électricité doivent être réformés

 

"La fée électricité" - Raoul Dufy

Les tarifs du gaz et de l’électricité méritent d’être réformés. Ce processus est « socialement inéluctable », pour reprendre des termes employés par le professeur de l’IEP de Paris Stéphane Cossé, dans un article également cosigné par Christophe Droguère, expert dans le secteur de l’énergie, et Yann Wehrling, porte-parole du Modem, que vous pouvez lire ici.

Un mois jour pour jour après le tsunami japonais qui a conduit à la catastrophe de Fukushima, les experts de l’énergie et du climat s’interrogent toujours sur l’avenir énergétique de la planète. En France, outre le débat sur la filière nucléaire, les représentants du gouvernement et de l’opposition ne s’entendent pas sur l’application de la loi « Nome » – pour « Nouvelle Organisation des Marchés de l’Electricité ».

La question des tarifs de l’énergie est au coeur de ces débats. Dans un contexte marqué par la crise et une augmentation de « la précarité énergétique », est-il nécessaire d’augmenter les tarifs du gaz et de l’électricité ? (oui le gaz à augmenté le 1er, il ne s’agissait pas d’un poisson et oui, l’électricité doit à nouveau augmenter…)

L’idée véhiculée par les 3 experts précités, dans leur article paru aujourd’hui sur lemonde.fr, consiste à admettre que « les prix de l’électricité et du gaz vont être amenés à augmenter significativement les prochaines années », quelque soit notre « mix énergétique ». La tendance irait évidemment à une plus forte augmentation si le pays d’engage vers une sortie du nucléaire au profit d’un développement des énergies alternatives.

Certains élus, associations de défense des consommateurs, s’élèvent contre toute réforme des tarifs du gaz et de l’électricité au motif qu’elle serait inévitablement injuste et pèserait sur le portefeuille des ménages les plus précaires.

Là réside l’intérêt du « point de vue » développé par Cossé, Droguère et Wehrling. Ils proposent dans ce contexte de « reconsidérer en profondeur » le « système réglementé actuel qui traite de la même façon un ménage à fort pouvoir d’achat et les ménages les plus pauvres en précarité énergétique ». Pour les tarifs de l’électricité, ils suggèrent deux options :

  • « Étendre le tarif social du million de ménage actuel (bénéficiaire de la CMU) à 25% des ménages consommateurs d’électricité (environ 8 millions, soit les bénéficiaires d’allocations logement). Le tarif « bleu » serait lui supprimé pour les autres consommateurs et le prix librement fixé par les producteurs mis en concurrence (donc aux coût de revient effectifs des producteurs). Ces prix intégreraient une contribution de solidarité correspondant à la subvention au titre de « tarif social étendu ». »
  • « Maintenir un seul tarif, qui serait subventionné jusqu’à un certain volume, correspondant à une consommation énergétique minimale pour limiter les situations de précarité. Au-delà, le tarif serait fixé librement par les producteurs. A cela s’ajouterait un malus, payable par tous, en cas de consommation trop élevée aux heures de pointes (à ces heures, le coût marginal est plus élevé et les centrales les plus émettrices de CO2 sont mises en fonctionnement). Cette solution reviendrait à instaurer un service universel d’énergie minimal représentant un droit à l’énergie pour tous les citoyens. »

L’intérêt ici, quelle que soit l’option retenue, est que « les ménages les plus aisés et les plus consommateurs seraient ainsi incités à réduire leur consommation ou à engager des travaux d’économie d’énergie ».

Soyons donc lucide et admettons que « nous ne pouvons plus permettre que les plus aisés » des ménages français « bénéficient d’une énergie à des tarifs aussi avantageux ». Comme le soulignent Stéphane Cossé, Christophe Droguère et Yann Wehrling, il est temps d’envisager une réforme des tarifs de l’énergie basé sur « système juste et redistributif, incitatif pour les économies d’énergie, et encourageant les investissements au meilleur coût dans les moyens de production ».

La production croissante de biocarburants entraîne au moins 192 000 décès par an

Source: Flickr

L’augmentation de la demande mondiale pour les biocarburants, principalement due aux politiques des pays industrialisés qui cherchent à améliorer l’indépendance énergétique et à freiner le réchauffement climatique, a contribué à la hausse des prix alimentaires mondiaux. En conséquence, plus de personnes dans les pays en développement souffrent à la fois de faim chronique et de pauvreté absolue (moins d’1.25$ par jour).

192 000 décès liés aux biocarburants par an

Le Docteur Indur M. Goklany, expert en évaluation des risques environnementaux et ancien chercheur de l’EPA, a publié une nouvelle étude dans le journal de l’association américaine des physiciens et des chirurgiens (AAPS) dans son numéro du printemps 2011. Cette analyse conclut que la production de biocarburants entraînerait au moins 192.000 décès supplémentaires et la perte de 6,7 millions d’AVCI (Année de vie corrigée de l’incapacité) par an. Il s’agit d’une mesure d’écart de santé mise au point par l’OMS en vue d’estimer le poids d’une maladie pour une population donnée. Les AVCI équivalent à la somme des années de vie perdues (AVP) à cause de la maladie et des années de vie vécues avec une incapacité (AVI).

Selon le Dr Indur M. Goklany, les politiques visant à stimuler la production et l’utilisation des biocarburants retardent le progrès des pays en développement en matière de réduction des niveaux de pauvreté et ne ferait qu’exacerber le poids des décès et des maladies liés à la pauvreté.

