Bruxelles présente sa nouvelle stratégie 2020 pour la biodiversité

La Commission européenne vient de rendre publique sa nouvelle stratégie en faveur de la biodiversité, dans la dynamique suivant les engagements pris à Nagoya à l’automne 2010. Localtis.info, qui rapporte l’information, fait savoir que « dans l’Union européenne,  seulement 17% des habitats et des espèces évalués sont dans un état de conservation favorable et 25% des espèces animales sont menacées d’extinction ».

Cette stratégie, explique Bruxelles, est « sous-tendus par la reconnaissance que la biodiversité et les services qu’elle rend – en plus de leur valeur intrinsèque – ont une valeur économique significative, rarement pris en compte par les marchés ».

L’UE souhaiterait intégrer la valeur des services rendus par les écosystèmes dans l’élaboration des politiques « chaque fois que possible ».

L’UE se donne six objectifs, leviers d’actions :

  • « mettre pleinement en œuvre la législation européenne protégeant les oiseaux et les habitats ;
  • maintenir et consolider les écosystèmes, en rétablissant au moins 15 % des zones dégradées ;
  • renforcer la contribution de l’agriculture et de la foresterie à l’amélioration de la biodiversité ;
  • garantir l’utilisation durable des ressources de pêche en réduisant les captures d’ici 2015 à des limites définies scientifiquement (actuellement, 88 % des réserves halieutiques de l’UE sont surexploitées ou considérablement appauvries) ;
  • lutter contre les espèces exotiques qui envahissent les habitats naturels et menacent actuellement 22 % des espèces indigènes ;
  • renforcer la contribution de l’UE à la lutte mondiale contre la perte de biodiversité ».

Cette stratégie sera examinée par les ministres de l’Environnement puis soumise au vote du Parlement européen.

En 2014, elle pourrait être « révisée » et « ajustée si besoin ». En marge de cette stratégie devrait être développée une autre stratégie, dédiée aux infrastructures vertes en 2012. Des propositions de loi devraient être formulées au sujet des espèces envahissantes ainsi que sur « l’accès et le partage des avantages des ressources génétiques ».

17 ministres européens, dont Nathalie Kosciusko-Morizet, qui devrait évoquer la stratégie française le 19 mai, appellent l’UE à montrer l’exemple, dans une tribune commune. Ils affirment à travers ce document :

  • « Des mesures concrètes, pratiquement réalistes et économiquement rationnelles doivent être progressivement et résolument mises en place, tant par l’Union européenne que par ses Etats membres, de façon à impliquer les divers acteurs et secteurs concernés dans la mise en œuvre des décisions de Nagoya […] À ce titre, il conviendra d’accélérer et de généraliser le processus de prise en compte de l’aspect biodiversité dans la conception et l’exécution de toutes les politiques pour lesquelles il est pertinent compte tenu, en particulier, des avantages que de nombreux secteurs tirent de la biodiversité et des services écosystémiques. Dans ce cadre, il conviendra également d’estimer la valeur économique de la biodiversité et d’intégrer ces estimations aux décisions politiques et économiques ».