Les nuisances de l’éclairage public

L’ADEME (Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie) relance le débat sur la problématique de l’éclairage public. Dans l’une de ses études, relayée par le quotidien L’Est-Eclair, elle indique ainsi que « l’éclairage artificiel public occasionne 37 % des dépenses en électricité des municipalités, soit 7,10 € par habitant et par an en moyenne ».

Les motifs avancés par les municipalités pour justifier ces dépenses sont connus. Celles-ci mettent en avant l’apport pour l’esthétique des villes de l’éclairage public, ainsi qu’une nécessité de lutter contre l’insécurité. Mais selon le quotidien, son efficacité en matière de sécurisation « n’a jamais été démontrée ».

En outre, l’ADEME souligne qu’actuellement, près de neuf millions de lampes sont utilisées en France dans le but d’éclairer les villes et les campagnes, pour une consommation estimée à 5,6 térawatts par heure, soit l’équivalent de la production annuelle d’un réacteur nucléaire.

Un tel sur-éclairage aurait des conséquences importantes sur notre organisme, de même que sur la faune. La sécrétion de mélatonine – l’hormone du sommeil – chez l’Homme, diminuerait ainsi sous l’influence de la lumière artificielle environnante. Or, celle-ci contribue à stabiliser la tension par exemple. Les espèces animales, comme les oiseaux ou les chauves-souris, verraient pour leur part leurs repères s’estomper et seraient alors considérablement désorientées. Enfin, les insectes  trouvent dans la pollution lumineuse une grande cause de mortalité, devenant des proies faciles.

Des progrès devront donc être réalisés dans les années à venir, afin de rendre l’éclairage public plus durable. Poursuivant cet objectif, l’association Cluster Lumière qui regroupe les acteurs de de la filière, organisera le 29 septembre les premières rencontres sur le thème de la performance et de l’efficience durables dans l’éclairage public à Paris. Nous verrons ce qu’il en sortira.