Des armées qui tendent vers le vert

Il est assez rare d’associer l’idée d’une armée régulière et l’idée du développement durable. Pourtant certaines armées modernes se penchent sur la question. En effet, la question du changement climatique concerne les armées et impliquent certains enjeux de sécurité. La France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis sont des pays qui osent innover et poser les questions telles que la pollution des armées lors des opérations extérieures ou bien les menaces que fait peser le réchauffement climatique sur l’outil de défense et la sécurité des pays. La vraie question étant : l’armée et le développement durable sont-ils vraiment incompatibles ?

Armée et Environnement

Les armées modernes restent gourmandes en énergies fossiles. Au-delà du mythe, trop répandu, d’aller faire la guerre pour capturer et contrôler le pétrole de l’ennemi il faut reconnaître que ces armées se posent, elles aussi, la question de l’après pétrole. Cet un réel enjeu pour toutes les forces armées mais surtout pour la planète. Pour la Navy britannique les forces militaires doivent rechercher des énergies peu consommatrices de carbone afin de réduire leur dépendance aux énergies fossiles. Une autre question importante et difficile à résoudre est comment mener une opération coordonnée et efficace tout en ayant une moindre empreinte environnementale ? Plusieurs initiatives ont été engagées au niveau scientifique pour y remédier mais cela risque de prendre du temps, la solution des biocarburants n’étant pas satisfaisante. Sur certains théâtres d’opération ou même sur le territoire national, l’armée française est désireuse de montrer qu’elle se soucie de l’environnement dans lequel elle évolue. Ainsi sur le théâtre afghan, une station d’épuration pour le traitement des eaux usées a été mise en place dès l’année 2004 sur le camp de Warehouse. Toujours sur ce même site, le traitement des déchets était également à l’ordre du jour avec environ 40m3 de d’ordures ménagères traitées par jour. Autre exemple, en Guyane française, l’économat des armées, qui est la centrale d’achat de ministère de la Défense, s’attache à se ravitailler en produits locaux issus de l’agriculture biologique ou raisonnée afin de respecter et d’appliquer les directives développement durable.

Le changement climatique, des préoccupations sécuritaires

Mais les armées ont surtout pour rôle de protéger la population. Et chacun sait qu’aujourd’hui le dérèglement climatique pose des questions sécuritaires. Il est donc tout à fait naturel que les armées réfléchissent aux conséquences du réchauffement climatique et à des solutions pour maintenir leur efficacité opérationnelle tout en limitant la pollution inhérente aux opérations. Les Américains, par exemple, sont très inquiets de la sécurité de leurs bases militaires à l’étranger, notamment à cause du risque de montée des eaux et de l’accélération du nombre de typhons sur le globe. Le risque environnemental fait donc réagir les armées. Le changement climatique est un phénomène qui est maintenant pris en compte par les doctrines militaires, notamment américaines et britanniques. Pour les Américains, le dérèglement climatique est un phénomène à considérer parce qu’il est générateur de menace, aussi bien sur le point des catastrophes, que sur les possibles conflits sociaux directement induits comme la disponibilité de l’eau, la sécurité alimentaire ou encore l’approvisionnement énergétique. C’est dans un rapport publié en octobre 2014 que pour la première fois le Pentagone a concédé que le changement climatique constituait une menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis.

Moins d’intervention pour moins de pollution

Un principe de base consiste à dire que la paix est préférable pour le genre humain mais elle l’est également pour le respect de l’environnement. Plusieurs exemples d’anciens conflits nous le prouvent comme la pollution et destruction du couvert végétal usité par les Américains au Vietnam – opération Ranch Hand – dans le but de débusquer l’ennemi. Ou encore la destruction totale et la pollution des terres pendant la première guerre mondiale à cause d’un recours massif à l’artillerie. Tous ces exemples font désormais partie du passé. Précisons que maintenant du fait des économies réalisées sur le budget de défense et la manière dont les armées opèrent, de tels désastres écologiques ne sont plus à craindre. Les armées bien qu’engagées à travers le globe sont maintenant soucieuses de tendre vers l’éco-responsabilité de leurs troupes. Qui a dit que les protecteurs de l’environnement étaient seulement des militants pacifiques ?

Crédit photo : forcesarmeesauxantilles.fr ©

Ethiopie : une tour face à la pénurie d’eau

La Warka Water est une tour en bambou conçue pour capturer l’humidité de l’air afin de répondre au manque d’eau de certaines populations. Cette tour à l’allure simple et futuriste est née suite au voyage en Ethiopie de l’architecte italien Arturo Vittori. Il s’est rendu compte de la difficulté d’accès pour les populations à des sources d’eaux potables. Il a constaté que les femmes marchaient souvent plusieurs kilomètres pour recueillir une eau insalubre dans un point d’eau souvent partagé avec des animaux. La tour Warka Water permettra peut-être de remédier à cette situation.

Inspiration locale pour solution mondiale

Selon l’Organisation Mondiale de la santé environ 1.1 milliard de personnes sur Terre n’ont pas accès à de l’eau potable. La tour Warka Water permet de collecter l’eau dans des zones sèches. Le concept est simple la Warka Water parvient à récupérer de l’eau grâce à l’air. C’est en étudiant l’artisanat traditionnel éthiopien que l’architecte italien a inventé cette tour. En forme de vase, la tour Warka Water mesure 9 mètres de haut et pèse seulement 60 kilos. Elle est réalisée à partir de matériaux naturels comme les tiges de bambou qui composent sa structure. A l’aide d’un tissage fin situé au sein de sa charpente en bambou la tour récupère les gouttes de pluie lors de la saison des moussons, les gouttes tombent ensuite dans un réservoir placé sous ce tissage. Pendant la saison sèche, toutes les particules d’eau qui sont contenues dans l’air en raison du phénomène de condensation sont également piégées dans le tissage tendu au milieu de la Warka Water et récupérées. L’objectif de l’inventeur de cette tour est de récolter jusqu’à 100 litres d’eau par jour. Plusieurs modèles de Warka Water ont été conçus et testés, notamment en Italie, au Liban et bien sûr en Ethiopie. Un défi que souhaite relever Arturo Vittori est de concevoir un tissage fin dont le maillage sera le plus efficace possible dans la récupération des gouttes d’eau.

Un projet « do it yourself »

D’après Arturo Vittori il suffirait de deux ânes pour déplacer le matériel permettant sa construction et de seulement quatre personnes pour son installation. Le coût de réalisation de cette tour ne devra pas excéder les 1.000 dollars, son concepteur souhaitant que la Warka Water puisse être réalisée de manière simple et économique et avec les matériaux dont les populations disposent sur place. En effet, aucune machine n’est nécessaire à sa fabrication. La première tour Warka Water effective doit être installée en 2015 près de Bahar Dar, en Ethiopie. C’est la phase de test finale, si c’est un succès cela pourrait constituer un moyen pérenne, facile et peu onéreux de lutter contre le manque d’eau et de combattre les problèmes de santé liés à la déshydratation. Selon son inventeur ce projet peut être adapté à tous les pays, la Warka Water serait même reproductible dans un milieu désertique.

 Enfin, le choix du nom de cette tour n’est pas anodin, le nom « Warka » désigne un arbre de la région, c’est un symbole de fertilité en Ethiopie mais également un lieu de rencontre dans les villages. Il faut préciser qu’un élément essentiel de ce projet pour Arturo Vittori est que cette tour soit acceptée par les personnes qui en auront l’usage. Elles doivent pouvoir l’accepter et se l’approprier.

Sources :
http://www.revolve-water.com/warka-water-italian-project-ethiopia/
http://www.espritsciencemetaphysiques.com/tour-impressionnante-cree-eau.html

Warka Water Crédit photo : www.domusweb.it ©

Vers une transition énergétique d’Internet ?

Il ne s’agit pas (pas encore) de pédaler devant son ordinateur pour faire fonctionner Internet et/ou son ordinateur. Néanmoins, il est important de comprendre que tous nos objets connectés sont énergivores. Pour chaque foyer la facture d’électricité se rapportant à la navigation sur Internet et l’utilisation des nouvelles technologies de l’informatique et de la communication (NTIC) pourrait faire bondir. Mais ce sont les infrastructures du web, comme les serveurs ou les data centers, qui consomment le plus d’énergie. Selon l’Agence de l’environnement de la maîtrise de l’énergie la consommation des infrastructures du web en 2030 pourrait atteindre l’équivalent de la consommation énergétique mondiale de 2008. A l’heure de la vie ultra connectée et de la transition énergétique, tous les internautes, plus au moins actifs, doivent être conscients de la quantité d’énergie consommée pour chaque appareil utilisé quotidiennement comme les ordinateurs, les Smartphones ou encore les tablettes.

