Brésil : polémique autour d’un nouveau code forestier

Plusieurs ONG, dont WWF et Greenpeace, s’inquiètent de la possible ratification d’une loi amnistiant les auteurs de déforestation, un nouveau code forestier qui créer la polémique dans le monde de la préservation de l’environnement. A quelques semaines du sommet Rio+20, qui se tiendra du 20 au 22 juin 2012, « la présidente du Brésil Dilma Roussef doit donner les preuves de sa bonne volonté en matière d’environnement en opposant son véto au vote du Parlement ».

Photo: fotopedia.com

Réforme du code forestier

Depuis 1965, le code forestier brésilien limitait l’usage des terres agricoles en obligeant les propriétaires de forêts à en préserver une partie intacte, pouvant atteindre jusqu’à 80% en Amazonie. Les propriétaires devaient également protéger les zones dites « sensibles », où la biodiversité est la plus menacée, comme les rives des fleuves et les coteaux de collines. La réforme du code forestier brésilien représente un danger pour l’environnement, car elle réduirait de façon significative ces zones jusqu’ici protégées.

Cette situation risque de laisser la part belle aux intérêts des agriculteurs et occulter ceux des populations. Dans la nuit du jeudi 26 avril 2012, la chambre des députés a approuvé la réforme, remettant ainsi en cause les acquis des populations concernant la déforestation et la préservation du milieu naturel. Le texte de loi doit encore être approuvé par Dilma Roussef, présidente du Brésil. Si elle venait à opposer son veto, la proposition de réforme retournerait au Sénat afin d’être modifier.

Polémique et tractation politique

Les ONG, dont principalement Greenpeace, pointent que le fait le plus polémique est celui concernant l’amnistie des producteurs de bois ayant déboisé illégalement des zones forestières sensibles se trouvant près des fleuves, avant l’année 2008. Ils étaient jusqu’à maintenant tenus de replanter la totalité des terres dévastées, ce qui ne sera plus le cas si la réforme est votée.

Pour WWF et Greenpeace, une telle proposition de la part du Brésil montre un net recul de sa trajectoire environnementale. Sarah Shoraka, activiste de Greenpeace et spécialiste des forêts déclare que « c’est un choc que le Brésil ait modifié son code forestier protégeant la forêt amazonienne. A quelques semaines du sommet Rio+20, cela met beaucoup de pression sur la Présidente Dilma Rousseff. Il sera très difficile pour elle de se poser en défenseur de l’environnement. » Elle insiste sur le fait que le gouvernement Dilma Roussef est beaucoup moins sensibles aux questions environnementales que ne pouvait l’être celui de Lula. En effet « l’ex-président Lula avait annoncé des mesures ambitieuses pour réduire les émissions de CO2 à Copenhague. »

Les organismes internationaux pensent que cette loi représente un premier test pour la présidente. Sarah Shoraka ajoute que la situation environnementale au Brésil s’est singulièrement détériorée avec le gouvernement Roussef, « il n’y a qu’à regarder la construction de grands barrages hydroélectriques ou celle de routes réalisées sans études environnementales préalables pour noter que la défense de l’environnement se dégrade au Brésil. » Les ONG s’attendent à voir se prolonger la politique entreprise par Lula. Le fait que la présidente ait laissé entendre qu’elle opposerait son veto à cette réforme semble être un bon présage pour les défenseurs de la nature et les populations directement touchées.

Source : Greenetvert.fr