Pesticides dans le thé chinois

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Deux études menées par les laboratoires Greenpeace, à la demande de l’organisation,  révèlent la présence de nombreux pesticides dans le thé distribué en Chine par la grande marque Lipton, première sur le marché de la distribution de thé en sachet dans le pays. Un rapport de Greenpeace Chine publié le 24 avril dénonce les méthodes de production du groupe Unilever, et le non respect des normes de sécurité sanitaire dans le pays.

Des enquêtes accablantes

Greenpeace a publié un premier rapport d’enquête le 13 avril donnant des résultats alarmants concernant neuf marques chinoises, comme Zhang Huang ou Tenfy’s Tea. Ces différents thés contiennent plus de 29 pesticides, dont certains très toxiques pour la santé. On trouve parmi eux des pesticides strictement interdits en Chine tels que le dicophol, l’endosulfan et méthomyl, étant jugés très néfastes pour la fertilité, la santé des femmes enceintes et la croissance des fœtus.

La deuxième enquête concerne quatre types de thé Lipton: un thé vert, un thé jasmin, un thé noir, et le thé Iron Buddha. Chaque échantillon contient au moins neuf pesticides, dont sept ne sont pas approuvés par l’UE, qui imposent des « limites maximales de résidus (LMR) bien plus strictes que celles en vigueur en Chine ». Sur ce point a directrice de la campagne de Greenpeace, Wang Jing déclare que « sur 29 pesticides que nous avons trouvés, seuls 5 sont listés par les organes de supervision chinois. Pour les thés, il n’y a en Chine que 30 substances actives listées, contre 450 pour l’UE. Or il y a près de 600 types de pesticides en Chine. La réglementation est très en retard sur les usages agricoles, notamment pour les plantations de thé. »

Aucun des thés qui sont montrés du doigt par l’ONG n’est destiné à l’exportation, car ils ne respectent pas les normes de sécurité sanitaire que l’Union Européenne a renforcée le 1er octobre 2011. Mais les résultats obtenus confirment qu’il y a « des failles dans le système de contrôle sanitaire chinois, sur l’ensemble de la chaîne de production », leur commercialisation est pourtant  maintenue en Chine.

Un scandale sanitaire

Le groupe Unilever ne s’est pas encore déclaré sur le rapport de Greenpeace, toutefois il maintient la volonté d’obtenir « à l’horizon 2015 la certification Rain Forest Alliance, qui inclut des critères stricts à l’égard des pesticides. » Il précise que cette certification sera appliquée à tous les thés chinois produits dans la province du Yunnan « avant fin 2012 ».

Les enquêteurs de Greenpeace se sont attachés à contrôler les thés des provinces du Fujian et du Zhejiang, respectivement première productrice de thé oolong et première productrice de thé vert. Ils y ont trouvés des traces de pesticides contenant des substances actives interdites en Chine. Pour Greenpeace Chine, il s’agit de faire comprendre aux industriels que le scandale sanitaire est bien réel et qu’ils ne doivent pas se cacher derrière « le fait que les limites maximales de résidus décelés dans leurs thés sont inférieures aux normes chinoises ». Le thé étant maintenu à la vente, c’est la santé de la population chinoise qui est mise en jeu.

Selon l’ONG, l’Association des producteurs chinois a « réservé son avis » suite à la publication de son premier rapport. Toutefois ce nouveau scandale pourrait bien réveiller l’opinion publique et faire pression sur les grands groupes et leurs marques.

Source : LeMonde.fr