Responsabiliser les internautes

La responsabilisation des utilisateurs sur la consommation des NTIC et d’Internet est un élément important. Une des motivations avancées pour opérer une évolution dans le bon sens serait de faire comprendre aux utilisateurs que leur facture d’électricité pourrait être réduite de 20% s’ils décidaient de combattre la dictature du rechargement de leurs appareils connectés, tout en régulant leur navigation sur Internet.  Par exemple, en prenant en compte des changements de batterie au stockage de données, un IPhone consomme davantage d’électricité (361 kWh/an) qu’un réfrigérateur (322 kWh/an). L’augmentation du nombre d’utilisateurs à travers le monde est aussi une réelle question. La croissance de la demande en énergie devra suivre afin de garantir un service de bonne qualité. Moins surfer sur le net pourrait nous permettre de préserver l’environnement. Mais Internet s’est imposé dans tous les domaines de notre vie : la consommation, le travail, le loisir et la culture, le social, l’administratif. Un pas de plus dans la préservation de l’environnement serait donc de proposer plus d’hébergements verts aux personnes souhaitant créer un nouveau site web. Souscrire chez un hébergeur vert permet d’ailleurs de réaliser des économies, compte tenu du fait que les installations sont moins gourmandes en énergie. De plus,  d’autres infrastructures d’Internet peuvent être améliorées. Prenons les data centers de la firme Apple, ces derniers sont alimentés à 100% en énergie renouvelable.

En définitive tout utilisateur de NTIC et d’Internet devrait connaître les enjeux énergétiques qui leurs sont liés c’est-à-dire la consommation énergétique et son efficacité. Des gestes simples peuvent être adoptés pour permettre d’économiser de l’énergie, de réduire ses dépenses en matières énergétiques, tout cela ayant pour finalité un peu plus de protection pour l’environnement.

Photo : Anthedesign.fr ©

Entreprendre l’écologie : où est passée l’Azerbaïdjan ?

Bien connue pour son indépendance énergétique rendue possible grâce à l’exploration et l’exploitation de ses champs pétrolifères situés au large de la capitale Bakou, l’Azerbaïdjan semble vouloir poursuivre son développement vers une économie plus verte. Ce pays sud-caucasien, qui s’est d’abord concentré sur son développement économique après son indépendance en 1991, s’attaque depuis les années 2000 aux questions environnementales qui le concernent. Néanmoins cet élan écologique national connaît un ralentissement depuis deux ans alors que l’Etat azérie continue de soutenir des projets environnementaux sur l’ensemble de son territoire.

L’écologie pas une nouveauté politique

Les autorités azéries ont lancé un programme environnemental en 2003 visant à promouvoir le développement durable socio-économique du pays et la restauration et l’expansion de ses forêts. Ce programme a ensuite été suivi par l’adoption de trois programmes d’Etat sur l’environnement. Il faut noter qu’il existe peu de pays ayant fait partie de l’Union Soviétique qui manifestent une volonté politique orientée vers la protection et/ou la dépollution de l’environnement. Mais la principale décision en matière d’environnement de l’Azerbaïdjan s’est opérée en 2006 lorsque le gouvernement a décidé de mettre en place un « plan pour l’amélioration de la situation écologique ». Qui dernier s’est étalé de 2006 à 2010.

L’aboutissement de toutes ces mesures a été récompensé en 2012 par l’obtention de l’Azerbaïdjan de la 2ème position des pays présentant les meilleurs indicateurs d’éco-développement, d’après le classement de l’indice de performance environnementale (IPE) de l’Université de Yale. Ce classement prend en compte 132 entités souveraines et met en avant la santé et l’état de l’écosystème, ainsi que les efforts et progrès qui sont réalisés par les pays dans le domaine du développement durable. Malgré cette publicité méritée, l’engouement et la volonté politique du pays pour lutter contre la pollution semble s’être enrayée.

Relancer la machine écologique azérie

Après une période très engagée dans la lutte contre la dégradation de ces espaces naturels l’Azerbaïdjan donne moins de signe clair en faveur de la transition écologique. Pourtant, ce pays est très attaché à la diversité naturelle qui le compose. Il possède plus de 120 zones protégées. Autre signal préoccupant, le pays ne milite pas en faveur d’une transition énergétique nationale ni pour la lutte mondiale contre le réchauffement climatique. Pourtant, le pays est pionnier en matière de lutte contre la pollution, cette dernière ayant frappé de plein fouet la biodiversité azérie sous l’ère soviétique.

Ce pays pourrait-il devenir un modèle pour les pays en développement qui souhaitent s’engager sur le chemin d’une transition vers une économie verte ? Rien n’est moins sûr. Cependant, l’Azerbaïdjan souhaite tendre vers une utilisation rationnelle de ses ressources naturelles. L’Etat aspire également à s’attaquer au problème de dégradation des sols, à la baisse de ses réserves forestières et à la réglementation jugée inadéquate de l’industrie et du logement. Les enjeux pour se pays sont également sanitaires compte tenu de pollution des sols et du déclin inquiétant des réserves de poissons que le ministère de l’écologie et des ressources naturelles tente de juguler. Il n’apparaît pas totalement déraisonnable de penser que le pays pourrait profiter de l’élan politique et social créé par la conférence internationale sur le climat de Lima, qui vient juste de s’achever, pour proposer des mesures écologiques plus ambitieuses.

Le Movitz : un ferry électrique qui se recharge plus vite qu’un Smartphone

Le Movitz, un ferry électrique suédois navigue dans la baie de Stockholm. Il dessert la banlieue ouest de la ville. Contrairement aux autres ferries, le Movitz a la particularité d’être propre et silencieux. Il est doté d’un moteur électrique dont le rechargement ne prend que quelques minutes. Ce moteur permet l’avantage de voyager plus longtemps et sans secousse.

Ce ferry de petite taille fait du transport de passagers dans la baie de Stockholm quotidiennement. Depuis que son moteur diesel a été remplacé par un moteur électrique, le navire propose des avantages conséquents à ses utilisateurs. Il offre plus de confort à ses passagers et à son équipage. Selon le capitaine du navire il ne fait « pas de bruit » et connaît beaucoup moins de vibrations. L’ancien moteur du ferry, un diesel, semblait beaucoup plus remuant.

Remplacer le moteur diesel permet de réaliser une économie substantielle, soit 50000 litres de diesel en moins par rapport à un ferry semblable classique. La réduction de la pollution est une avancée importante dans ce projet, 132 tonnes de Co2 et 1,5 tonne d’Oxyde d’Azote rejetés en moins dans la nature grâce au nouveau moteur.

De manière générale, le passage à l’électrique serait un bon moyen de réaliser des économies importantes pour les marines. La difficulté principale étant d’adapter ce système aux navires commerciaux qui font des trajets importants. Pouvoir adapter cette technologie à des navires de plus grande taille et transportant des charges lourdes voilà le principal enjeu.

Cette expérience ouvre de nouvelles possibilités, mais c’est surtout une bonne nouvelle en ce qui concerne la transition énergétique dans la marine. Même si ce modèle de moteur électrique à aimants ne fonctionne que sur des petits trajets, 7,5km en ce qui concerne le trajet du Movitz, c’est un début prometteur. Hans Thornell, PDG de Green City Ferries, la société qui gère le navire, espère pouvoir faire tourner le système d’aimant du moteur plus longtemps et ainsi gagner encore en autonomie.

Selon Hans Thornell « on peut utiliser le bateau bien plus longtemps, alors qu’auparavant il fallait le laisser recharger toute la nuit ». Maintenant le rechargement du ferry prend entre quatre et dix minutes.

Le ferry suédois Movitz, avec le ferry électrique français qui navigue à Lorient, le Ar Vag Tredan, sont peut-être les précurseurs d’une flotte commerciale qui sera tout électrique et qui permettra à la fois de respecter l’environnement mais également de ravir passagers et opérateurs. La transition énergétique passe donc aussi par la mer.

crédits image : euronews.com

35 000 réfugiés climatiques hors du commun

Alors que la marche pour le climat a mobilisé des centaines de milliers de personnes la semaine dernière dans le monde entier, 35 000 morses se sont réfugiés sur une plage cette semaine, faute de banquise. Le réchauffement climatique fait peser une lourde menace sur ces réfugiés climatiques dont le territoire privilégié, la banquise, se réduit chaque année.

