Quelles évolutions depuis 20 ans ?

 

Cela fait déjà presque 20 ans que la ville de Rio au Brésil a accueilli la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement durable. A l’approche du Sommet de Rio + 20, qui se tiendra du 4 au 6 juin prochain, il est temps de dresser un premier bilan.

Le programme des Nations unies pour l’environnement  vient de publier un rapport intitulé « Suivre les traces de notre environnement en mutation : de Rio à Rio + 20  » retraçant les changements environnementaux planétaires qui ont eu lieu au cours des vingt dernières années.  Celui-ci a été publié dans le cadre de l’écriture du « Global Environnement Outlook -5 » (GEO -5) du PNUE. Au sein de l’ONU, GEO -5 est l’analyse la plus fiable au sujet  des tendances et des perspectives de l’environnement au niveau mondial. La publication complète de GEO -5 sera dévoilée en mai prochain, soit un mois avant la Conférence de Rio + 20.

Au sujet du changement climatique :

Les émissions mondiales de CO2 continuent d’augmenter en raison de l’utilisation croissante de combustibles fossiles. Cependant, le PNUD constate que la quantité de CO2 émise pour produire 1 dollar (USD) du PIB national a baissé de 23% depuis 1992. Cela démontre le fait que la croissance économique n’est pas nécessairement liée à une augmentation de la consommation des ressources naturelles.

Depuis 1992, on constate un rétrécissement et un amincissement des glaciers du monde entier, ce qui influe sur l’augmentation du niveau des mers. Cette augmentation – environ 2,5 mm par an – menace le bien-être d’environ un sixième de la population mondiale.

Au sujet de la déforestation :

Même si une nette tendance à la reforestation a été constatée en Europe, en Amérique du Nord et dans certaines régions d’Asie, la superficie forestière mondiale continue de diminuer et 300 millions d’hectares ont été abattus depuis 1990.

Au sujet de l’efficacité de la gestion des ressources naturelles :

Entre 1992 et 2005, l’utilisation globale des ressources naturelles a augmenté de plus de 40%. Le PNUD alerte sur le fait que si une action n’est pas rapidement prise pour enrayer la surconsommation des ressources et pour séparer la croissance économique du gaspillage, les activités humaines finiront par détruire l’environnement.

Au sujet de l’eau potable :

Il est prévu que le monde atteigne, voire dépasse, les objectifs du Millénaire au sujet de  l’accès à l’eau potable ; ce qui indique que d’ici 2015, près de 90% de la population des pays en voie de développement auront accès à des sources d’eau potable (contre 77% en 1990).

Ce rapport alerte également sur le fait que la biodiversité a chuté de 12% au niveau mondial et de 30% dans les tropiques. Il existe une préoccupation croissante concernant l’acidification des océans –  le pH de l’océan est passé de 8,11 en 1992 à 8,06 en 2007 –  Cela pourrait avoir des conséquences importantes sur certains organismes marins et diminuer les revenus provenant des activités touristiques.

Cependant, le PNUD constate que de nombreuses questions environnementales qui émergeaient seulement en 1992, sont désormais partiellement résolues grâce à l’élaboration de politiques générales dans les nombreux pays concernés.

« L’écologisation » de l’économie a pris son envol. Elle est désormais vue comme une voie viable pour un développement durable. Le recyclage des déchets ou leur transformation en ressources nouvelles est pratiqué dans de nombreux pays.  Il y a eu une réelle prise de conscience de la part des consommateurs.

Lors de la publication de ce rapport, Achim Steiner, le Secrétaire adjoint de l’ONU a déclaré que « Rio + 20 aura pour thèmes principaux : l’économie verte dans le contexte du développement durable et de l’éradication de la pauvreté. Pour peu que les différents protagonistes s’accordent sur la direction à suivre, cette conférence pourrait permettre de déclencher l’impulsion nécessaire pour assurer le retour au vert des différents indicateurs environnementaux, et pour que le droit au développement soit apprécié par le plus grand nombre, au lieu de ne bénéficier qu’à quelques privilégiés ».

A suivre…

Sources : PNUD , developpementdurable.com