Code forestier : Dilma Roussef met son veto

Nous apprenions il y a moins d’un mois, la proposition de mettre en place un nouveau code forestier, acceptée par la chambre des députés brésilienne, dont les dispositions les plus controversées portent « sur l’amnistie des auteurs de coupes forestières illégales et l’autorisation pour les fermiers de s’installer dans les zones défrichées avant juillet 2008 ». La présidente Dilma Rousseff a posé son veto, le vendredi 25 mai, à cette loi très controversée au Brésil.

Photo: grandcanyon.free.fr

Veto… mais pas trop

Une nouvelle vague de déforestation vient peut-être d’être évité au Brésil –  selon une étude de l’Université de Brasilia, ce projet, approuvé par le Congrès, « pouvait augmenter de 47% la déforestation dans le pays d’ici à 2020 » – grâce à la décision de la présidente Dilma Rousseff de mettre plusieurs veto au projet de révision du code forestier, en place depuis 1965. Un veto partiel donc, qui est accueilli avec scepticisme par les défenseurs de l’écologie et de l’environnement, comme Greenpeace ou WWF, qui demandaient à la présidente de refuser l’ensemble du texte. La responsable du WWF pour le Brésil, Maria Cecilia Wey de Brito, déclare à ce propos que « la société brésilienne et du monde entier voient un pays qui continue à jouer avec l’avenir de ses forêts », le Brésil se voulant pourtant exemplaire en matière de préservation de l’environnement.

A moins d’un mois du sommet sur le développement durable Rio+20, le nouveau code représente une véritable « épine dans le pied » du Brésil, pays hôte de ce sommet, qui réunira plus de 100 chefs d’Etat et de gouvernement. L’exemplarité que le pays veut afficher en matière de préservation et de déforestation est fortement mis à mal, malgré les 12 vetos de Dilma Rousseff et 31 modifications du texte de loi « qui entreront dès lundi en vigueur mais devront ensuite être approuvés par le Congrès, ce qui laisse présager une nouvelle passe d’armes parlementaire ».

Le texte modifié

Izabella Teixeira, ministre brésilienne de l’environnement, explique que le gouvernement avait refusé d’amnistier les compagnies à l’origine de déboisement illégal en masse dans le passé. Il voulait préserver les petits propriétaires, obliger les fermiers à reboiser et ne pas réduire les zones protégées en Amazonie, qui avec ses 5 millions de km², couvre 60% de la surface du Brésil. L’Amazonie, c’est-à-dire la plus grande forêt tropicale au monde, est considérée comme le « poumon vert » de la planète. La ministre ajoute que le veto de la présidente Dilma Rousseff montre que le Brésil « est un pays qui veut protéger l’environnement tout en continuant à produire des aliments ».

Après modifications, le texte conserve l’obligation « de maintenir intacts jusqu’à 80% des forêts dans les grandes propriétés en Amazonie et 35% dans les zones de savane ». Toutefois, il tolère plus de « flexibilité pour les petites propriétés qui représentent le quart des terres agricoles du pays », dont la majeure partie de la production est destinée à l’alimentation. Ici se trouve tout le paradoxe du pays : géant agricole qualifié de « ferme du monde », où les terres cultivées représentent une superficie supérieure à quatre France ; et aussi « pays qui a réduit la déforestation de 27.000 km² en 2004 à un peu plus de 6.000 km² en 2011 ».

Le ministre de l’Agriculture Jorge Alberto Mendes Ribeiro, affirme après le veto présidentiel, que le Brésil « continuera à être « un des pays qui produit et exporte le plus au monde » tout en préservant l’environnement », et que le code forestier « ne sera pas celui des écologistes ni des ruralistes (le lobby agricole), ce sera le code de ceux qui ont du bon sens ».

Alors, que penser vraiment de ce veto de Dilma Rousseff ? Bon ou mauvais présage ?

Source : GoodPlanet.info