Des estimations qui dépassent celles de l’OMS

Cette étude exclue l’examen d’un certain nombre de risques pour la santé qui sont, en fait, directement liés à la pauvreté. Cependant, l’analyse n’a examiné les effets de la production de biocarburants sur la pauvreté qu’au-delà de 2004 et ne fournit donc pas une estimation complète de l’effet de toutes les productions de biocarburants. Malgré cette sous-évaluation, ces estimations dépassent celles de l’OMS s’agissant du nombre de décès et de maladies liés au réchauffement climatique qui est de 141 000 décès par an et d’une perte de 5.4 millions d’AVCI par an.

Dr Indur M. Goklany conclut qu’il ne peut n’y avoir aucune analyse honnête des coûts et avantages des politiques sur les biocarburants, si elles ne considèrent pas leurs effets sur les décès et les maladies dans les pays en développement.

Orange, le WWF et Emmaüs International ensemble pour le recyclage

A partir du 31 mars auront lieu les « Journées du Recyclage » pendant trois jours, dans les 1 200 boutiques d’Orange en France métropolitaine, en partenariat avec le WWF et Emmaüs International, voilà l’information à retenir aujourd’hui sur francematin.info.

Bon à savoir, que vous soyez client Orange ou non, vous pouvez donc vous rendre dans les points de vente de l’opérateur (« boutiques Orange, Mobistore, PhotoServie et Photostation ») et y déposer les téléphones portables, batteries ou chargeurs que vous n’utilisez plus!

L’évènement, qui fête sa deuxième édition cette année, vise à « collecter 100 000 mobiles » et à « atteindre le millionième mobile recyclé depuis 2005 ». L’ambition de l’opérateur est de collecter un million de mobiles par an d’ici 2015.

Notons que sans une attitude « citoyenne » et « responsable » de la part de « salariés volontaires d’Orange » ainsi que de membres du WWF, cette opération ne pourrait avoir lieu. Les deux entités ont d’ailleurs renouvelé leur partenariat pour une durée de 3 ans.

Des « techniciens d’intervention volontaires » proposent même aux « clients » qui le souhaitent, de « collecter les mobiles à domicile ».

La finalité, outre le nécessaire recyclage des portables, consiste à reverser « l’intégralité des bénéfices des Journées du Recyclage » au « Projet Afrique » porté par Emmaüs International à travers les Ateliers du Bocage (ADB) ». Ce projet a permis, depuis mars 2010, « d’ouvrir au Burkina Faso d’abord, et au Bénin ensuite, deux centre de collecte de déchets de mobiles et de créer 10 emplois dans ces deux pays ».

Petit à petit, l’homme devient moins petit…

« Cette année, deux nouveaux ateliers verront le jour, à Madagascar (juin 2011) et au Mali (fin d’année 2011) ».

Pour les chiffres à retenir :

–         « 100 000 mobiles collectés en France permettent d’ouvrir 1 atelier et créer 5 emplois ».

Une initiative à laquelle participer et à relayer !

 

Stockage d’électricité et crise énergétique

Vincent Bolloré indique dans un entretien au Monde, le 17 mars, avoir fait « deux gros paris : les médias et le stockage de l’électricité. » Le stockage de l’électricité apparaît comme l’élément déterminant dans la stratégie du groupe… moi qui croyais que l’électricité ne se stockait pas… toujours est-il que le groupe informe passer en charges « environ 100 millions d’euros en 2010 » pour développer cette filière.

Des investissements dont le Sénégal aurait bien besoin… En effet, d’après une dépêche de l’AFP relayée par Google ici, dans le même temps, le Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Navi Pillay, a exhorté mercredi le pays « à trouver une solution aux coupures d’électricité » alors que la zone est « en proie depuis des mois à une sévère crise énergétique ». Bon à savoir, et Navi Pillay, « l’approvisionnement en électricité est un droit humain, particulièrement pour les communautés vulnérables, et j’espère que quelque chose sera fait pour améliorer la situation ».

Le tribunal international du droit de la mer critiqué par des associations environnementales

Novethic.fr, spécialisé sur le développement durable, informe que le tribunal international du droit de la mer (ITLOS) – en aviez vous déjà entendu parler? – vient de rendre un avis consultatif sur la question des responsabilités des Etats contractant avec des entreprises pour l’exploitation des minerais dans les grands fonds marins. Pour plusieurs associations environnementales, cette instance onusienne basée à Hambourg, en Allemagne, rend un avis insuffisant.

Novethic.fr cite :

  • Christian Neumann, expert des questions maritimes au WWF, qui qualifie d’avis de « décision de principe » et en dénonce les limites : les Etats autorisant des entreprises à forer dans la « zone » (terme employé par l’ONU pour évoquer les fonds marins et sous sols situés en dehors des juridictions nationales) ne portent pas la responsabilité s’ils ont « pris toutes les mesures nécessaires et appropriées pour assurer le respect effectif » par l’entreprise des obligations qui lui incombent.
  • Iris Menn, biologiste marine chez Greenpeace Allemagne, qui s’exprime sur l’extraction des sulfures, à laquelle s’intéresserait de (trop) près l’île de Nauru, au nord-est de l’Australie : « les sédiments, en retombant sur le sous-sol marin, bouleversent profondément des organismes très sensibles, d’autant qu’à cette profondeur, leur rythme de croissance est extrêmement lent ».

On apprend également que WWF et Greenpeace au remis à l’ITLOS « un exposé des enjeux écologiques, économiques et politiques d’un espace maritime dont les ressources ont été déclarées patrimoine commun de l’humanité par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer« .

La réglementation en matière d’extraction de minerais dans les sous-sols marins mérite en effet d’être plus claire et plus efficace. C’est encore de la légitimé de l’ONU dont il s’agit, espérons qu’elle sera crédible à ce sujet.