Plastique biodégradable : nuisible à l’environnement ?

D’après une étude de l’Université de Caroline du Nord, financée par Procter & Gamble – industriel majeur de la production plastique – les plastiques biodégradables relâcheraient du méthane lorsqu’ils se décomposent ; or c’est un gaz qui contribue à l’effet de serre. Ils pourraient ne pas être vraiment favorables à l’environnement.

 

« Tout le monde présume que le biodégradable est préférable. Cette étude remet cela en question. »

Les plastiques biodégradables sont réalisés à partir de dérivés de végétaux, et n’ont besoin que de quelques années pour se décomposer. Tandis que les plastiques traditionnels sont fabriqués avec des dérivés de pétrole nécessitant des décennies, des siècles, voire des millénaires avant de disparaitre.

Mortan Barlaz, un des chercheurs qui a conduit l’étude, affirme que cette différence compose une partie du problème.

Certaines réglementations fédérales n’exigent pas que les décharges soient équipées d’un système de collecte de gaz afin de recueillir le méthane jusqu’à deux ans avant que le déchet ne soit brûlé. Cela va à l’encontre des lignes directrices de la Commission Fédérale du commerce qui exigent que tout produit estampillé compostable ou biodégradable se décompose sous « une raisonnable courte période de temps » après avoir été jeté. Ce qui signifie qu’un plastique à décomposition rapide dans une décharge sans système de collecte va libérer tout son méthane dans l’atmosphère avant même que le gaz soit recueilli.

 

« Concevoir des produits qui se dégradent plus lentement »

« Nous avons besoin de développer la collecte de méthane dans les décharges comme de concevoir des produits qui se dégradent plus lentement », conclut Barlaz, « et ce, si nous voulons maximiser le bénéfice environnemental des produits biodégradables dans ces décharges. »

James Levis, le principal rédacteur de l’étude est catégorique à ce sujet. Aussi afin de faire un véritable choix entre ces deux matériaux, nous devrions étudier le cycle de vie complet de ces matières  pour savoir laquelle est la mieux de l’autre et « aussi regarder les enjeux environnementaux afin de prendre un jugement définitif. »

Le but n’est pas de donner un avis favorable à l’une des deux branches de la production plastique, plutôt de prendre du recul sur les innovations écologiques afin d’adapter l’ensemble d’une filière à leur traitement et leur conditionnement.

 

Source; california watch