SOS Morses en détresse

Il s’agit là d’une migration record. Près de 35 000 morses en détresse ont été identifiés samedi dernier sur une plage d’Alaska. Le constat s’impose : ces gros mammifères n’ont pas trouvé de glace où se réfugier. Il faut dire que le réchauffement climatique fait des ravages sur les calottes glaciaires, du coup, les zones de mer deviennent trop vastes et les lourds animaux ne parviennent pas à atteindre les rivages encore gelés.

Chaque année, les morses de l’Océan Pacifique migrent pour passer l’hiver en mer de Béring, au nord des îles Aléoutiennes. Lors de cette migration, les morses font des pauses pour se reposer car leur poids, jusqu’à 1,5 tonnes pour un adulte, ne leur permet de nager tout du long. Ils fatiguent.

Ce phénomène de regroupement « en terre inconnue » pour les morses avait déjà été observé en 2009 d’après WWF. Dommage que rien n’ait été fait depuis pour leur préserver leur habitat et leur épargner ces attroupements mortels. En effet, les plus gros d’entre eux, sans le vouloir évidemment, écrasent parfois les plus petits. WWF rappelle qu’en 2009, près de 131 jeunes morses avaient été retrouvés écrasés par les plus gros.

Ce signal de détresse des morses a constitué une belle opportunité pour WWF de rappeler la nécessité d’une réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, principal facteur du réchauffement climatique.

Image d’entête : DPA/DANIELREINHARDT/AFP

Choisir de ne pas couvrir la marche pour le climat

People's Climate March
People’s Climate March

Ce qui est qualifié de mobilisation historique contre le changement climatique n’a pas fait long feu dans la cheminée médiatique. La People’s climate march s’est tenue, dimanche 21 Septembre 2014, sur tous les continents. Pourtant l’écho politique se fait lui aussi attendre. Cette marche était organisée par le mouvement de cybermilitantisme Avaaz, en collaboration avec des associations locales.

Les médias américains, notamment ceux qui ont leurs sièges à New-York n’ont pas relayé suffisamment l’information de la People’s climate march qui  a eu lieu en plein centre de Manhattan. Les médias européens n’ont pas offert une large couverture sur cet événement national et international. Est-ce là un choix éditorial ou politique, comme le pense certains participants de la People’s climate march?

Deux jours après ce quasi couac médiatique, le président de la République, François Hollande, annonce un don d’un milliard de dollars pour la conférence onusienne sur le climat. Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, espérait récolter 10 milliards de dollars pour ce forum mondial sur le climat. Actuellement, seulement 2 milliards de dollars ont été réunis.

L’ancienne ministre de l’Ecologie, Cécile Duflot, apparaissait heureuse de la mobilisation en faveur de la marche pour le climat, notamment à cause du nombre de personnes présentes pour cette manifestation à Paris : entre 5000, selon la police, et 25000 selon les organisateurs.  La lutte contre le changement climatique et pour la transition énergétique est donc un réel engouement responsable des citoyens. Cependant nombre d’observateurs, dont Mme Duflot, regrette le « manque de volonté politique » pour faire évoluer les choses dans le bon sens.

Alors que l’échéance de la conférence climat Paris 2015 arrive à grands pas, il temps pour certains députés socialistes que François Hollande agisse dans le sens du développement durable en faisant des propositions claires et courageuses. Le dossier climatique est une occasion pour lui de se démarquer sur la scène politique nationale et mondiale.

L’extinction de l’espèce de dauphin la plus rare au monde ?

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« Cinq dauphins au large de la ville d’Hamilton « ,

Source :http://a401.idata.over-blog.com

 

L’extinction des dauphins Maui, la plus rare au monde, est-elle proche ? En effet, il ne reste plus que 55 cétacés adultes (identifiés à ce jour) de cette espèce qui vit uniquement au large de l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande.

 

Alors que les défenseurs de la vie sauvage mettent la pression sur Wellington pour éviter qu’il disparaisse à jamais, le Maui est à l’ordre du jour de la réunion du comité scientifique de la Commission baleinière internationale, qui s’est tenue le 15 juin 2014 à Jeju, en Corée du Sud. La réunion n’a malheureusement pas permis de résoudre la question. L’ONG très active Sea Shepherd, fondée par Paul Watson en 1977, vient de lancer une action de mobilisation contre les pécheurs et les industries extractives qui prospectent dans le secteur.
De petite taille (170 cm au maximum), gris et blanc, le dauphin Maui tient son nom d’un demi-dieu polynésien. Au regard du nombre réduit de survivants, les experts estiment probable son extinction d’ici 2030 au plus tard si aucune mesure d’urgence n’est prise. Cette espèce de dauphin n’a été observée que dans les eaux peu profondes en bordure de la côte occidentale de l’île du Nord. Sachant que la période de gestation de la femelle varie de deux à quatre ans, les risques de disparition définitive de cette espèce de dauphin pourraient-être imminents.

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Source : http://www.lets-face-it-dolphins.com

 

Les filets de pêches et l’immobilisme du gouvernement, principaux coupables
Cinq de ces cétacés sont tués tous les ans par les pêcheurs, lors de prises accidentelles, selon Liz Slooten, professeur de zoologie à l’Université d’Otago (Dunedin en Nouvelle-Zélande), citant un rapport d’experts commandité par le gouvernement. « Ces dauphins sont au bord de l’extinction. Si on ne fait pas quelque chose tout de suite, jamais ils ne survivront », prévient-elle. Selon Wellington, les filets maillants, ces filets de nylon de plusieurs kilomètres de long, fixés verticalement et laissés dans l’eau pendant de longues périodes, sont la principale cause de disparition des dauphins. Par ailleurs, plusieurs associations de défense de la biodiversité suspectent l’exploitation minière des fonds sous-marins d’être l’une des raisons de l’extinction progressive de l’animal, y compris la surveillance sismique. Ces missions ont repris en 2014 avec l’attribution par la Nouvelle-Zélande d’une licence d’exploration pétrolière à un consortium d’entreprises et ce, malgré la catastrophe écologique datée d’octobre 2011, lors de laquelle un cargo s’était échoué au large des côtes du pays, provoquant une importante marée noire.
L’an dernier, quelques restrictions ont été prises en matière de filets maillants et de pêche au chalut, dans la zone de vie des dauphins Maui. Mais le gouvernement néo-zélandais a refusé de les interdire complètement, comme le recommandait la Commission baleinière internationale. Il a préféré ouvrir une enquête pour la mise en place d’un programme de sauvegarde, qui doit évaluer les risques pour les dauphins et ceux encourus par « les communautés de pêcheurs si la pêche est interdite ».
L’enquête a pris fin en novembre. Aucune mesure n’a été annoncée par le gouvernement, accusé par les écologistes d’immobilisme et de défendre les intérêts des lobbys pétroliers. « Le temps est un facteur essentiel avec des populations aussi basses, leur nombre peut chuter d’un coup », s’inquiète Karli Thomas, membre de Greenpeace. «Nous craignons que le gouvernement fasse trainer les choses jusqu’à un point de non-retour. Attendre qu’on n’en parle plus, faute de survivant, n’est pas une solution».

 

L’image de la Nouvelle-Zélande écornée
Sur la côte de l’île nord néo-zélandaise, les pêcheurs démentent être la cause de la disparition du mammifère marin. Ils se voient comme le bouc émissaire des défenseurs de l’environnement. «En 25 ans, il n’y a eu qu’un seul dauphin Maui pêché par accident», assure Keith Mawson, un représentant de l’industrie de la pêche de la région. «Vous pouvez éliminer tous les droits de pêche le long de la côte ouest, ça ne garantira pas la survie du dauphin », a-t-il rappelé.
L’affaire du dauphin Maui nuit à l’image de la Nouvelle-Zélande, réputée pour sa nature sauvage et intacte. Le pays, qui vante ses paysages « 100% purs » dans les campagnes touristiques à travers le monde, doit agir rapidement, estime la Société pour les mammifères marins. « Les gens viennent ici parce qu’ils savent que nous sommes respectueux de la nature, c’est l’image que nous cherchons à promouvoir », rappelle Phil McCabe, qui possède une agence de tourisme.
L’inaction de Wellington risque de lui valoir une image d’hypocrite, renchérit Liz Slooten, la zoologue de l’université d’Otago. « Les Japonais n’ont pas manqué de noter que nous les critiquons pour la pêche à la baleine mais nous ne bougeons pas le petit doigt pour sauver nos propres dauphins de l’extinction ».
L’organisation non gouvernementale World Wildlife Foundation a par ailleurs lancé le 20 mai 2014 une campagne baptisée « The Last 55 » pour appeler le gouvernement néo-zélandais à interdire totalement la pêche au filet et au chalut le long des côtes de l’île du Nord où vivent ces cétacés. Bien que leur objectif soit identique, leur action est différente de Sea Shepherd, car le groupe est bien plus modéré dans ses modalités d’action.

