Semaine internationale de l’eau : « L’eau dans le monde urbain »

La Semaine internationale de l’eau, qui s’est ouverte lundi 22 août à Stockholm,  a pour thème « L’eau dans le monde urbain ». La journée mondiale de l’eau 2011 (le 22 mars) était déjà sous le signe de l’urbanisation.

Un thème plus que d’actualité. A l’heure où l’urbanisation se développe rapidement et se fait pour une grande partie sous forme de bidonvilles, l’approvisionnement en eau de la population urbaine devient une priorité et un véritable défi.

 

1/5 de la population mondiale n’a pas accès à l’eau

La moitié de la population mondiale vit désormais en ville. Si la proportion de pauvres augmente rapidement dans les zones urbaines, en revanche, les investissements dans les infrastructures d’accès à l’eau et d’assainissement ne suivent pas ce rythme. «Ces zones urbaines sont le foyer de 830 millions de personnes manquant souvent de services basiques en termes d’approvisionnement en eau et d’installations sanitaires», a déclaré Gunilla Carlsson, ministre suédoise à l’aide internationale, lors de la séance d’ouverture de la conférence. Et la situation ne s’améliore pas, au contraire, les pénuries d’eau vont frapper une proportion croissante de la population mondiale urbaine. «1,6 milliard de personnes vivent dans des zones déjà en proie à une pénurie d’eau et on pourrait rapidement arriver à 2 milliards si rien ne change», souligne un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue).  D’autant que le changement climatique tend à raréfier la ressource en eau.

Au-delà du manque d’infrastructures dans les zones pauvres, ce sont également les modes de vie urbains qui entrainent une augmentation de consommation d’eau voire du gaspillage. Déjà 60% des villes européennes surexploitent leurs ressources en eau tandis qu’en Afrique subsaharienne plus de la moitié des habitants des villes ont un accès largement insuffisant à l’eau potable.

Une situation aggravée en Afrique

L’ONU a choisi cette semaine pour publier L’Atlas de l’eau en Afrique. L’occasion de rappeler que d’ici 2100, un habitant sur trois habitera en Afrique et que la part urbaine de la population africaine ne cesse de croitre. Selon ce document,  «la croissance de la population urbaine africaine a eu lieu en grande majorité dans les taudis périurbains, la capacité des réseaux d’approvisionnement en eau a été largement dépassée, et la couverture en eau courante a globalement baissé».

La quantité d’eau disponible par personne en Afrique est bien inférieure à la moyenne mondiale et diminue. Avec 15 pour cent de la population mondiale, l’Afrique compte seulement 9 pour cent des ressources renouvelables en eau. Une rareté de l’eau aggravée par les conditions climatiques, le changement climatique, la forte croissance démographique, la situation socio-économique et les choix politiques.

L’approvisionnement en eau potable : un défi à relever

La rareté de l’eau est lourde de conséquences pour les populations. Les pénuries d’eau représentent la deuxième cause de mortalité infantile et contribuent à la mortalité des mères. L’eau est également vitale pour assurer la sécurité alimentaire de la population. Selon le rapport du Pnue, si l’on maintient les mêmes pratiques agricoles, les régimes alimentaires actuels et si l’urbanisation croissante se poursuit, « la quantité d’eau nécessaire à l’agriculture (…) qui est de 7.130 kilomètres cubes aujourd’hui, augmentera de 70 à 90% pour nourrir neuf milliards de personnes d’ici à 2050 ».

Cette semaine internationale de l’eau est non seulement l’occasion de faire prendre conscience de la rareté de l’eau mais aussi d’appeler à la mobilisation pour un meilleur approvisionnement en eau. «Plus que jamais, nous avons besoin de nouvelles technologies et de politiques», a rappelé la ministre suédoise.

Le commissaire européen chargé du développement, Andris Piebalgs, a mis l’accent sur l’importance de faire de l’eau « un droit international pour tous ». Il a également réaffirmé l’engagement de l’UE sur l’accès à l’eau potable dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) des Nations Unies (pour rappel, l’eau et l’assainissement représentent l’un des 4 OMD) et plus exactement son objectif qui consiste à réduire de moitié, d’ici 2015, la proportion privée d’un accès durable à un approvisionnement en eau potable et à des services d’assainissement de base.

Durant cette semaine,les experts exploreront les meilleures solutions pour répondre à la demande croissante en eau des municipalités, de l’agriculture, des industries, des entreprises de distribution d’énergie et des foyers, en équilibre avec les ressources naturelles. Les infrastructures devront être résistantes aux catastrophes et la gestion de l’eau plus intelligente pour empêcher que les sécheresses, les inondations et la pollution ne menacent davantage la sécurité des aliments, de l’eau et de l’énergie.

La Commission européenne estime que parmi les OMD, même si l’assainissement laisse encore à désirer, l’accès à l’eau est l’un de ceux qui ont le plus de chance d’être atteints, et particulièrement en ville.  » Les villes offrent des économies à grande échelle ainsi que d’excellentes opportunités de développement d’une infrastructure efficace, pour une réutilisation accrue de l’eau et des déchets, et pour une utilisation plus efficace de l’eau et de l’énergie « .

A l’issue de la Semaine, les participants publieront une déclaration destinée à apporter des idées et un soutien à la conférence de Rio de Janeiro sur le développement durable, organisée par les Nations unies en juin 2012, 20 ans après le sommet de la Terre. Le rendez-vous suédois permettra également aux participants de préparer une conférence sur l’eau, l’énergie et la nourriture, qui aura lieu à Bonn (Allemagne) en novembre 2011, et le Forum de l’eau à Marseille (France) en mars 2012.