La France accuse un retard sur la traçabilité de son or

Mine d'Or au Pérou Sources : greenetvert.fr

La France serait en retard en matière de traçabilité de l’or. C’est ce que pointe du doigt WWF qui attire l’attention de la filière depuis le 8 avril.

L’organisation environnementale WWF-France souhaite « amener les acteurs de la filière française de l’or à prendre conscience des conséquences sur l’environnement » qu’implique l’extraction de ce métal.

A travers un rapport disponible ici intitulé « Sur les traces de l’or : la filière française face aux défis de l’or traçable et responsable« , l’ONG alerte sur les risques environnementaux encourus par l’extraction de la matière précieuse. Voici un résumé de la situation communiqué par l’association à la sortie du rapport :

  • « Un contexte de flambée des cours mondiaux qui accroît les risques environnementaux liés à l’extraction :

Le cours de l’or bat de nouveaux records avec une valeur de plus de 1 460 US dollar l’once. Les causes conjoncturelles sont bien identifiées : crise économique mondiale, tensions en Afrique du Nord et Moyen-Orient, inquiétude concernant la dette en Europe. Les conséquences de cette « fièvre de l’or » qui poussent les chercheurs d’or et les multinationales minières à aller chercher au plus vite de nouveaux gisements aurifères sont, elles aussi, bien connues : pollution des fleuves français de Guyane, déplacement de villages entiers aux Philippines, empoisonnement de l’eau potable touchant plus de 2 millions de personnes en Roumanie, soutien financier aux milices armées de Colombie et du Congo, exploitation de milliers d’enfants au Burkina Faso, Niger et Ghana, etc.

  • Avec 57% des volumes extraits, le marché de l’or dédié à la bijouterie est stratégique pour le développement de l’or responsable

Face à cette situation, quelles garanties les professionnels de la filière bijouterie-joaillerie française peuvent-ils apporter aux consommateurs quant à l’origine de l’or et la façon dont il a été extrait ?

En collaboration avec les trois syndicats de la bijouterie-joaillerie française, c’est précisément la question que le WWF France a posé à un échantillon représentatif de 200 professionnels de la filière (affineurs, fabricants et distributeurs). L’analyse des réponses, présentées dans le rapport Sur les traces de l’or : la filière française face aux défis de l’or traçable et responsable , a permis d’obtenir les résultats suivants :

  1. 82 % des répondants reconnaissent ne pas connaître la provenance de l’or qui passe entre leurs mains ;
  2. 84 % des répondants n’ont aucune garantie concernant la responsabilité des pratiques d’extraction ;
  3. 75% des répondants sont conscients des lourds impacts de l’extraction aurifère ;
  4. 90 % des répondants se déclarent prêts à agir, à leur niveau, afin de combattre les pratiques désastreuses d’extraction.

Face à ce constat, l’étude du WWF-France propose un chemin d’amélioration continu qui permettrait aux professionnels de s’engager pour soutenir un changement des pratiques d’extractions aurifères afin de garantir à leurs clients une meilleure traçabilité et des produits issus de pratiques plus responsables. Cette évolution est indispensable pour permettre aux consommateurs de maintenir leur pleine confiance dans la filière bijoutière et joaillière française. »