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Source : www.wwf.org

Australie et Etats-Unis : on torture des moutons pour leur laine

mouton-tonduLa journaliste Audrey Garric, spécialiste des enjeux énergétiques et environnementaux, sur son blog hier, a consacré un article aux dramatiques conclusions de l’ONG PETA, People for ethical traitment of animals, qui a enquêté sur la production de laine en Australie et aux Etats-Unis, où l’on torture des moutons pour leur laine.

Maltraitances dans des établissements de production de masse

Des animaux terrifiés, face à des ouvriers violents, distribuant coups de poings, coups de tondeuses, de marteau… des moutons apeurés dont la chair est entaillée, piétinée, le coup brisé. Des bêtes ensanglantées. L’atmosphère est insoutenable, les témoignages vidéos, parus le 9 juillet sur le site de l’ONG, sont choquants.

L’ONG, un peu radicale, appelle les consommateurs à ne plus acheter de laine et à s’habiller – autant que faire se peut – en matière végétale. C’est une idée, mais quel serait l’impact sur la flore si l’humanité s’habillait à partir de matière « vegan » uniquement ? N’est-il pas plus raisonnable de ne consommer que des produits dont l’origine est connue, traçable, digne de confiance ? De petits élevages de moutons existent, dans lesquels les animaux sont traités avec respect, dont la laine est de belle qualité. Bannir un produit sous prétexte que certaines exploitations massives sont infernales non, boycotter ces exploitations et leurs produits : oui.

Le cercle vicieux de la méprise

La violence des ouvriers envers les animaux des installations dans lesquelles a enquêté PETA ne s’excuse pas. Elle peut toutefois s’expliquer. Ces ouvriers ne sont apparemment pas payés à l’heure mais au volume de laine récoltée. Ils s’abattent alors sur les pauvres bêtes sans défense et les tondent le plus vite possible pour maximiser leurs salaires. Comment travailler soigneusement dans le respect de la vie animale dans de telles conditions ? Le mépris du responsable d’exploitation, du patron, envers ses salariés se répercutent de ces derniers vers les bêtes. Classique. Sortir de ce cercle vicieux est pourtant possible. La politique salariale des ouvriers et leur management est « juste » à redéfinir, dans un contexte concurrentiel qui « pressurise » ces « salops de patrons », on en convient. C’est un fonctionnement global qu’il faut repenser, avec davantage d’humanisme et proximité.

La souffrance psychologique

La prise en charge de la question psychologique de ces ouvriers se pose également. Comment ne pas penser ici au roman de l’excellente polytechnicienne, Isabelle Sorente, « 180 jours », basé sur sa propre enquête : 180 jours, c’est le temps qui sépare la naissance d’un porc de sa mort à l’abattoir. C’est dans le même temps, la période qui fait basculer la vie des hommes, celle des porchers, d’un en particulier, Camélia, « bouffé » – comme un cochon au final – par son quotidien parmi quinze mille bêtes nées pour mourir en pâté, en lardons, dont les groins saignent tant leurs réflexes naturels se heurtent à un environnement artificiel et violent. Nous avions déjà consacré un article à ce sujet ici.

De quoi rêvent donc ces tondeurs de moutons lorsqu’ils s’endorment ? Comment parviennent il à relativiser, à se distancier de leur quotidien au sein des exploitations. Ne sont-ils pas tondus eux aussi, finalement, par un système économique qui ne profite qu’à une minorité ? Ne l’oubliez pas, nous sommes tous des moutons…

Géopolitique des BRICS

« Vers un contre-modèle ? »

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Et si la coupe du monde ne commençait vraiment que les 15 et 16 juillet prochain ? Si l’évènement sportif planétaire concentre aujourd’hui l’immense majorité de l’information et l’actualité, allant jusqu’à faire oublier que trois jours avant le début des festivités, le Brésil tout entier montrait sa grogne et menaçait de s’embraser, le sommet des BRICS de Fortaleza prévu pour le 15 et 16 juillet prochain est l’occasion d’assister à un autre type de match, ou la Chine s’annonce comme le meneur de jeu d’une équipe dont tout le monde prédit sa domination prochaine de l’économie mondiale. Conjugué à la volonté chinoise de créer également une Banque Asiatique d’Investissement notamment pour les infrastructures dont toute l’Asie a tellement besoin, ce sommet très discret pourrait avoir d’immenses répercutions sur la hiérarchisation du pouvoir que nous connaissons depuis un demi-siècle.
Comme le présentait le journal Le Monde dans son édition du 7 juillet dernier, les cinq économies émergentes voire émergées se réuniront la semaine prochaine pour fixer le calendrier et le siège de la future banque de développement qu’ils prévoient de lancer.
Le mécanisme est simple. Chaque Etat contribue à part égales, de l’ordre de 50 milliards de dollars (37 milliards d’euros), afin de former un capital initial de 250 milliards de dollars. A cela s’ajoute la mise en place d’un fond d’urgence de 100 milliards pour prévenir d’une nouvelle crise économique. La Chine participera à hauteur de 40 milliards de dollars pour le fond d’urgence, lui permettant de revendiquer le siège de la banque, qui devrait être Shanghai.
Du côté asiatique, la banque d’investissement commencerait avec un capital initial de 100 milliards de dollars.
Une remise en question des accords de Bretton Woods par ces deux projets ?
Certainement.
Un célèbre journal russe, La Voix de Russie, rappelait toujours selon Le Monde que la Russie « défie la domination financière américaine ». Et, au Brésil, les cinq pays « poursuivront leurs efforts pour réformer le système financier international, qui souffre d’un déséquilibre considérable en faveur de l’Occident ». Le message est passé.

Deux futurs opposants à la Banque Mondiale et au Fond Monétaire International, surtout que ces institutions prêteront sans conditions politiques ; une aubaine pour de nombreux pays souhaitant se détourner d’institutions s’introduisant trop dans la structure politique de leurs Etats. On pense à l’Argentine, au bord du défaut de paiement et qui pourrait profiter de ces mécanismes.
La Chine a proposé à une vingtaine de pays de la rejoindre dans ce projet, notamment ce que la Chine considère comme « l’Asie occidentale », c’est-à-dire le Moyen-Orient. Le Japon, en revanche, n’a pas été sollicité. L’Inde, selon le quotidien The Hindu, vient de l’être.
En somme, un contre-modèle alternatif à « l’hégémonie américaine ».

Une nouvelle configuration géopolitique ?
Plus généralement, le dollar US continue d’être la première monnaie de réserve, lui garantissant une marge de manœuvre certaine et représentant 33 % des échanges mondiaux à la fin de 2013, selon le FMI. Mais le montant était de 55 % en 2000. Le FMI a également souligné que les réserves « d’autres monnaies » sur les marchés émergents ont augmenté de 400 % depuis 2003.
Donc le dollar, hyper-attractif depuis les années 1960, est aujourd’hui un modèle concurrencé par l’euro, le yen et bientôt le yuan.
On peut dire que la Fed « monétise » 70 % de la dette du Gouvernement US afin d’essayer d’empêcher que les taux d’intérêt s’envolent. Autrement dit, lorsque la Banque Centrale prête de la monnaie à taux zéro à l’Etat, tant que ce dernier ne rembourse pas, la Banque Centrale fait de la création monétaire pure. Elle accroît la masse monétaire et si le PIB ne s’accroît pas dans la même proportion, il y a dévaluation de la monnaie, accroissement des coûts relatifs de nos importations et génération d’inflation. Même si par ailleurs cela peut favoriser les exportations par baisse du prix relatif de ces dernières. Cela revient à baisser le pouvoir d’achat des citoyens, leur prélever, à leur insu, un impôt invisible.
Il ne faut pas penser qu’il s’agirait de la fin du capitalisme occidental, néanmoins, seulement dela décadence économique régnante, le néolibéralisme, qui est encore l’idéologie officielle des US, de la majorité écrasante de l’Union Européenne et de certaines parties de l’Asie et de l’Amérique du Sud.
En ce qui concerne ce que l’on pourrait appeler le « néolibéralisme autoritaire » de l’Empire du Milieu : qu’est-ce qui peut ne pas plaire pour le moment ? La Chine a démontré que c’est le résultat d’une alternative orientée du modèle capitaliste « démocratique » occidental pour des nations qui veulent réussir. C’est de construire pas une mais nouvelles Routes de la Soie, des connexions massives de chemins de fer à grande vitesse, de ports, et des réseaux de fibres optiques, de pipelines à travers des parties immenses de l’Eurasie. Ce sera l’objectif avoué de la banque Asiatique de Développement pour les infrastructures, qui incluent une route du Sud-est Asiatique, une route de l’Asie centrale, une « route maritime » de l’océan indien et même un chemin de fer à travers passant par l’Iran et la Turquie qui arrivera en l’Allemagne.

