Eléphants : massacrés pour l’ivoire à destination de la Chine

Éléphant victime de braconnage (Nord-Kivu-RDC) ICCN

Le site du Courrier International diffuse aujourd’hui un article aussi intéressant qu’inquiétant sur le trafic de défenses d’éléphants, au profit de la Chine. L’ivoire des défenses d’éléphants a conduit à une réelle « filière de crime organisé ». On apprend que « guérillas armées, militaires corrompus et mafieux se partagent une « ressource » qui pourrait bientôt ne plus exister ».

Les défenses d’éléphants sont comparées aux « diamants de Sierra Leone » et aux « mines du Congo », tant l’exploitation de cette ressource « est nourrie par les guerres en Afrique ». Les guerres nourrissent le crime qui amplifie les conflits en retour. Le cercle est vicieux.

L’ivoire : pour de l’argent et des armes

L’ivoire est « facile à échanger en argent liquide ». Il s’échange également contre des armes. C’est pourquoi « plusieurs des principaux groupes armés d’Afrique, dont l’Armée de résistance du Seigneur (LRA, mouvement de rébellion ougandais), les milices somaliennes d’al-Shabab et les Janjawid au Darfour, chassent les éléphants ». Massacrant les éléphants pour mieux massacrer les hommes, voilà le double crime de ces groupes ultra-violents.

Une activité syndicale efficace profitant d’Etats en faillite

D’après l’enquête dont les conclusions sont parue dans le Courrier International, qui rapporte des propos relevés auprès d’autorités, ces criminels « sont aujourd’hui associés à des syndicats du crime organisé qui expédient l’ivoire dans le monde entier en profitant des difficultés des Etats, des frontières perméables et de complicités depuis l’Afrique sub-saharienne jusqu’à la Chine ».

« L’or blanc » des Chinois

Des contribuables américains financeraient – sans le savoir – « à coup de millions » des armées africaines dont des membres seraient impliqués dans des « chasses illégales à l’éléphant » et de « la vente d’ivoire ». Par exemple, « les arrestations liées à ce trafic au sein de l’armée congolaise sont nombreuses et les gardes forestiers s’opposent régulièrement aux forces du Soudan du Sud ».

Interpol – International Police – enquête sur le massacre d’éléphants survenu dans le parc national de la Garamba, en République Démocratique du Congo, et doit « comparer des échantillons d’ADN prélevés sur les crânes des animaux à celui d’un important lot de défenses marqué « bien ménagers » récemment saisi dans un aéroport ougandais ».

Il faut savoir que près de 70% de l’ivoire illégal serait destiné à la seule Chine, qui convoite cette ressource depuis des siècles. La croissance chinoise permettrait à de plus en plus de personnes d’accéder à ce bien précieux qu’est l’ivoire. Une mauvaise nouvelle pour les éléphants. Le prix atteint pourtant 1000 dollars la livre : exorbitant.

L’année passée, du Nigéria au Kenya, « plus de 150 ressortissants chinois ont été arrêtés pour trafic d’ivoire ». Il apparaît aussi que des preuves convergentes témoignent de plus en plus de chasses illégales à l’éléphant « dans les régions où une main d’œuvre chinoise est employée à la construction de routes ».

Côte d’Ivoire, Tanzanie, Gabon : dévastés

La Côte d’Ivoire, dont le nom provient des « nombreux troupeaux d’éléphants qui s’ébrouaient autrefois dans ses forêts », n’a jamais aussi mal porté son nom. « Après des décennies de carnage, l’ivoire a presque complètement disparu. La demande a augmenté à un point tel qu’une simple défense d’éléphant adulte peut valoir jusqu’à dix fois le revenu annuel moyen dans bien des pays africains ». En Tanzanie, en disposant des « citrouilles empoisonnées sur les routes », les paysans rusent pour attirer les éléphants. Au Gabon, « des groupes allant chasser au cœur de la forêt tropicale pour leur subsistance sont recrutés pour tuer des éléphants et ramener leurs défenses. Ils ne reçoivent parfois pas plus qu’un sac de sel en échange ».

Conclusion

D’après le courrier international, l’année dernière, « le braconnage a atteint son niveau le plus élevé depuis la création de dispositifs de contrôle internationaux en 2002. L’année 2011 a également été celle du record de saisies d’ivoire illégal à travers le monde: 38,8 tonnes (soit plus de 4 000 éléphants) ». Cette forte augmentation est « la preuve de l’implication du crime organisé dans le trafic d’ivoire, car seul un système criminel parfaitement huilé – avec l’aide de représentants corrompus – est capable de transporter des centaines de kilos d’ivoire à des milliers de kilomètres à travers le monde, la plupart du temps à l’aide de conteneurs spéciaux disposant de compartiments secrets ».

Pour + d’infos

Source : Courrierinternational.com