L’heure verte

A l’occasion du passage à l’heure d’hiver la nuit dernière, le Ministère du Développement durable a rappelé l’intérêt écologique de cette mesure. A 3 heures du matin, tous les européens ont reculé leur montre de 60 minutes.

Petits rappels :

En 1911, la France adopte l’heure donnée par la petite ville de Greenwich. En 1916, afin de réaliser des économies d’énergie, il est décidé d’ajouter une heure par rapport à celle-ci durant les mois d’été. Mais en 1940, sous l’occupation allemande, la France se voit contrainte d’adopter le timing de Berlin et avance alors sa montre de deux heures l’été, et d’une heure l’hiver par rapport à celle des habitants de Greenwich. A la fin de la seconde guerre mondiale,  l’hexagone est finalement revenu à l’heure de 1916.

Mais en 1973, le « choc pétrolier » fait augmenter spectaculairement le prix de l’électricité. C’est pourquoi, Valéry Giscard d’Estaing décide d’instaurer le passage à l’heure d’été. Il a pour objectif d’effectuer des économies d’énergie, en faisant coïncider au mieux les heures d’activité et les heures d’ensoleillement pour limiter l’utilisation de l’éclairage artificiel.

Ce principe a ensuite été adopté par l’ensemble des pays de l’Union européenne au début des années 1980. Pour faciliter les transports, les communications et les échanges au sein de l’UE, il a été décidé en 1998, d’harmoniser les dates de changement d’heure. Ainsi, pour l’ensemble des pays de la zone Europe, le passage à l’heure d’été intervient le dernier dimanche de mars à 2 heures du matin et le passage à l’heure d’hiver intervient le dernier dimanche d’octobre à 3 heures du matin.

Quelles économies ?

Selon le Ministère du Développement durable, le changement d’heure a permis d’économiser 440 GWh en éclairage durant l’année 2009, soit la consommation d’environ 800 000 ménages. Grâce à ces économies, la France a ainsi évité l’émission de 44 000 tonnes de CO2. En 2030, la réduction globale des émissions due au changement d’heure pourrait être de 70 000 à 100 000 tonnes de CO2.

C’est principalement en matière d’éclairage domestique que ce dispositif permet de gagner de l’énergie. « En hiver, avec une heure d’avance par rapport au soleil, on allume la lumière moins longtemps le matin. On économise aussi environ une heure d’éclairage le soir. Le reste du gain provient des usages thermiques comme le chauffage et la climatisation », explique Pascal Dupuis, responsable au service climat et efficacité énergétique à la direction de l’énergie. Mais selon lui, les ampoules à basses consommation – les seules qui seront en vente à partir de 2012 – pourraient remettre en cause la pertinence du dispositif.

Il est donc  possible que dans un futur proche, les politiques publiques posent la question de savoir si oui ou non le système mérite d’être conservé. « Le changement d’heure est une mesure symbolique » insiste Pascal Dupuis. « Elle rappelle la nécessité de la lutte antigaspillage et de l’importance de l’écologie citoyenne ».

Sources :

Ministère de l’écologie et du développement durable

le Parisien