Il se pourrait donc que l’émergence dans un futur relativement proche de ces deux institutions facilite la transition d’un monde unipolaire datant de la fin du XXe siècle vers un monde multipolaire réorganisé autour des BRICS.
L’Histoire est donc en mouvement.

 

Les arbres rejettent-ils des excréments ?

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Les excréments ont toujours été présents dans la vie humaine et ce depuis l’apparition de la vie sur notre planète. Les hommes rejettent les excréments avec pour conséquence de purifier le corps des substances nocives qu’il a ingéré. C’est exactement la même chose pour les animaux et on peut constater le même phénomène avec les machines depuis les prémices de la révolution industrielle…Mais qu’en est-il des arbres ou des plantes ? Ont-ils des excréments ? Si oui, les rejettent-ils ? Pourquoi ne le voit-on pas ? Interviewé par la télé en ligne universscience.tv, le biologiste Francis Hallé, biologiste, botaniste et dendrologue (science de la reconnaissance et classification des arbres) propose un élément de réponse plutôt étonnant à cette problématique.

Si les excréments, ou déjections, sont présentes partout, où et comment les plantes les rejettent-elles ? Francis Hallé part du principe que les excréments, non visibles chez un arbre, servent à construire son tronc. En ce sens les excréments, le rejet des déjections, sont impropres. Il vaudrait mieux parler alors d’incréments, car ingérés par l’arbre. Ces incréments sont connus sous le nom de la lignine, servant à la confection de tissus ou de biocarburants. Ces tissus serviraient ici à créer des tissus utilisés par l’arbre pour s’élever.

Cette lignine est un composant extrêmement toxique que se fixe dans les cellules de l’arbre en train de mourir, donc ne risquant plus rien. Si l’hypothèse est vérifiée cela serait un mécanisme incroyablement astucieux, surtout si la lignine toxique fixée dans des cellules mortes permet à l’arbre/plante de s’élever afin de capter plus d’énergie lumineuse.

 

Des Américains jugés en Corée du Nord

North Korea Flag

 

 

 

Deux touristes américains ont été arrêtés en avril en Corée du Nord et vont être traduits en justice sous plusieurs chefs d’accusation, dont « la perpétration d’actes hostiles », a annoncé l’agence nord-coréenne KCNA lundi 30 juin, comme le rappel le journal Le Monde. Et tandis que peu d’informations ont été communiquées, les questions fusent et laissent place à de nombreuses interrogations.

Quels drôles d’histoires
Les deux Américains, Matthew Todd Miller et Jeffrey Edwards Fowle, n’ont pas une histoire dite commune. Déjà, et bien que la tentation de prendre son sac à dos pour aller se « ballader » dans le pays le plus fermé à la mondialisation et à la société internationale pourrait être tentant, force est de constater que ces deux hommes ne sont pas dans, exprimé par le sacré, « le commun des mortels ».

Jeffrey Edwards Fowle, 56 ans, aurait oublié une bible dans l’un de ses hôtels. Le motif religieux étant ici contraire aux conditions d’attribution du visa, il a été arrêté. Une maladresse d’un pieux chrétien, dirons-nous. Un acte hostile, ont-ils dit.

Mais l’histoire de loin la plus étrange est celle de Matthew Todd Miller. Agé de 24 ans, ce jeune Américain a débarqué sur le territoire nord-coréen, a déchiré son visa et a demandé l’asile politique !
Autrement dit, Miller s’est payé un billet d’avion jusqu’à Pyongyang pour y déchirer son visa et rester là-bas pour des motifs politiques, prétextant qu’il avait besoin d’un « abri ». La vie aux Etats-Unis est certes très difficile, mais quand même…

Rappelons également que les Etats-Unis n’ont pas de lien direct avec le régime de Pyongyang, empêchant de facto toute résolution diplomatique du conflit. La Suède sert d’intermédiaire entre les deux pour les cas de décès, d’arrestation ou de maladie.
Des histoires étonnantes, qui seront probablement jugés sévèrement par Pyongyang. On peut peut-être espérer une résolution du conflit, le régime de Pyongyang peut (par moment) être plus tolérant, notamment au sujet de la consommation de cannabis, comme le rappel le Huffingtonpost.com…

 

 

Diesel : un scandale sanitaire comparable à celui de l’amiante

pot d’échappement (c) sipa

L’OMS l’atteste, les gaz d’échappements des moteurs diesel sont cancérigènes. L’organisation a même classé le diesel « cancérigène certain », exactement comme l’amiante et le tabac dont personne ne doute aujourd’hui de leur caractère mortifère.  Qu’attendons-nous donc pour éradiquer ces gaz de nos villes, et pourquoi pas, de nos vies ?

Avant hier, le Réseau Action Climat (RAC-France) et la Fondation Nicolas Hulot ont lancé une pétition

Le 17 juin, le Réseau Action Climat (RAC-France) et la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme (FNH) ont lancé une pétition pour stopper ce qu’ils vont jusqu’à qualifier de « scandale sanitaire ». En deux jours, cette pétition, adressée aux ministres de l’Ecologie et de la Santé, Ségolène Royal et Marisol Touraine, a reçu à peine 800 signatures alors soutenons-la !

Que proposent-ils ? Trois mesures de « bon sens », surtout la dernière :

  1. « Débloquer l’argent nécessaire pour que les collectivités locales développement les transports en commun, le covoiturage de proximité et les mobilités douces ».
  2. « Mettre en place une prime à la conversion des vieux diesels d’au moins 1500 euros pour les revenus modestes ».
  3.  « Supprimer progressivement, à partir de 2015, l’avantage fiscal sur le diesel qui coûte 7 milliards d’euros à l’Etat chaque année ».

Rendez-vous compte, l’Etat subventionne à hauteur de 7 milliards un carburant toxique (7 milliards !!!! Le montant du trou de la sécu !)… Nous contribuables, finançons malgré nous nos propres détresses respiratoires et cancers. Cela est totalement absurde.

Les ONG le rappellent, le diesel cause ou accélère la mort prématurée de « milliers » de personnes. Les difficultés à respirer augmentent, tout comme les allergies ou l’asthme, notamment au sein de la population enfantine, particulièrement fragile.

Voulons-nous faire de Paris une ville comme Mexico, au Mexique, ou Delhi, en Inde, qui proposent à la population des distributeurs payants – oui payants – d’oxygène ?

Pour en savoir plus, voici les enjeux du diesel à travers une vidéo pédagogique mise en ligne sur les sites du RAC-F et FNH

Achetez en France du bois brésilien, importé illégalement !

Une enquête de Greenpeace révèle une recrudescence de la déforestation au Brésil, notamment dans l’Etat du Para, où 78 pourcent des surfaces forestières seraient exploitées illégalement.
Chaque minute, la planète perd l’équivalent de cinquante terrains de football de forêt. La déforestation a augmenté de plus d’un tiers en 2013, dopée par un rebond de la demande après quatre années de baisse. L’Etat de Para a vu au cours de l’année plus de 2300km2 de surface déboisée, dont une augmentation de la déforestation frauduleuse de 151% par rapport à l’année précédente.
Les enjeux économiques sont trop forts, les débouchés trop importants, pour endiguer ce type de trafic.
L’ipé, le « nouvel acajou », très prisé des occidentaux, fait l’objet de fraudes à très grande échelle et tout en jouant sur les normes entre Etats. Ces Etats, qui ont pour la plupart des normes différentes sur la question, permettent l’introduction de bois frauduleux sur un marché qui lui est bien légal, par le biais de mécanismes sophistiqués de blanchiment. « Les enquêtes ponctuelles de la justice brésilienne seront impuissantes à réformer le système », regrette Jérôme Frignet, spécialiste des filières bois et du Brésil chez Greenpeace.

