L’économie française verdit

Source: Enviro2b.com

Le 14 juin ont eu lieu les premières rencontres nationales de l’économie verte en présence de la ministre de l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet. Cette journée a permis de dresser un bilan de cette économie nouvelle en France.

Aussi la ministre a déclaré un chiffre : 950.000 emplois verts avaient été comptabilisés en France en 2008. Ces chiffres émanent d’un rapport de l’Observatoire national des emplois et des métiers liés à la croissance verte, un service animé par le Service de l’observation et des statistiques (SOeS) du Commissariat général au développement durable. Crée en 2010, l’objectif de cet observatoire est de comparer les méthodes et les chiffrages sur les emplois, les métiers et les formations de la croissance verte.

Toujours selon l’Observatoire, la croissance de ces emplois verts proviendrait de deux secteurs :

1. les éco-activités, catégorie qui comprend les métiers de la protection de l’environnement, la gestion des ressources naturelles, les activités transversales comme les services généraux publics, la R&D et l’ingénierie.

Cette catégorie a le plus profité de la création d’emplois en 2008, notamment le secteur de la gestion du bruit, des eaux et des déchets.

2. les activités plus périphériques incluant toutes les activités dont la finalité n’est pas environnementale, c’est-à-dire : la production et la distribution de l’eau, la gestion des espaces verts, les transports Grenelle (activités liées au ferroviaire) mais aussi les travaux d’isolation, la fabrication de certains produits industriels tels que les chaudières à condensation.

Cette tendance devrait se poursuivre – sous l’égide du Grenelle de l’environnement – qui prévoit 440 milliards d’euros d’investissements dans les emplois verts d’ici 2020, dans les secteurs du logement, des transports, des énergies renouvelables et de l’agriculture.

Ainsi, d’après le ministère du développement durable, l’économie devrait voir fleurir des chefs de projet éolien, diagnostiqueurs immobiliers, conseillés en agriculture biologique, poseurs de panneaux photovoltaïques…

L’orientation vers une croissance verte reçoit les vœux des politiques, notamment d’Eva Joly, député au Parlement européen et candidate aux primaires d’Europe-Ecologie, qui affirme que « la conversion écologique est fortement créatrice d’emplois. […] On en prévoit 500.000 en 2020 ».  De même, Corinne Lepage, elle aussi députée européenne, est favorable à la croissance verte mais précise que si les métiers de l’énergie renouvelable sont peu présents en France, c’est qu’ « il y a une incompatibilité complète entre le tout nucléaire (car nous n’avons pas de mix électrique) et le renouvelable qui vient concurrencer le nucléaire dans un pays où le nucléaire est en surcapacité ».

Ces réactions décrivent la nécessité de faire de la croissance verte une véritable perspective économique, la nécessité de créer la diversification du bouquet énergétique. La politique française actuelle en matière d’énergie reste majoritairement attachée au nucléaire. Aussi les promesses d’investissements ne peuvent se concrétiser sans un choix tranché des politiques pour une diversification des investissements énergétiques…