Cameroun : combattre la déforestation

Dans le cadre le l’APV-Flegt, l’Accord de Partenariat Volontaire pour l’Application des réglementations forestières, Gouvernance et Echanges commerciaux, l’Union Européenne vient d’attribuer au Cameroun la somme de 78 millions de francs CFA. Cette somme sert à financer un « projet d’observation externe et communautaire des forêts », dans le but de combattre la déforestation et le commerce illégal de bois.

Photo: Fotopedia.com

Un travail de longue haleine

Le Cameroun s’est engagé, dès avril 2005, à intégrer le processus d’application des réglementations forestières dans ses politiques commerciale et environnementale. Suite à de nombreuses négociations et restructuration des objectifs du pays, l’accord d’un partenariat avec l’Union Européenne a été conclu, en 2010 à Yaoundé. Cet accord marque la volonté des deux parties de combattre l’exploitation illégale des forêts, le commerce illicite de produits en bois et la forte corruption existant dans le secteur forestier. C’est lors de journées de travail, tenues les 19 et 20 avril derniers que le Foder (l’ONG Forêts et développement rural) a appris la décision de l’UE de financer le projet d’observation des forêts au Cameroun à hauteur de 80%. Les 20% restant étant assurés par l’organisation néerlandaise FERN et par l’agence britannique Well Grounded.

Le projet d’observation doit s’étendre sur 14 mois et couvrira différentes zones du pays comme Yoko et Mbalmayo, les régions du Centre, Abong Mbang et Lomié, les régions de l’Est, ainsi que Akom2, Elogbatindi et Ma’an, les régions du Sud. Une des conditions de la bonne marche du projet est l’intégration et l’intensification du rôle « des communautés locales et autochtones » dans le processus d’observation des forêts. Le projet revêt une dimension fortement sociale et environnementale à travers « l’observation indépendante externe et participative des activités d’exploitation forestière dans les régions visées ».

Contre les comportements véreux

Rappelons que le secteur du bois représente 6% du PIB au Cameroun et que le « pays produit 2,3 millions de mètres cubes de bois par an, dont 80% est destiné au marché européen », en ce qui concerne le marché légal. Le Cameroun s’est engagé à n’exporter vers l’Europe que « du bois dont la coupe a été effectuée de manière licite ». Selon les observations déjà effectuées dans le pays et par l’Union Européenne, des résultats sont déjà visibles. L’engagement du Cameroun a permis le retrait de licences de plusieurs exploitations forestières allant à l’encontre des termes de l’accord.

Dans le processus de l’Apv-Flegt, les populations sont également sensibilisées au problème de la contrebande de bois et de la déforestation, raison pour laquelle elles participent au projet mené par l’ONG Foder. Les populations sont donc plus actives et plus réactives face aux abus, elles dénoncent le comportement véreux des exploitations forestières et militent pour sauvegarder leur environnement naturel. Par le biais de ces communautés et leur attitude positive face au projet, l’ONG Foder espère faire évoluer les mentalités au niveau de toute l’administration publique au Cameroun.

Source : Mediaterre.org