Plusieurs phénomènes expliquent la dérive
Greenpeace met l’accent sur plusieurs dysfonctionnements tant nationaux qu’internationaux expliquant tout ou partie de la réalité des abus commis.
« Traffic de crédit de coupe », mécanismes opaques, abattages frauduleux, faux papiers pour le bois, liens entre entreprises et braconniers, faibles capacités d’inspection, de contrôle et de sanctions ; de nombreux exemples apportés par Greenpeace critiquent l’incapacité de l’Etat brésilien à répondre à l’enjeu, malgré tout une série de mesures adoptées depuis 2006.
Par ailleurs, l’ONG pointe deux problèmes à l’international. La différence des normes entres Etats, qui entraîne plusieurs abus dont le blanchiment de bois précieux fait que « les chaînes d’approvisionnement sont contaminées par du bois issu de scieries qui se sont procurées du bois illégal ». En ce sens, l’organisation écologiste internationale reprend les propos de l’ancien président de l’agence nationale brésilienne de la forêt, selon lequel « le taux de coupes illégales n’avait jamais dépassé les 60% », ce qui est le cas aujourd’hui.
Enfin, les pays occidentaux, France et Etats-Unis en tête, maintiennent une demande relativement constante, ce qui appuie le mouvement de déforestation et l’activité des braconniers.
Il semblerait donc qu’un beau parquet vaut bien toutes les coupes du monde.

L’air : le marché de demain

Modèle de distributeur d’oxygène, Dehli, Inde

La notion de bien commun, notamment au regard des questions environnementales, est de plus en plus utilisée de nos jours. Les enjeux écologiques relatifs à la pollution ont relancé ce débat sur le bien commun.
Il y a même aujourd’hui un véritable marché de produits relatifs au bien commun, comme le marché des droits à polluer.
Ce bien, commun à tous, peut donc s’acheter, se vendre voire faire l’objet de spéculation.

Le cas de l’air est intéressant
A vouloir trop se développer, des villes comme Beijing ou Mexico sont devenues si polluées que les divers gouvernements envisagent d’y installer des distributeurs d’oxygène.
C’est l’un des débats qui existent dans la société indienne d’aujourd’hui. Dehli est si polluée que la municipalité devrait installer prochainement des distributeurs d’oxygène un peu partout dans la ville. Et ces distributeurs seront payants !
La ville de Mexico, très touchée par ce phénomène (la ville est à plus de 2,240m au-dessus du niveau de la mer), étudie la possibilité de recourir à l’un de ces mécanismes.
Un peu plus humoristique, un artiste chinois militant a vendu aux enchères un bol d’air pur, venant de Provence, pour la somme de 5 250 Yuans, environ 600 euros !

En philosophie, ce bien commun est abordé dans la République de Platon, où les gardiens de la cité ne devaient rien posséder, hormis les objets de première nécessité. Ces derniers devaient partager l’habitat, les possessions matérielles et les repas. Il y avait donc une préoccupation morale et politique.
Le droit romain a affiné ces notions. Le bien commun se définit par une chose que l’on ne peut posséder. Il y existe quatre différentes catégories : les choses sacrées, propriété de dieu. Les choses publiques, appartenant à l’Etat ou la cité ; les choses privées, relatives au droit privé et les choses communes, qui n’ont pas de propriété, comme la mer. Saint Thomas d’Aquin ajoute à ces notions l’idée de participation. C’est en prenant part au bien commun que l’individu fait preuve de bonté. Le bien commun politique vise l’autarcie en vue du bien commun universel, l’honnestas, le salut éternel de chacun.

Comment aujourd’hui protéger ce bien commun, cette propriété collective, lorsque pour des questions d’équilibre budgétaire, les gouvernements bradent les services publiques ou engloutissent les ressources naturelles ?

Dans l’écrasante majorité des Etats, le gouvernement soumis par de nombreux flux d’intérêts financiers globaux, dissipe les biens communs en les vendant à tour de bras, dans la nécessité de payer ses dettes de jeu.
L’Etat trop dépensier se désengorge de ses obligations en privatisant, pour justifier qu’il ne peut subventionner l’ensemble de ces biens communs. Ces biens communs obtenus se forment dans le cadre de luttes, souvent défaites mais toujours émancipatrices, menées pour leur défense dans le monde entier. Dans bien des cas, les véritables ennemis sont justement ces Etats qui devraient en être les gardiens fidèles. Ainsi l’expropriation des biens communs en faveur des intérêts privés (des multinationales, par exemple) est-elle souvent le fait de gouvernements placés dans une dépendance croissante (et donc en position de faiblesse) à l’égard des entreprises qui leur dictent des politiques de privatisation, de « consommation » du territoire et d’exploitation. Les situations grecque et irlandaise sont de ce point de vue particulièrement emblématique. Autrement dit, plus on est endetté, plus on privatise.
La tradition occidentale moderne s’est développée dans le cadre de la dialectique Etat – propriété privée, à un moment de l’histoire où seule cette dernière semblait avoir besoin de protections face à des gouvernements autoritaires et omnipotents. De là proviennent les garanties constitutionnelles que sont l’utilité publique, le domaine réservé à la loi (qui garantit au législateur le monopole de certaines questions, excluant les interventions des autres pouvoirs d’Etat sous forme de décrets ou de règlements) et l’indemnisation. Mais maintenant que le rapport de forces entre Etat et secteur privé a évolué, la propriété publique a elle aussi besoin de protections et de garanties de long terme. Or celles-ci sont difficiles à concevoir à l’intérieur du cadre traditionnel, qui restreint la chose publique à l’Etat. Voilà pourquoi la protection libérale classique ne suffit plus.

Aujourd’hui, et malgré les travaux de l’économiste et politologue américaine Elinor Ostrom sur la gestion des biens communs, prix Nobel en 2009, la situation s’est aggravée.
La logique de mondialisation amène dans cette nouvelle guerre économique de nouveaux acteurs et de nouveaux enjeux. Cette concurrence acharnée entraîne, pour les agents économiques et dans une perspective néolibérale, à chercher de nouvelles sources de revenus. Les biens communs constituent ce nouveau champ du possible vers de nouvelles rémunérations.
Cycle vicieux ou pervers : c’est en voulant accélérer son développement économique que certains Etats ont créés de véritables marchés de bien communs. A trop vouloir chercher des débouchés économiques pour leur développement, les Etats ont cherchés de nouvelles sources de bénéfices. Les biens communs ont constitués en ce sens une nouvelle source de rentabilité.
A vouloir trop se développer, le bien commun est devenu un véritable marché.

Thomas Huxley, énonce dans son plus célèbre ouvrage Le meilleur des mondes que la terre ne pouvait intéresser le capitalisme, car elle ne produit rien ! Malheureusement cette idée est dépassée. Il suffit de voir le marché du photovoltaïque mondial, détenu avec une majorité écrasante par la Chine, qui génère des bénéfices avec de la production d’électricité solaire. Ce bien commun, développé en tant que marché, peut-être utile. A condition d’œuvrer pour le bien commun !
Selon Amartya Sen, prix Nobel d’économie, qui fait un lien direct entre croissance et bien commun : « La croissance d’une nation devrait être mesurée à l’aune des progrès réalisés chaque année en matière d’environnement et à la progression de la quantité de nourriture qu’on a pu mettre à disposition des plus pauvres ».
Il semblerait donc, en vendant l’oxygène, que des pays comme le Mexique ou l’Inde s’orientent vers une « décroissance » et non une « croissance ».

La Bolivie : l’Arabie Saoudite du Lithium ?

 

 

 

 

 

 

 

L’élection du président aymara Evo Morales en 2005 a fait surgir une nouvelle dynamique dans l’ensemble du pays, notamment au regard des nombreux enjeux énergétiques que la Bolivie connaît actuellement. La large réélection de ce dernier en 2009 (64% des suffrages exprimés) a conforté sa politique dans les domaines énergétiques ainsi que sa posture dite chaviste vis-à-vis de la communauté internationale. Le pays dispose de nombreuses ressources dans son sous-sol (étain, argent, zinc, fer, or) mais aussi d’importantes réserves d’hydrocarbures (gaz, pétrole) exploité par des multinationales étrangères.

Dès sa prise de fonction, Morales a nationalisé les hydrocarbures et renégocié les revenus issus de sa production : avant 2005, 82% des bénéfices  revenaient aux firmes multinationales, 18% pour l’Etat bolivien. C’est l’exact opposé aujourd’hui. Ce contexte de reprise en main des bénéfices énergétiques influe aujourd’hui  sur les enjeux liés à l’exploitation du lithium. En effet, Evo Morales a annoncé que la Bolivie posséderait les plus grandes réserves de Lithium au monde, dans le Salar d’Uyuni, lac salé asséché de 12500km² situé au sud du pays, à 3650 mètres d’altitude.

Le lithium est un métal mou, utilisé pour la production de verre, de céramique, de lubrifiant mais aussi dans l’aéronautique et la pharmacologie, issu d’un alliage avec l’aluminium. En termes d’enjeux économiques et géopolitiques, le lithium est usé comme composant de plusieurs pièces pour les ordinateurs, les téléphones portables et les batteries de voitures. En termes d’enjeux économiques, entre 2003 et 2010, le marché des téléphones portables a été multiplié par trois et celui des ordinateurs, par six.

Concernant le marché de l’automobile, l’avenir des batteries électriques est prometteur : une batterie pouvant alimenter une voiture pendant 160 kilomètres entre deux recharges, avec une durée de vie d’approximativement cinq ans (donc bien supérieur à une batterie dite traditionnelle). Le marché mondial est en forte hausse, représentant 11,70 milliards USD en 2012, et devrait atteindre 33,11 milliards USD en 2019, soit un taux de croissance de plus de 14% pour la période 2013-2019; statistique appuyée par une étude du groupe AVERE-France, selon lequel le marché des véhicules électriques représentera en 11 et 30 % du marché mondial en 2030.

L’importance du « triangle d’or du Lithium » (Salar d’Uyuni en Bolivie/ Salar d’Atacama au Chili/ Salar d’Hombre Muerto en Argentine) suscite donc un fort intérêt des firmes transnationales. En outre, la compagnie minière bolivienne Comibol a annoncé que les réserves de Lithium du Salar d’Uyuni se situeraient entre 100 et  140 millions de tonnes. Evo Morales a donc la possibilité de dicter ses règles, conformément à la stratégie nationaliste qu’il a mise en place depuis près de dix ans.

La stratégie a très bien fonctionné, car dès l’annonce des potentielles réserves, plusieurs grands  groupes (Japon, Corée du Sud, France avec le groupe Bolloré) se sont positionnés pour l’exploitation et l’exploration du Lithium auprès du gouvernement bolivien, avec une surenchère économique à la clé. Par ailleurs, d’autres groupes ont tenté un rapprochement politique en vue d’obtenir la signature du contrat, dans le cadre de relations bilatérales entre Etats (Brésil, Chine, Iran et la Russie).

La Bolivie, face à un enjeu crucial pour son développement économique, cherche à se vendre au plus offrant. Cependant, une partie de la population, notamment autour de la région de Potosi, auquel appartient le Salar d’ Uyuni, émet de vives critiques, liés au risque de détérioration environnementale de ce site patrimoine mondial de l’UNESCO. Le président Morales,  souhaitant calmer les craintes des populations locales, à récemment émis l’idée de développer par des entreprises nationales l’exploration et l’exploitation du lithium. Mais ses efforts semblent plus révéler une volonté de calmer les tensions locales plutôt que de nationaliser le lithium ; la Bolivie n’ayant pas les technologies nécessaires afin de développer seul cette ressource.

Sources 

http://ddc.arte.tv/nos-cartes/la-fable-du-lithium-et-de-la-bolivie

http://www.euractiv.fr/specialreport-electric-vehicles/quelles-voitures-les-europeens-c-news-514941

http://www.france-mobilite-electrique.org/marche-et-statistiques-du-vehicule,880.html

http://www.pile.fr/parlons/lithium-ion

http://pointafrique7.com/?p=793

Nord-Pas-de-Calais : une PME innovante soutenue par les Fondations Edmond de Rothschild

Gecco

C’est dans le Nord de la France que Julien Pilette a eu l’idée de créer son usine de recyclage d’huile de friture usagée. Son entreprise, Gecco, une PME basée à Seclin, mérite qu’on s’y attarde une seconde tant elle joue un rôle important dans la transition économique et environnementale que connaît notre société. Une entreprise innovante, actrice de l’économie circulaire, qui a réussi à obtenir le soutien des Fondations Edmond de Rothschild à travers le programme Scale up.

Comme de nombreuses personnes, l’entrepreneur a constaté que les huiles végétales pourraient permettre de limiter le recours au pétrole qui alimente les véhicules en carburant. Mais Julien Pilette s’est démarqué en passant du constat aux actes lorsqu’il a créé son entreprise en 2007.

Son projet s’accorde avec des valeurs humanistes, avec celles de l’économie sociale et solidaire notamment, car il permet des emplois d’insertion mais aussi parce que plus de « 1500 restaurants sont aujourd’hui collectés par les camions partenaires du transporteur social Main Forte, les huiles de palme, de tournesol ou le gras de bœuf étant récupérés gratuitement ».

Gecco est une très petite entreprise qui compte 7 salariés. Son chiffre d’affaire s’élève à 300 000 euros. Les prévisions sont bonnes : « à cinq ans, l’effectif devrait tripler, comme le volume de collecte ». Une levée de fonds de 600 000 euros a été amorcée en janvier « pour construire une unité pilote de valorisation énergétique avec une collectivité partenaire qui reste à trouver, si possible, bien sûr, dans la région ». Dans cinq ans, le chiffre d’affaires de Gecco devrait être multiplié par cinq.

Prometteuse, cette entreprise a reçu le soutien des Fondations Edmond de Rothschild via le programme Scale Up. Scale Up est « le premier programme dédié au changement d’échelle des entreprises sociales. Il est développé par l’incubateur Antropia de l’école de commerce ESSEC en partenariat avec les Fondations Edmond de Rothschild qui sélectionnent et accompagnent pendant un an des entreprises sociales ayant déjà prouvé leur viabilité économique, leur impact social, et qui souhaitent changer d’échelle ». A la mi-janvier, Ariane de Rothschild était présente à Seclin pour soutenir la PME.

Cette rencontre témoigne du rapprochement entre les entreprises sociales du secteur privé et le monde de la finance classique. Les Fondations Edmond de Rothschild, en catalysant le développement des entreprises lauréates telles que Gecco, donnent à voir la pertinence de l’entrepreneuriat social comme « solution efficace aux problématiques d’intérêt collectif, à grande échelle, sur les plans économique, social et environnemental ».

Sources : lavoixdunord.fr, edrfoundations.org, entrepreneuriat-social.essec.edu

Le tourisme, la pollution et l’écotourisme

Les impacts négatifs de l’industrie du tourisme se manifestent quand le niveau de l’impact environnemental des touristes est supérieur à la capacité de l’environnement à s’y adapter. Le tourisme de masse incontrôlé représente une vraie menace pour les différentes zones naturelles du monde qui se retrouvent en surexploitation et souffrent de pollution.  La pollution issue du tourisme met une énorme pression sur les zones touchées avec des dégradations environnementales telles que l’érosion des terres, les rejets d’eaux usées dans les mers et les rivières, la destruction des habitats naturels des animaux, la pollution par une gestion négligée des déchets et la pollution de l’air. Avec une montée de la sensibilité des populations aux enjeux environnementaux, l’écotourisme devrait se trouver une place de choix dans les années à venir.

Les Maldives : île paradisiaque et calamité environnementale

Elle s’appelle l’île Thilafushi. Elle est seulement l’un des nombreux exemples de l’impact du tourisme sur l’environnement. Elle est située à l’ouest de Malé, la capitale des Maldives  à seulement une demi-heure en bateau. Il y a encore quelques années, cette île était aussi belle que les autres îles formant l’archipel des Maldives, une destination haut de gamme et fortement prisée par les touristes. Aujourd’hui, elle est une immense poubelle fumante à ciel ouvert où s’amassent des tonnes de déchets issus du tourisme mais aussi de toutes les îles avoisinantes.

Tourisme et Pollution – Thilafushi Island

Les déchets qui augmentent depuis 1993 sont en permanence brulés par des hommes qui y travaillent dans des conditions déplorables et les fumées sont rejetées dans l’atmosphère sans aucun traitement. Les vagues sont aussi en contact avec les flancs pollués au plomb et au mercure de l’île. Cette pollution peut très facilement impacter la chaine alimentaire des habitants qui subsistent grâce à la pêche. Le gouvernement des Maldives a effectué une étude qui démontre que  chaque touriste génère plus de 5 kg de déchet quotidiennement, contre 2 kg pour les habitants de Malé. Le million de touristes annuels représente trois fois le nombre de résidents de l’archipel. Après calcul, l’industrie du tourisme en est effectivement pour quelque chose dans la catastrophique évolution de l’environnement insulaire.

L’écotourisme, le tourisme durable et responsable

Il ne faut pas confondre l’écotourisme avec d’autres pratiques de tourisme responsable et citoyennes qui ne sont pas moins importantes. L’écotourisme est le tourisme qui limite au maximum l’impact sur l’environnement des visiteurs. Le tourisme éco-responsable met les visiteurs à contribution. Le tourisme doit être bien encadré. Le danger que représentent des visites touristiques en Arctique ou en Antarctique par exemple doit être évalué pour les touristes et pour les animaux dont l’ours polaire qui est en voie d’extinction. Selon Mikhaïl Babenko, qui travaille pour le WWF Global Arctic programme, le bruit des moteurs de bateaux et des sources humaines ont une influence négative sur la vie marine.

De Sotchi à Rio, 2014 connaitra un flux migratoire significatif en termes de tourisme sportif. L’accueil des compétitions sportives est une lourde responsabilité pour les pays concernés car ils se retrouvent à gérer une masse humaine qu’il est statistiquement impossible à estimer avec précision. Le comportement des visiteurs est aussi variable car ils se retrouvent dans un environnement différent.  Les débordements plus que probables peuvent lourdement impacter l’environnement. La préparation de ces jeux a aussi un impact sur l’environnement qu’il faut mesurer et limiter au maximum.

L’éco-tourisme est un modèle alternatif du tourisme traditionnel qui consiste à donner une expérience plus « verte ». Le tourisme  responsable inclut des actions de sensibilisation des visiteurs aux enjeux pour la protection de la faune, de la flore et de la population locale d’un pays ou d’une région. Cette évolution du tourisme cache un potentiel significatif et divers pays commencent à se positionner en matière d’écotourisme et de tourisme responsable. Par exemple au Bhoutan, le gouvernement a décidé de prioriser le respect de la nature et des traditions comme un dogme national. Le Bhoutan se positionne sur l’écotourisme de luxe. Et pour cause, chaque touriste reverse quotidiennement 250 $ de taxe qui sert à la préservation du pays, enclavé entre l’Inde et la Chine, à l’est de l’Himalaya. En France, les projets éco touristiques  se développent davantage à un niveau local que national.  La Loire-Atlantique soutient notamment des projets innovants tels qu’ un téléski nautique qui fonctionne à l’électricité, mise en valeur des loups par le parc animalier du sentier des daims, à Frossay, des chambres d’hôtes intégrées à la nature entre autres.

En 2013, selon les statistiques de l’administration chinoise du Tourisme (CNTA), les chiffres du tourisme en Chine étaient en net recul avec une chute de 10%. Tout comme le tourisme affecte l’environnement, la pollution fait aussi effet boomerang sur l’industrie du tourisme qui doit trouver le juste milieu afin de limiter son impact environnemental.

Une résolution pour 2014 : valoriser nos déchets

recyclage des déchets

L’année 2013 a fait place à 2014, l’heure est donc aux résolutions pour cette nouvelle année. Sortons donc de nos préoccupations égocentrées, ayons d’autres ambitions que la perte de poids, essayons d’ajuster notre consommation à nos aspérités sociales et environnementales. Pourquoi ne pas décider de valoriser nos déchets ?

En octobre 2013, la sortie en salle du film « Super Trash », dont la bande-annonce avait été mise en ligne sur Youtube en juillet 2013, a marqué les esprits, à juste titre.

Autre fait marquant de l’année 2013, le lancement en février, de l’Institut de l’économie circulaire à Paris. Lors de son inauguration, François Michel Lambert, Président de l’Institut de l’économie circulaire et Député des Bouches du Rhône, partait du constat quasi-unanime que le système économique linéaire consistant à « extraire, fabriquer, consommer puis jeter est à bout de souffle ».

En effet, il est temps de « faire des déchets des uns les ressources des autres ». La valorisation des déchets, en électricité verte par exemple, constitue une option bénéfique à plus d’un titre. Non seulement le déchet est recyclé, mais l’énergie produite est une électricité verte.

Certaines initiatives en la matière sont prises, comme en témoigne l’activité de Tiru, entreprise spécialiste de la valorisation énergétique des déchets, présidée par Jean-Pierre Frémont, titulaire d’un doctorat de l’Université de Paris I Panthéon Sorbonne, membre de la section économique du Conseil économique, social et environnemental (CESE).

A l’heure de la transition énergétique, alors que notre mix énergétique évoluera tôt ou tard vers une part d’énergie verte plus importante, qu’attendons-nous ? Le recyclage donne une nouvelle vie aux déchets. Valorisés en énergie, ils poursuivent leur vie dans notre circuit économique sous la forme d’énergie. La transformation des biens de consommation ou de leurs résidus pour réintégrer le système économique de notre société est le processus indispensable à l’avènement d’un nouveau modèle économique, social et environnemental durable. Nous y tendons alors soutenons le activement !

Certes, l’énergie la moins polluante est celle que nous ne consommons pas. Mais sans vouloir être dans la radicalité, parce que vivre sans électricité paraît invraisemblable aujourd’hui, la valorisation des déchets en électricité verte est une clef pour l’avenir. Celui de notre environnement, donc le nôtre.

Hidalgo / NKM : quelle écologie pour 2014 à Paris ?

univers-nature.com

Les élections municipales auront lieu les 23 et 30 mars 2014. La campagne parisienne a commencé il y a un moment, avec son lot de rebondissements plus ou moins importants. Mais qu’en est-il des propositions des deux principales candidates en matière de politique écologique ? Anne Hidalgo, première adjointe du maire actuel, Bertrand Delanoë, et Nathalie Kosciusko-Morizet, principale rivale investie par l’UMP, ont toutes deux formulé des propositions claires. Elles se rejoignent sur deux points mais se distinguent par d’autres. Voici un état des lieux proposé aujourd’hui par univers-nature.com

Les propositions communes à Anne Hidalgo et Nathalie Kosciusko-Morizet sont les suivantes :

–          Abolir le diesel du parc automobile municipal pour contribuer à la réduction de la fréquence des pics de pollution de l’air parisien. Rappelons que le déclenchement des « alertes à la pollution » est basé sur les moteurs diesel, responsables d’un tiers des émissions de particules fines.

–          Faire de la « Petite ceinture de Paris » une voie verte : cette voie ferrée, toute autour de l’enceinte de la ville, devrait être réhabilité en espaces verts et piétonniers. Comment ne pas défense cette idée dont la réalisation est déjà entamée ? Les premiers tronçons sont déjà ouverts…

Les propositions propres à NKM sont les suivantes : vélo / espaces verts / navettes électrique à Boulogne

–          Faire de la ceinture ferrée une « boucle cyclable » qui permettrait de faire le tour de la ville à vélo.

–          Construire 3000 places de stationnement sécurisées pour vélos par an.

–          Rouvrir et agrandir les squares fermés.

–          Verdir autant que possible les espaces de bitume.

–          Instaurer des navettes électriques dans le bois de Boulogne.

Les propositions d’Anne Hidalgo : basées sur un rapport commandé à Serge Orru, ancien directeur du WWF :

–      Création de 100 hectares de toitures et façades végétalisées, utilisées comme refuge de biodiversité. Notons que 30% de ces toitures seront consacrés à la production de fruits et légumes. On ne sait pas s’ils seront certifiés « bio » mais ils auront au moins le mérite d’être produits au plus proche de leur lieu de consommation.

–          Planter chaque année 20 000 arbres, avec un objectif de 500 000 arbres dans la capitale en 2020.

–          Expérimentation : création d’une rue entièrement végétalisée.

Voilà… Paris sera toujours étriquée au sein des portes périphériques mais peut-être sera-t-elle plus verte, plus respirable… Déplorons toutefois l’absence de propositions en matière de lutte contre la pollution sonore.